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lundi 30 novembre 2009

Les USA protègent-ils Ben Laden?

Un rapport du Sénat US qui sort ce matin dont des extraits sont publié dans le NY Times accable l'administration Bush quand en déc 2001 les troupes ont demandé du renfort qu'a refusé la maison blanche, au moment où ceux ci avaient logé ben Laden. Il s'est echappé, et on en paie encore les conséquences:
"“Removing the Al Qaeda leader from the battlefield eight years ago would not have eliminated the worldwide extremist threat,” the committee’s report concludes. “But the decisions that opened the door for his escape to Pakistan allowed bin Laden to emerge as a potent symbolic figure who continues to attract a steady flow of money and inspire fanatics worldwide.”
On savait deja que les forces spéciales francaises du COS avaient ciblé le chef terroriste et que le commandement de l'Afpac a laissé ben laden se sauver par 2 fois!!!

Le rapporteur John Kerry n'est pas tendre dans son introduction:

"DEAR COLLEAGUE: This report by the Committee majority staff is part of our continuing examination of the conflict in Afghanistan. When we went to war less than a month after the attacks of September 11, the objective was to destroy Al Qaeda and kill or capture its leader, Osama bin Laden, and other senior figures in the terrorist group and the Taliban, which had hosted them. Today, more than eight years later, we find ourselves fighting an increas-
ingly lethal insurgency in Afghanistan and neighboring Pakistan that is led by many of those same extremists. Our inability to finish the job in late 2001 has contributed to a conflict today that endangers not just our troops and those of our allies, but the stability of a volatile and vital region. This report relies on new and existing information to explore the consequences of the failure to eliminate bin Laden and other extremist leaders in the hope that we can
learn from the mistakes of the past."

Je ne comprend décidément pas cette administration Bush.
Besoin de boucs émissaires pour légitimer une présence constante sur le temps... mais à quelles fins alors?
Au nom des victimes passées et peut-etre futures cette position n'est pas acceptable moralement ni même militairement ou politiquemet de la part de nos nations et nos responsables.

En apparté, ce week-end, j'ai entendu l'infatigable lutteur anti-terrorise et anti-islamiste Mohamed Sifaoui (lsur a chaine du Sénat) nous dire qu'il comprenait pourquoi la Maison blanche préferait le voir en liberté:
" il est plus rassurant de garder ben laden , car c est un énemi que l'on connait tres bien. Si on le tue, il sera remplacé par un inconnu dont on ne saurait rien".
La citation n'est pas au mot près,désolé, mais c'est l'idée.
J'en suis tombé des nues!
Alors, comme ça, pourquoi arreter les terroristes du monde? tant qu 'on les connait!!
Je lui ai proposé sur sa page un droit de réponse.

lundi 24 mars 2008

Le 11 Septembre 2001, la guerre de Civilisation, la guerre contre la terreur...

Avec l’effondrement hautement symbolique des tours du commerce et la destruction partielle du Pentagone, ce sont deux grandes illusions qui sont parties en fumée mardi 11 septembre. Illusion d’un sanctuaire américain imperméable à des attaques militaires ou terroristes menaçant ses centres vitaux. Illusion, surtout, d’un nouvel équilibre mondial sous le contrôle de la super puissance américaine. Depuis la chute du mur de Berlin, beaucoup vivaient en effet dans le sentiment euphorique que le monde occidental avait triomphé de son dernier adversaire et que ses valeurs - la démocratie, l’économie de marché - l’avaient définitivement emporté. C’était oublier que nous vivons assis sur un volcan : celui de l’incroyable inégalité des richesses entre les pays du Nord et les pays du Sud, celui de la rancune et des séquelles issue de l’ère coloniale, celui de la tragédie du conflit israélo-palestinien et du sentiment légitime de révolte qui habite de nombreux arabes solidaires des palestiniens.
Sommes nous dès lors entrés dans la troisième guerre mondiale, comme on le lit un peu partout, entre le bloc occidental chrétien et le bloc arabe musulman ? Il me paraît aujourd’hui plus juste de parler d’un conflit sans merci entre la quasi totalité des Etats du monde et des réseaux terroristes islamistes d’autant plus radicaux qu’ils se sentent de plus en plus isolés au sein même du monde musulman, dont tous les Etats - à l’exception de l’Irak - ont condamné les attentats du 11 septembre. Faut-il rappeler aussi que le pays qui souffre le plus avec Israël de la barbarie du terrorisme islamiste est un pays à très forte majorité musulmane : l’Algérie, dont la population subit quotidiennement les attaques atroces du GIA. La grande question qui se pose maintenant, et qui pourrait modifier profondément l’équilibre actuel du monde, c’est la nature et l’ampleur de la riposte américaine. Une réponse militaire ciblée qui éliminerait les principaux responsables des attentats et qui s’accompagnerait d’un effort diplomatique intense vis à vis des pays arabes et notamment des palestiniens, éloignerait les risques de nouveaux attentats aussi meurtriers. Mais une réponse trop brutale et disproportionnée, qui s’accompagnerait de surcroît d’un abandon des palestiniens à une politique totalement répressive du gouvernement Sharon aurait un effet désastreux : il ressouderait les divers pays arabes contre les Etats-Unis et, alors seulement, on pourra parler du danger d’un conflit généralisé entre l’Occident et le monde musulman. C’est évidemment ce qu’espèrent les auteurs de ces attentats. Ne tombons pas donc aujourd’hui dans une troisième illusion : celle d’une riposte militaire susceptible d’éradiquer le mal sur la terre et de nous mettre à l’abri de toute nouvelle menace terroriste d’envergure. Lorsqu’il parle d’une grande croisade « des forces du bien contre les forces du mal », G. Bush utilise le même langage naïf et manichéen que celui de l’Ayatollah Khomeiny ou de Ben Laden. Puisque nous parlons d’un combat de la civilisation contre la barbarie, prouvons que nous sommes civilisés, c’est à dire capables de dépasser un sentiment de colère légitime devant une telle atrocité et un désir de vengeance aveugle pour analyser les causes profondes du problème, acceptant aussi de remettre en question un modèle de développement profondément injuste. Tant que nous ne nous attaquerons pas à la racine du mal, nous serons toujours menacés par des kamikazes qui n’ont rien à perdre, vouant à l’Occident - non sans raison - une haine mortelle, convaincus que leur geste sert Dieu et leur fera gagner le paradis des justes.
Le Monde, 13 Septembre 2001.