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lundi 1 avril 2013

La Justice , la Prière et le Prophète


"Une heure de justice vaut mille mois de prière"

Hadtih du Prophète Mohammed

Calligraphie de S. Al-Moussawy
Style coufique ornemental
Edition Bachari


Le hadtih complet est:
"L'hommage des gouvernants envers Dieu est d'observer la justice, car une heure de justice vaut mieux que mille mois de prières"

L'internet francophone répertorie 2 pages dont la calligraphie est présente:
http://genienet.lastre.org/liban/lb-chouf.htm


Toute contribution arabophone  et précision sur ce hadith  est bienvenue!

lundi 19 octobre 2009

Rapport Goldstone et Gaza: Qui veut assumer les faits et cheminer vers le sens de l'Histoire?

Le rapport Goldstone concernant les exactions à Gaza commises par les deux parties été approuvé ce vendredi. Sur les 47 membres du conseil, 25 ont voté pour l'adoption du document, 6 ont voté contre, 11 se sont abstenus et 5 (dont la France) n'ont pas pris part au vote.
Ce vote renvoie le rapport devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York et auprès de son secrétaire général Ban Ki-moon, qui devrait ensuite le transmettre au Conseil de sécurité.
Le rapport sur l'offensive de l'hiver dernier dans la Bande de Gaza demande aux deux parties, Israël et le Hamas, de mener des enquêtes indépendantes pour punir les responsables de crimes de guerre. En cas d'impossibilité d'enquêter dans les six mois, le rapport préconise la saisie du procureur de la Cour pénale internationale par le Conseil de sécurité de l'ONU. Mais dans ce cas de figure, difficile d'imaginer un autre scénario que celui du veto américain...

Malgré le discours du Caire, la décision des Etats-Unis de s’opposer à la résolution sur le rapport Goldstone prouve aux yeux du monde arabe que la politique américaine n’a pas changé.

George Mitchell continue de répéter à qui veut l’entendre qu’il lui avait fallu sept cents jours avant de voir se dessiner la paix en Irlande du Nord, dont il fut le principal architecte. Au Proche-Orient, cependant, la montée de fièvre autour du rapport Goldstone montre assez que les choses ne seront pas plus simples. «Les Etats-Unis essaient encore d’éviter qu’Israël ait à rendre des comptes devant la justice internationale, poursuit Amjad Atallah, même au prix de défendre le Hamas par la même occasion. Mais surtout, au risque de perdre les gains accumulés grâce au discours du Caire et aux premiers succès face à l’Iran."

L'éditorial du Temps.ch nous eclaire:
Richard Goldstone et son rapport creusent leur sillon: celui de la justice, de la fin de l’impunité et – qui sait – peut-être un jour, au bout du chemin, celui d’une contribution à la paix
Il y a un mois, lorsque le juge juif sud-africain présentait le fruit du travail de sa commission d’enquête à Gaza concluant à des crimes de guerre israéliens et palestiniens, il savait qu’il remettait une bombe entre les mains du Conseil des droits de l’homme. Il savait également qu’il serait l’objet d’attaques personnelles, d’instrumentalisation politique et de pressions. Dans la posture du petit juge face aux puissants, il affichait une mine imperturbable, confiant et optimiste dans l’impact de son enquête. Comme un homme assuré d’être dans le sens de l’Histoire.

Vendredi, dans un vote disputé, le Conseil des droits de l’homme lui a donné raison en adoptant son texte et ses recommandations. A-t-il été diminué par les manœuvres de Palestiniens déboussolés, reportant la lecture du texte à six mois avant de le faire parapher dans l’urgence? A peine. L’essentiel est ailleurs. Adopté par l’ONU, ce rapport devrait faire date pour plusieurs raisons:
-son étude de cas devrait contribuer à renforcer le Droit international humanitaire et la protection des civils face à la tentation de relativiser les Conventions de Genève au nom de la lutte contre le «terrorisme».

Il ouvre par ailleurs de nouvelles perspectives pour la justice internationale en donnant un nouveau rôle au Conseil des droits de l’homme.
Autant de perspectives qui crispent habituellement les Etats soucieux de leurs prérogatives nationales. Un véritable exploit. S’il a été possible, c’est d’abord par la qualité désormais incontestée – sinon par Israël et les Etats-Unis – du travail de la Commission Goldstone. C’est bien sûr aussi le résultat d’un rapport de force politique de plus en plus défavorable à la position d’Israël. Mais faut-il s’en étonner lorsque l’on considère la poursuite de la colonisation des territoires palestiniens unanimement condamnée?
En s’opposant au rapport Goldstone, sans explication convaincante, les Etats-Unis font fausse route. Barack Obama avait soulevé quelque espoir de changement lors de son discours du Caire. Avec Goldstone, il avait une occasion de faire intelligemment pression sur son allié.
En le balayant, il renforce la frustration palestinienne, qui sera à la hauteur des espoirs déçus.

dimanche 15 juin 2008

Le Canada présente ses excuses aux indiens

Le Canada apres l'Australie en début d'année font ce travail de justice et de mémoire. Notre ambassadeur de France en Algérie à reconnu le massacre de Sétif de 1945. C'est un début. Le pays dit des Droits de l'Homme a le devoir de montrer l'exemple. Tout dépendra de notre regard à l'égard de nos anciens "indigènes" et des relations économiques que nous souhaitons poursuivre avec ceux-ci.

Le Premier ministre canadien doit présenter mercredi, devant le Parlement des excuses solennelles aux peuples autochtones du pays. Cela fait des années que les 1 300 000 Indiens et Inuits que compte le Canada réclament la reconnaissance du « génocide culturel » dont ils estiments avoir été victimes. Stephen Harper devrait notamment concentrer son mea culpa sur les « pensionnats autochtones », ces établissements spécialisés créés à la fin du XIXe siècle. Ses excuses marquent l'aboutissement d'un long processus de réhabilitation des communautés autochtones, plus défavorisées que la moyenne des Canadiens.
Stephen Harper a promis des excuses « détaillées et exhaustives », plus approfondies encore que celles adressées en février par le chef du gouvernement australien aux aborigènes de son pays.

Le Premier ministre canadien devrait concentrer son mea culpa sur les « pensionnats autochtones », ces établissements spécialisés créés à la fin du XIXème siècle. Cent cinquante mille enfants indiens, métis et inuits ont été enrôlés de force dans ces écoles tenues par des églises chrétiennes, dont l'objectif était de leur faire oublier leur langue et leur culture.

Les excuses solennelles du gouvernement doivent marquer le couronnement d'un long processus de réhabilitation des communautés autochtones, plus défavorisées que la moyenne des Canadiens. L'alcoolisme et le taux de suicide y sont plus élevés, l'espérance de vie inférieure. Il y a deux ans, 5 milliards de dollars de réparations ont été versés aux 80 000 anciens pensionnaires de ces établissements, qui disent avoir été victimes d'abus physiques et sexuels.

Une commission de vérité et réconciliation a débuté ses travaux le 1er juin, pour tenter de faire la lumière sur ce qui est présenté comme le chapitre le plus sombre de l'histoire canadienne.

A l'ONU, Triomphe symbolique pour les autochtones:
http://www.rfi.fr/actufr/articles/093/article_56466.asp

jeudi 28 février 2008

Robert Badinter : "Nous sommes dans une période sombre pour notre justice"

(...)Le Conseil a donc retiré une partie du venin de la loi. Mais il a accepté le principe de la détention pour dangerosité, hors toute commission d'infraction. Qui ne voit le brouillard dans lequel on va plonger la justice ? On crée l'emprisonnement pour raisons de dangerosité, concept éminemment flou. Une personne sera enfermée, non plus pour les faits qu'elle a commis, mais pour ceux qu'elle pourrait commettre. On perd de vue l'un des fondements d'une société de liberté. On est emprisonné parce que l'on est responsable de ses actes. Nous passons d'une justice de responsabilité à une justice de sûreté. C'est un tournant très grave de notre droit. Les fondements de notre justice sont atteints. Que devient la présomption d'innocence, quand on est le présumé coupable potentiel d'un crime virtuel ?(...)

Relisons le scenario du film "MINORITY REPORT":
Washington, 2054. Le principe de "preemtive action" est appliqué à la sécurité intérieure. La division "Precrime" de la police procède à des arrestations non plus en fonction de faits réels, mais en fonction des crimes qu'un individu "pourrait" commettre...
http://arbredespossibles2.free.fr/SF/MinorityReport.html

La rétention de Sureté, une vieillerie. Efficace? Ebauche de la Politique de Civilisation du Sarkozisme.

Rétention de sureté et rétroactivité sont contraires à notre constitution actuelle et notre "civilisation". Faire appel de la décision du conseil constitutionnel est un abus de pouvoir du président inqualifiable. M Sarkozy n'a donc de conseil constitutionnel à recevoir de personne selon un humoriste. En attendant d'autres réactions, voici un rappel de notre histoire juridique avec une vieille loi concernant les récidivistes et autres criminels. Comme quoi le président n'est pas des plus innovants...

La loi du 27 mai 1885 (lire le texte), dite loi sur la relégation des récidivistes, entraîne « l’internement perpétuel sur le territoire des colonies ou possessions françaises » des délinquants et criminels multirécidivistes (Duvergier, J.-B., 1885, p. 225-252). L’enjeu de cette loi est de « débarrasser » le sol de la France métropolitaine des petits délinquants et vagabonds par une mécanique qui est unique dans l’histoire du droit pénal français. En effet, cette loi établie une « présomption irréfragable d’incorrigibilité », c’est-à-dire qu’elle fixe un nombre de peines, une quantité d’infractions au-delà de laquelle un individu est déclaré totalement inamendable par la pénalité classique. Ce seuil, appelé aussi « quantum », est variable et aménage plusieurs combinaisons qui, une fois atteintes, entraînent le prononcé obligatoire pour le juge de la peine accessoire de la relégation.
Ainsi, est relégué tout individu qui aura dans un intervalle de dix ans subit les peines suivantes :

1. Deux condamnations aux travaux forcés ou à la réclusion ;

2. Une des condamnations énoncées ci-dessus et deux condamnations soit à l’emprisonnement pour faits qualifiés crimes, soit à plus de trois mois d’emprisonnement pour vol, escroquerie, abus de confiance, outrage public à la pudeur, excitation habituelle de mineurs à la débauche ; vagabondage ou mendicité ;

3. Quatre condamnations, soit à l’emprisonnement pour faits qualifiés crimes ; soit à plus de trois mois d’emprisonnement pour les délits spécifiés au paragraphe 2 ;

4. Sept condamnations dont deux au moins prévues par les deux paragraphes précédents, et les autres, soit pour vagabondage, soit pour infraction à interdiction de résidence, à la condition que deux de ces autres condamnations soient à plus de trois mois d’emprisonnement ;

Cette loi est le premier chapitre d’un dispositif pénal mis en place par les républicains opportunistes à la fin du XIX° siècle. Fruit d’un débat long et dense aux chambres, la relégation sanctionne un regard criminologique, celui qui veut distinguer les délinquants d’habitude ou de profession, des délinquants par accident. Les premiers représentent un véritable danger et la société a le devoir de se protéger contre eux :

« L’accroissement progressif de la criminalité en Europe a sa cause dans la récidive (...). En présence de ce phénomène, la distinction des délinquants d’habitude et des délinquants primaires doit être considérée comme la base de l’organisation répressive : la sévérité contre les premiers, l’indulgence pour les seconds, tel est le programme qui s’impose. La loi française est entrée dans cette voie, soit par l’organisation de la relégation pour certains récidivistes (L. 27 mai 1885), soit par l’institution du sursis à exécution pour les condamnés primaires (L. 26 mars 1891). » (Garraud R., 1906-1907, p. 422).

jeudi 14 février 2008

l'Australie présente ses excuses aux Aborigènes

Dans ce texte, toute ressemblance entre les Aborigènes et les "indigènes"de notre ex-Empire colonial n'est que forfuite...
La France demandera-t-elle un jour pardon au peuple Algérien, aux peuples sub-sahariens? L'Espagne en Amerique du Sud, les USA et la conquète de l'Ouest, ont-ils demandé pardon pour leurs massacres des indiens, les habitants historiques de ces terres?
Encore là un vrai choc de civilisation de notre part...allant des fautes du passé au mépris d'aujourd'hui.

Moment historique ce mercredi matin 13 février, au parlement de Canberra. Le premier ministre australien Kevin Rudd a exprimé son pardon aux Aborigènes pour ce qu'il convient d'appeler la «génération volée». De 1910 à 1969, l'Etat australien a mené une politique d'assimilation forcée autorisant à retirer des enfants aborigènes de leurs parents pour les placer dans des familles de Blancs ou dans des institutions religieuses. Certains ont subi des abus sexuels, d'autres ont été utilisés comme main-d'œuvre gratuite.

«Arrêtez-vous, regardez et faites partie de l'Histoire.» Les mots de la déclaration ont été soigneusement pesés avec les leaders de la communauté aborigène, qui compte quelque 450000 âmes sur une population de 21 millions d'habitants. L'ex-premier ministre conservateur John Howard, qui, au cours de ses onze ans de pouvoir, avait toujours refusé d'accorder son pardon aux Aborigènes, n'a pas participé à la cérémonie.

Dans le quotidien The Australian, la championne olympique de 400 mètres, Cathy Freeman, 35 ans, salue le geste des autorités australiennes: «Pour ma famille, il va permettre une certaine guérison. [...] Dire pardon, c'est comme donner une chance de nous réunifier.» La profondeur du témoignage révèle une histoire familiale douloureuse que Cathy Freeman n'a découverte que récemment, après sa retraite sportive. Quand elle était petite, sa mère fut placée de force dans une institution religieuse. On lui interdisait de parler sa langue. L'ex-championne olympique ajoute: «Mon arrière-arrière grand-père [...] a combattu durant la Première Guerre mondiale pour ce pays.» On ne lui paya jamais la solde. Il avait combattu en homme libre, mais était retourné en Australie en esclave.
Spécialiste des questions du pardon*, Pierre Hazan estime que les excuses telles que celles présentées au peuple aborigène font partie d'un rituel important. Elles contribuent à construire une identité nationale. Elles permettent de réécrire l'Histoire d'un pays. Les Etats écrivent désormais leur propre histoire de manière infiniment moins héroïque que par le passé. Il y a eu un transfert de sacralité. Ce ne sont plus la nation ou l'Etat qui sont sacrés, ce sont les victimes qui bénéficient de ce redoutable privilège. Un redoutable privilège, car elles risquent elles-mêmes de se retrouver prisonnières de ce nouveau rôle.»
Ce mercredi est à marquer d'une pierre blanche dans les livres d'histoire australiens. Un juste retour du sort pour ce groupe ethnique le plus pauvre d'Australie. Les Aborigènes sont surreprésentés dans les prisons, ils comptent le plus grand nombre de chômeurs, d'alcooliques et d'illettrés. Leur espérance de vie est de 17 ans inférieure à la moyenne nationale. Le pardon les aidera peut-être à ne plus appeler la fête nationale australienne le «jour de l'invasion», en référence aux Britanniques, qui, à partir de 1788, avaient contribué à décimer 80% de la population aborigène.

L'Australie demande pardon aux Aborigènes (Fevrier 2008):
http://www.rfi.fr/actufr/articles/098/article_62742.asp


*«Juger la guerre, juger l'Histoire, du bon usage des commissions vérité et de la justice internationale», PUF, 2007.
http:/www.letemps.ch/template/international.asp?page=4&contenuPage=&article=225539&quickbar=

mercredi 13 juin 2007

Willy Brandt. De l'injustice.

« Ne l'oubliez jamais : celui qui laisse commettre une injustice
ouvre la voie à d'autres injustices. »
Willy Brandt
Chancellier allemand et prix Nobel de la paix en 1971 pour sa politique de rapprochement avec l'Europe de l'Est et l'Allemagne de l'Est.