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lundi 16 juin 2008

"Roots", la série culte télévisée sur l'esclavage afro-américain

Cent soixante ans après l’abolition de l’esclavage par la France, et alors que l’Amérique se demande si son prochain président sera "noir"(métisse), ARTE retrace le combat des Afro-Américains pour l’émancipation, et au passage, tend un miroir au passé esclavagiste et colonial de la France.

Adaptation du roman d’Alex Haley, couronné du prix Pulitzer, cette saga familiale retraçant la douloureuse destinée de l’Africain Kunta Kinté, capturé puis réduit en esclavage, et de ses descendants, rencontre un succès d’audience aussi énorme qu’inattendu aux Etats-Unis.

C’est la première fois aux États-Unis, qu’une série télévisée aborde le sujet encore brûlant de l’esclavage et du racisme en donnant aux personnages noirs une réelle identité. En cela, la diffusion de Racines marque une date dans l’histoire des représentations audiovisuelles des Afro-Américains. Loin des clichés de l’Oncle Tom, domestique obéissant ou victime opprimée, les héros sont ici des individus à part entière, avec un passé et une mémoire familiale. Initiée par Marvin J. Chomsky, Racines permit à d’innombrables téléspectateurs de découvrir la dureté de la réalité cachée derrière l’imagerie romantique véhiculée jusque-là, notamment par Autant en emporte le vent. Formidablement interprété, Racines a conservé toute sa force et son pouvoir d’émotion.

mardi 1 avril 2008

V for VENDETTA, allégorie de la Liberté et de la résistance aux totalitarismes.

La géniale tirade du film tiré de l'oeuvre d'Alan Moore:
« Voilà ! À première vue je ne suis qu'un vulgaire comédien de vaudeville, à qui les vicissitudes de la vie font jouer le vilain et la victime et vice-versa. Ce visage n'est pas que le vil reflet de ma vanité mais un vibrant vestige de la vox populi aujourd'hui vacillante et vaincue. Vous devez y voir, les vieux restes d'une vexation vieillissante aussi vive que vivante et voué à vaincre cette vermine vulgaire vivace virulente et vénale qui vivote en privant ses valeureuses victimes vaincues de la vérité et des vraies valeurs ! Le seul verdict que je voie est la vengeance. Une vendetta violente brandie tel un ex-voto et non en vain visant à faire vaincre la vertu face à cette vilénie lovée dans les veines de nos villes. Ces vagues vocales faisant de moi un ventriloque vociférant ces volutes verbales, revenons-en à l'essentiel. Je suis honoré de vous rencontrer alors pour vous, je serai V.»
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Moore

Toute ressemblance au scénario du film n'est que pur hasard...
Vers 2038, après une guerre à peine évoquée et un mystérieux virus utilisé lors d'un terrible attentat biologique visant 3 sites importants par leur symbolique (l'école primaire Sainte-Mary) ou le nombre de victimes en résultant (station de métro Victoria et une usine de traitement des eaux) ayant provoqué environ 100 000 décès. L'Angleterre est depuis dirigée par un parti fasciste après l'élection d'Adam Sutler qui, profitant du climat de peur affectant la population, a facilement institué un régime dictatorial auquel il s'est placé à la tête, s'auto-proclamant « Haut-chancelier d'Angleterre ». Un couvre-feu, dont le respect est contrôlé par sa milice, a été instauré sur tout le pays ; le culte musulman et tout ce qui pouvait s'y rattacher a été banni, et les opposants ou minorités tels les homosexuels pourchassés lors de la grande purge. Les plus élémentaires libertés individuelles (liberté d'expression en particulier) ont été abandonnées au nom de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme. Les médias sont muselés et BTN, l'unique chaine de télévision, est le principal instrument de propagande du parti.
Il faut prendre 'V pour Vendetta' pour ce qu'il est vraiment : une fresque grandiose, profondément politique, ode à l'anarchie et la liberté, dont le futur proche dépeint sonne comme profondément présent. Un film grandiose de par les sentiments qu’il dégage V pour Vendetta est un film qui donne à réfléchir sur les dangers d’un système politique totalitaire et l’endormissement des foules par le biais de la fausse information.

jeudi 6 mars 2008

Ceux qui déclarent les guerres, et ceux qui les font...

"Qui déclare les guerres? des gens de 50, 60 ans. Qui les fait? Des gosses d'une vingtaine d'années, à peine sortis de l'adolescence, et comme tout les ados, dans l'illusion de leur immortalité."

Ken Burns, cinéaste, documentariste américains interview Telerama du 27/02/2008

Cette phrase me fait rappeler les taux de suicide terribles dans les armées occidentales en opérations ou chez les vétérans.
"Une véritable "épidémie de suicides" sévit chez les anciens militaires américains, avec 120 morts par semaine, révèle une enquête de la chaîne de télévision américaine CBS. Au moins 6 256 personnes ayant servi dans l’armée ont mis fin à leurs jours en 2005 - soit une moyenne de 17 par jour -, rapporte la chaîne dans son enquête diffusée mercredi soir."
Une étude publiée la semaine dernière montre que les anciens combattants représentent un quart des sans-abri aux Etats-Unis, alors qu’ils ne représentent que 11 % de la population adulte. Selon l’étude, citée par le Times, au moins 1 500 anciens combattants des guerres d’Afghanistan et d’Irak auraient déjà été identifiés comme sans-abri. L’organisme chargé d’aider cette population (The National Alliance to End Homelessness) estime qu’en 2006 il y avait 195 827 vétérans sans-abri.
L'article évoque aussi l'ampleur des troubles psychiques des soldats rentrés d'Irak.
La proportion de soldats qui se voit prescrire des soins psychiatriques à leur retour est de 4,4 %. Globalement, six mois après leur retour, 20,3 % des militaires d’active et 42,4 % des réservistes et des membres de la garde nationale "nécessitent un traitement psychique" lié à leur expérience irakienne.
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=3154

Plus précisément en Irak et en Afghanistan:

L’armée de terre américaine a annoncé jeudi qu’au moins 99 de ses soldats s’étaient suicidés en 2006, dont près du tiers lorsqu’ils étaient en Irak ou en Afghanistan, un taux qui continue d’augmenter par rapport aux années précédentes.
948 tentatives de suicide.
L’armée de terre a aussi enregistré 948 tentatives de suicide sérieuses qui ont nécessité une hospitalisation ou une évacuation, et deux décès douteux font encore l’objet d’une enquête. Parmi les soldats qui se sont suicidés en 2006, 27 se trouvaient en Irak, et 3 en Afghanistan. Pour les six premiers mois de l’année 2007, l’armée a déjà enregistré 44 suicides, dont 17 parmi les soldats en Irak et en Afghanistan.
Un taux de suicide en augmentation.
Au sein du demi-million de militaires en service actif que compte l’armée de terre américaine, le taux de suicide a été de 17,3 pour 100.000 en 2006, contre 12,8 en 2005, 10,8 en 2004. Le niveau le plus bas a été relevé en 2000, avec un taux de 9,8. Par comparaison, le taux de suicide en 2006 pour l’ensemble des Américains de la même tranche d’âge (17-45 ans) que les soldats d’active était de 13,4.

En Israel, en 2005, le suicide est la première cause de décès parmi les soldats!
http://www.elmandjra.org/Courrier_131005.htm

Un prochain article traitera spécialement des déserteurs américains réfugiés au Canada par centaines, et des "Refuzniks" israéliens, refusant de servir pour des missions d'occupations.