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jeudi 30 septembre 2010

Survivant de la Shoah vers gaza: "un devoir de protester!"

‎"C'est un devoir sacré pour moi en tant que survivant [de la Shoah, NDLR] de protester contre la persécution, l'oppression et l'enfermement de tant de gens, dont plus de 800 000 enfants à Gaza", a expliqué l'un des passagers, Reuven Moshkovitz, un Israélien de 82 ans.

lundi 19 octobre 2009

Rapport Goldstone et Gaza: Qui veut assumer les faits et cheminer vers le sens de l'Histoire?

Le rapport Goldstone concernant les exactions à Gaza commises par les deux parties été approuvé ce vendredi. Sur les 47 membres du conseil, 25 ont voté pour l'adoption du document, 6 ont voté contre, 11 se sont abstenus et 5 (dont la France) n'ont pas pris part au vote.
Ce vote renvoie le rapport devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York et auprès de son secrétaire général Ban Ki-moon, qui devrait ensuite le transmettre au Conseil de sécurité.
Le rapport sur l'offensive de l'hiver dernier dans la Bande de Gaza demande aux deux parties, Israël et le Hamas, de mener des enquêtes indépendantes pour punir les responsables de crimes de guerre. En cas d'impossibilité d'enquêter dans les six mois, le rapport préconise la saisie du procureur de la Cour pénale internationale par le Conseil de sécurité de l'ONU. Mais dans ce cas de figure, difficile d'imaginer un autre scénario que celui du veto américain...

Malgré le discours du Caire, la décision des Etats-Unis de s’opposer à la résolution sur le rapport Goldstone prouve aux yeux du monde arabe que la politique américaine n’a pas changé.

George Mitchell continue de répéter à qui veut l’entendre qu’il lui avait fallu sept cents jours avant de voir se dessiner la paix en Irlande du Nord, dont il fut le principal architecte. Au Proche-Orient, cependant, la montée de fièvre autour du rapport Goldstone montre assez que les choses ne seront pas plus simples. «Les Etats-Unis essaient encore d’éviter qu’Israël ait à rendre des comptes devant la justice internationale, poursuit Amjad Atallah, même au prix de défendre le Hamas par la même occasion. Mais surtout, au risque de perdre les gains accumulés grâce au discours du Caire et aux premiers succès face à l’Iran."

L'éditorial du Temps.ch nous eclaire:
Richard Goldstone et son rapport creusent leur sillon: celui de la justice, de la fin de l’impunité et – qui sait – peut-être un jour, au bout du chemin, celui d’une contribution à la paix
Il y a un mois, lorsque le juge juif sud-africain présentait le fruit du travail de sa commission d’enquête à Gaza concluant à des crimes de guerre israéliens et palestiniens, il savait qu’il remettait une bombe entre les mains du Conseil des droits de l’homme. Il savait également qu’il serait l’objet d’attaques personnelles, d’instrumentalisation politique et de pressions. Dans la posture du petit juge face aux puissants, il affichait une mine imperturbable, confiant et optimiste dans l’impact de son enquête. Comme un homme assuré d’être dans le sens de l’Histoire.

Vendredi, dans un vote disputé, le Conseil des droits de l’homme lui a donné raison en adoptant son texte et ses recommandations. A-t-il été diminué par les manœuvres de Palestiniens déboussolés, reportant la lecture du texte à six mois avant de le faire parapher dans l’urgence? A peine. L’essentiel est ailleurs. Adopté par l’ONU, ce rapport devrait faire date pour plusieurs raisons:
-son étude de cas devrait contribuer à renforcer le Droit international humanitaire et la protection des civils face à la tentation de relativiser les Conventions de Genève au nom de la lutte contre le «terrorisme».

Il ouvre par ailleurs de nouvelles perspectives pour la justice internationale en donnant un nouveau rôle au Conseil des droits de l’homme.
Autant de perspectives qui crispent habituellement les Etats soucieux de leurs prérogatives nationales. Un véritable exploit. S’il a été possible, c’est d’abord par la qualité désormais incontestée – sinon par Israël et les Etats-Unis – du travail de la Commission Goldstone. C’est bien sûr aussi le résultat d’un rapport de force politique de plus en plus défavorable à la position d’Israël. Mais faut-il s’en étonner lorsque l’on considère la poursuite de la colonisation des territoires palestiniens unanimement condamnée?
En s’opposant au rapport Goldstone, sans explication convaincante, les Etats-Unis font fausse route. Barack Obama avait soulevé quelque espoir de changement lors de son discours du Caire. Avec Goldstone, il avait une occasion de faire intelligemment pression sur son allié.
En le balayant, il renforce la frustration palestinienne, qui sera à la hauteur des espoirs déçus.

jeudi 19 février 2009

Israël Army: War crime charges over Gaza offensive are "LEGAL TERROR"!

Publié dans Haaretz le 19/02/09
By Tomer Zarchin
Tags: Gaza, War Crime, Israel News

War crimes charges brought abroad against Israeli soldiers and officers involved in Operation Cast Lead are nothing but "legal terrorism," Col. Liron Liebman, who heads the military prosecution's international law department, said Wednesday. (...)
Liebman said: "The objective is to cause damage to morale, more than legal damage."
(...)
Indeed, international law expert Yoram Dinstein said at a conference at the Institute for National Security Studies in Tel Aviv late last month that a ratio of three or four civilian deaths per combatant death was the norm in most wars.

Le terrorisme légal!
Bruler à mort des enfants au phosphore blanc, bombarder en connaissance des bâtiments de l'Onu bourrés de civils réfugiés, détruire systématiquement (même encore cette semaine, en dépit du couvre feu) toutes les infrastructures sanitaires, hydroliques...

Enfermer pendant près de 18 mois, 1 500 000 habitants et les couper de nourriture, eau, essence, matériaux de construction (même en PVC), etc...

L'aveu de cet officier de "Tsahal" est édifiant! Il devrait, rêvons un peu, faciliter le travail d'enquètes et de poursuites judiciaires reclamées par Ban ki-Moon. La Charte des Nations Unies et la Convention de Genève, possèdent un arsenal juridique suffisant pour juger et condamner les responsables militaires et politiques concernés.
En voici les principaux articles qui détermineront les actes d'accusation:


(...)Il faut commencer par rappeler que l’article 2 § 4 de la Charte des Nations Unies interdit de manière absolue, sauf exception, la menace de l’utilisation de la force armée ainsi que l’utilisation de la force armée (...)
Le droit international ne prévoit, en effet, que deux cas de recours licite à la force armée :

a. les mesures de coercition armées décidées par le Conseil de sécurité sur la base de l’article 42 de la Charte des Nations Unies en cas de menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d’un acte
d’agression (chapitre VII de la charte) ;
b. la légitime défense sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations Unies. Cet article reconnaît à tous les Etats le droit inhérent d’utiliser la force armée dans le cas où ils seraient l'objet d'une agression armée.

La lecture et l’interprétation de l’article 2 § 4 de la Charte des Nations Unies doit être faite à la lumière de l'obligation de régler par des moyens pacifiques les différends, tel que le dispose l’article33.
L’obligation de rechercher par tous les moyens un règlement pacifique des différends fait partie du droit coutumier et est en relation étroite avec l’interdiction – d’une très large portée- de
l’utilisation de la force dans les relations internationales.

D’ailleurs, au mépris de l’article 51 de la Charte de l’ONU, Israël n’a pas même informé le Conseil de Sécurité, et a fait fi des demandes de ce dernier.

(...)Dans le cas des actes de guerre d’Israël, la notion de légitime défense n’est pas applicable. La rédaction de l'article 2 § 4 est sans ambiguïté sur le contenu et la portée de l’interdiction de la menace et de l’utilisation de la force armée : « Les Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies ».(...)

(...)Rappelons aussi le principe inaliénable du peuple palestinien à disposer du droit des peuples disposer d’eux mêmes consacré par la Charte des Nations Unies et réaffirmé par la résolution 2625 (XXV) de l’Assemblée générale. Selon cette résolution –faisant partie du droit coutumier-, « tout État a le devoir de s’abstenir de recourir à toute mesure de coercition qui priverait de leur droit à l’autodétermination … les peuples mentionnés…».

(...)Faut il aussi rappeler que, selon le droit international, les Palestiniens ont le droit légitime de résister à la domination coloniale, à l’occupation et aux forces occupantes. L’État d’Israël
commettant les pires violations du droit international et ne respectant ni les Conventions de Genève ni les autres règles découlant des conventions tels que les deux pactes de 1966, dès lors, les actes de
résistance sont des actes licites et légitimes.

(...)Il est opportun de rappeler, avec force, à l’État d’Israël et aux pays occidentaux qui cautionnent la politique d’apartheid et de domination coloniale du peuple palestinien que la Résolution 1514 de l’Assemblée générale- affirme que «…la sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération internationales…».

Le gouvernement israëlien craint, à juste titre, pour ses ressortissants incriminés que l'affaire soit portée au Tribunal Pénal Internationnal de La Haye.

(...)Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a déclaré que le ministre de la Justice Daniel Friedmann devait coordonner la défense de tout soldat ou commandant accusé d'un crime de guerre. Dans tous les cas, les États-Unis poseront leur véto à tout effort du Conseil de sécurité pour déférer les Israéliens devant la Cour internationale de La Haye.
Mais, comme le Financial Times le souligne, "tous les pays ont l'obligation de rechercher les personnes accusées de«graves» violations des règles de la guerre et de les juger ou de les extrader vers un pays qui veut les juger".
Ce fut sur cette base que la police britannique a arrêté dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998.
"Nous sommes à un changement gigantesque dans le droit international" a déclaré au Financial Times un conseiller juridique d'Amnesty International, Christopher Hall, qui affirme que le ministère israélien des Affaires étrangères est actuellement en train d'examiner les risques pour les Israéliens qui voyagent à l'étranger.
Source : http://www.fpif.org/fpiftxt/5862
Traduction : MG pour ISM







mardi 17 février 2009

mardi 4 mars 2008

Shoah on Gaza!


"Si les tirs de Qassam continuent de s’intensifier, [les Palestiniens] s’attireront sur eux une Shoah.» Matan Vilnaï, le vice-ministre travailliste de la Défense, a eu beau plaider la maladresse verbale, cette déclaration faite vendredi sur une grande radio israélienne lui vaut des condamnations des deux côtés de la ligne verte. «Il faut vraiment être un idiot fini - pardon pour le manque de politesse - pour offrir aux Palestiniens une telle munition», déplore Ben-Dror Yémini dans Maariv. De fait, Mahmoud Abbas a saisi la balle au bond en déclarant que l’offensive israélienne à Gaza était «pire qu’un holocauste». Pour sa défense, Matan Vilnaï explique qu’en hébreu l’emploi du terme «Shoah» ne se limite pas à la tragédie nazie et signifie «catastrophe» d’une manière générale.
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/03/01/un-ministre-israelien-menace-les-palestiniens-d-une-shoah-la-tension-monte-a-gaza_1017684_3218.html#ens_id=891944

Dimanche, un éditorialiste de Haaretz calculait qu’en une après-midi Tsahal avait tué plus de Palestiniens que les Qassam n’avaient tué d’Israéliens en sept ans((12 victimes depuis 2001). En deux ans, l’armée israélienne a tué près de mille habitants de Gaza, dont la moitié de paramilitaires et la moitié de civils. On peut imaginer, écrivait le quotidien israélien, l’outrage mondial si les Palestiniens avaient fait la même chose, avec le même pourcentage.
http://www.liberation.fr/actualite/monde/313275.FR.php
Source de Haaretz:
Contrary to Israel's Chief of Staff, at least half of those killed in Gaza did not take part in the fighting
http://www.btselem.org/english/Press_Releases/20080303.asp

Selon Bernard Guetta, le 3 mars sur France inter: "(...) en Israël on y envisage désormais, dit-on de très bonne source, de répondre à tout nouvel obus par des bombardements, non plus ciblés mais « indiscriminés », du km2 entourant le point de lancement ou, même, de faire pénétrer l’armée à Gaza, pour une opération de démantèlement des réseaux militaires du Hamas qui pourrait durer « de deux à trois mois ».

Quand on connait la densité de population (+de 1000 ha au km2) de Gaza, on imagine le massacre envisagé...


vendredi 8 février 2008

End Gaza Blockade Now!

Beaucoup de sites et de pétitions pour dénoncer la prison à ciel ouvert qu'est Gaza.
En voici un exemple de l'association américaine Brit Tzedek v’Shalom (the Jewish Alliance for Justice and Peace is to educate and mobilize American Jews in support of a negotiated two-state resolution of the Israeli-Palestinian conflict).

This week, hundreds of thousands of Palestinians flooded out of Gaza through the recently breached border crossing with Egypt in order to purchase food, medicine, cement, mattresses, and household supplies. Last week, over two hundred Qassam rockets were launched by Palestinian militants into Sderot and elsewhere in Israel's northern Negev. In response, Israel sealed Gaza's borders, blocking access by its population to essential fuel and humanitarian supplies.

This escalation of violence and punishment must end, and for that to happen, the U.S. must intervene. Please contact President Bush today to demand urgent U.S. action to encourage an Israel-Hamas ceasefire and the reopening of border crossings into Gaza to allow for the regular transport of fuel and humanitarian supplies!

http://ga3.org/campaign/end_gaza_blockade/

UN: Despite Israel's promises, West Bank barriers have increased
http://www.haaretz.com/hasen/spages/947133.html
Despite the promises to reduce them, the number of fixed physical barriers in the West Bank have increased from 528 to 563. (...)
"Continuation of the closures in the occupied territories will lead to further deterioration in the living conditions of 3.8 million Palestinians," the document stated.
Ce rapport est édifiant!
http://www.haaretz.com/hasite/images/iht_daily/D210108/cap.pdf

Another obstacle to Zionism
By Akiva Eldar(
is a chief political columnist and editorial writer for the Israeli newspaper Ha'aretz. He has been covering developments in the region for the last 20 years) http://www.haaretz.com/hasen/spages/942114.html For too many years many people in Israel, including fine people on the left, saw in the settlement movement a new, national-religious version of the secular Zionist movement. The time has come to examine this myth in light of the current reality between the sea and the Jordan River, at the end of 40 years of settlement. In the state's 60th year, it is no longer possible to hold onto the argument that in 1948, too, we stole Arab lands. That chapter of the Zionist struggle ended on May 15, 1948. The Declaration of Independence laid the moral foundations for the state of the Jews - the realization of the Zionist vision.
The constitutive Zionist document guarantees that this state will provide "complete equality of social and political rights to all its inhabitants." This declaration means that if the territories are annexed, Israel is obligated to grant the rights of citizenship to Palestinians as well, including the right to vote and to be voted into the Knesset. Within the Green Line, the pre-1967 borders, Jews constitute a solid majority (79 percent). According to demographic forecasts, the separation of Israel and the territories would guarantee that in 2020, too, the Jews will retain their relative advantage. But annexation of the West Bank and East Jerusalem - whether officially or de facto - makes the territory between the sea and the Jordan River a binational state even now (54 percent Jews, 46 percent non-Jews).
The Zionist leadership declared that the State of Israel "will be based on freedom, justice and peace." The settlement in the heart of the territories has for 40 years denied freedom to millions of people, including the freedom of movement. What connection is there between the expropriation of "state lands" or the takeover of private lands, on the one hand, and the creation of justice and peace, on the other? How does the enormous growth in the number of settlers since the signing of the Oslo Accords (from 100,000 in 1993 to 270,000 today) square with the 60-year-old declaration, "We extend our hand to all neighboring states and their peoples in an offer of peace and good neighborliness."?

Were it not for its fear of the settlers, Israel would not be ignoring the extended hand of the Arab League, which offers peace and good neighborliness within the June 4, 1967, borders. And what is the contribution of the settlements to Israel's international standing, in keeping with the declaration, "We appeal to the United Nations to assist the Jewish people in the building-up of its State and to receive the State of Israel into the comity of nations"? The settlements and the course of the separation fence, which was tailored to suit their needs, have drawn the largest number of UN condemnations and international protests against Israel(...).
Apart from talking, what is Olmert doing to remove the obstacle from the path of Zionism?

dimanche 17 juin 2007

GAZA, punition collective!



Hypocrisie internationale autour de Gaza, par Michel Bôle-Richard

LE MONDE | 15.06.07 |

Les démocraties occidentales, et les Etats-Unis en particulier, peuvent affirmer leur "entier soutien" à Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne. Les capitales européennes et Condoleezza Rice, secrétaire d'Etat américaine, peuvent faire part de leur inquiétude face à la dégradation de la situation dans les territoires palestiniens. Tzipi Livni, ministre israélien des affaires étrangères, peut regretter que la prise de la bande Gaza par le Hamas, le Mouvement de la résistance islamique, rende plus difficile la conclusion d'un accord avec les Palestiniens et se préoccuper de "la faiblesse des forces palestiniennes modérées". Il est désormais trop tard.

Il est même indécent de venir pleurer sur le sort de Mahmoud Abbas et de se lamenter sur la nouvelle crise qui met à feu et à sang les territoires palestiniens, parce que rien n'a été fait pour venir en aide au président de l'Autorité palestinienne et tenter de construire avec lui un processus de paix capable de restaurer une vie digne aux quatre millions d'habitants qui vivent dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

La responsabilité de la communauté internationale est écrasante. Et cela pour plusieurs raisons. Elle a demandé la tenue de véritables élections après que Washington et Israël eurent déclaré que Yasser Arafat était "hors jeu" et qu'il n'était pas un interlocuteur valable. Mahmoud Abbas a été élu démocratiquement en janvier 2005. Il a toujours été considéré comme un modéré, mais les Israéliens et les Américains se sont joués de lui en ne lui permettant jamais de faire avancer d'une façon quelconque le processus de paix.

Ensuite, des élections libres et régulières ont porté au pouvoir le Hamas le 25 janvier 2006. Un scrutin, là encore, que la communauté internationale a appelé de ses vœux mais dont elle n'a pas reconnu les résultats parce que l'organisation islamiste avait été cataloguée "mouvement terroriste" bien que ses dirigeants aient, depuis le mois de janvier 2005, décrété une trêve qu'ils ont fait respecter.

Cette consultation avait traduit un fort rejet du Fatah en raison de la corruption et de la mauvaise gestion de l'Autorité palestinienne. Cette volonté du peuple n'a pas été respectée et des sanctions ont immédiatement été mises en place en avril 2006 qui ont abouti à un étranglement de la population palestinienne et ont largement contribué à la radicaliser, la jetant dans les bras de l'Iran et des islamistes purs et durs.

Le Quartet, sous l'impulsion des Etats-Unis, a exigé que le gouvernement palestinien reconnaisse l'Etat d'Israël, rejette la violence et reconnaisse tous les accords passés sans jamais exiger quoi que ce soit des autorités israéliennes qui, depuis quarante ans, occupent la Cisjordanie et soumettent – depuis leur retrait de la bande de Gaza pendant l'été 2005 – ce territoire microscopique à un blocus qui n'a jamais été dénoncé avec suffisamment de force.

Toutes les amicales pression faites sur le gouvernement de l'Etat juif pour redonner aux Palestiniens le produit des taxes et des droits de douane illégalement retenus et qui ont asphyxié les finances de l'Autorité se sont perdus dans les sables.

La dizaine de voyages effectués par Mme Rice et les nombreuses navettes des émissaires européens se sont heurtés à l'intransigeance du gouvernement israélien. Les rencontres entre Mahmoud Abbas et Ehoud Olmert n'ont, non seulement, pas permis d'améliorer les conditions de vie des Palestiniens, mais n'ont pas fait évoluer d'un iota le processus de paix. La dernière rencontre, fixée au 9 juin, a été annulée par M. Abbas, celui-ci n'ayant pas pu obtenir la moindre assurance que les quelque 600 millions de dollars retenus par Israël allaient, au moins en partie, lui être restitués.

Pour compléter ce tableau en forme d'impasse, les nationalistes du Fatah, du moins les vieux caciques, ne se sont jamais résolus à accepter la perte du pouvoir au profit des islamistes. Malgré toutes les tentatives, en dépit de l'accord du 11 septembre 2006 sur un programme d'union nationale, et après les éruptions violentes entre ces frères ennemis, grâce à l'Arabie saoudite et à la Ligue arabe, un accord a finalement été trouvé pour former un gouvernement d'union nationale réunissant à la fois le Fatah et le Hamas ainsi que des personnalités indépendantes.

UN ETAT PALESTINIEN ILLUSOIRE

Cette fois encore Israël s'est refusé à reconnaître cette nouvelle entité et à relâcher son étreinte sur la bande de Gaza. Le cessez-le-feu instauré à fin novembre a volé en éclats en avril. Pendant les trois mois de son existence, les ministres palestiniens n'ont reçu que de vagues promesses de la part de la communauté internationale. Seule la Norvège s'est singularisée en reprenant son aide dans le grand concert de l'hypocrisie internationale face à la situation palestinienne.

C'est pourquoi il est désormais trop tard pour se gargariser avec des belles paroles de soutien à M. Abbas. La bande de Gaza est désormais passée sous la tutelle pleine et entière du Hamas. Il s'agit d'un véritable baril de poudre sur le flanc d'Israël qui ne va certainement pas tolérer la mise en place d'une structure radicale islamique à ses portes, même si dans le passé l'Etat juif avait favorisé l'émergence de ce courant radical pour contrer l'omnipotence du Fatah.

Aujourd'hui, alors que la Cisjordanie est toujours occupée, que les colonies gagnent du terrain, que les Palestiniens sont enfermés dans des réserves et ne contrôlent que partiellement 55% du territoire, il est totalement illusoire de parler de la création d'un Etat palestinien. Quant à l'Autorité palestinienne, création issue du processus de paix d'Oslo, son poids est de plus en plus insignifiant. Il suffit de constater avec quelle rapidité les forces loyales au président Abbas ont été balayées par les unités du Hamas.

"La dissolution de l'Autorité palestinienne a souvent été brandie comme une menace à l'encontre d'Israël de façon à ce que l'Etat juif assume ses responsabilités en tant que puissance occupante", écrit Alvoro de Soto, ancien représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Moyen-Orient, dans son rapport confidentiel de fin de mission.

"Aujourd'hui, ajoute-t-il, cette possibilité drastique ne semble plus entièrement absurde. Si ce n'est pas le résultat d'une implosion du gouvernement palestinien, la poursuite du siège sous les ordres du Quartet rend ce résultat plus que probable. Si cela se produisait, la responsabilité de la population reviendrait à la charge d'Israël en tant que puissance occupante, alors que le principal aboutissement des accords d'Oslo s'évanouirait."
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-923742@51-909163,0.html
http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20070613/922673_desotoreport.pdf

Gaza la vie en cage, le livre paru en 2005 suite à un reportage de 2004:
http://www.france-palestine.org/article1524.html