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samedi 28 novembre 2009

Le Douanier - Fernand Raynaud



Hop là ! Vous avez vos papiers ? Qu'est-ce que ce travail ?

Encore un étranger. Ils viennent manger le pain des Français. Je suis douanier. Je suis pas un imbécile. Ah non. Je n'aime pas les étrangers. Je répète, ils viennent manger le pain des Français.

Parce que, moi, je suis Français ! Et je suis fier d'être Français !

Mon nom à moi, je m'appelle Kulakstienski du côté de ma mère ; et Piazzano Banditti, du côté d'un copain à mon père.

Je n'aime pas les étrangers. Ils viennent manger le pain des Français.

Dans le village où j'habite, on a un étranger. Quand on le voit passer, on dit, on dit, tiens, ça, là, ça - c'est l'étranger. Comme un objet. On n'a pas de respect. Comme on a du respect pour un être humain, on ne dit pas ça, là, non. On dirait - ce monsieur.

Quand sa femme passe, l'étrangère, baissant la tête, on dit Celle-ci, c'est l'étrangère. Ils viennent manger le pain des Français.

L'autre dimanche, à la messe de dix heures, j'avais été communié au café d'en face. L'étranger voulait me parler. Moi j'avais autres choses à faire, j'avais mon [ tiercé ] à faire, enfin... je suis douanier. Je suis pas un imbécile. Enfin, du haut de mon grandeur, étant fonctionnaire, j'ai daigné l'écouter, cet imbécile. Il est étranger, forcément. Il m'a dit : Mais pensez-vous pas que vous êtes ridicule, à notre époque, de ne pas aimer les étrangers ? Réfléchissez, quand un chirurgien du Cap va opérer un coeur humain, que ça soit à Pékin, Stockholm, Moscou ou Washington , ils se prennent de la même manière - nous sommes tous égaux.

Je n'ai rien compris à ce qu'il voulait dire !. J'en ai conclu qu'il était bête. En effet, lorsque quelqu'un s'exprime, et que l'on ne comprend pas ce qu'il dit, c'est qu'il est bête. Et moi je ne peux pas être bête. Je suis douanier...
J'aime pas les étrangers. Ils viennent manger le pain des Français.

Il m'a répondu : J'en ai ras-le-bol, moi. Votre pain, et votre France. Je m'en vais.

Il fout le camp. Il a pris sa femme, ses enfants, sa valise, il est monté sur un bateau, il est parti loin au-delà de la mer.

Et depuis ce jour-là, dans notre village, nous ne mangeons plus de pain. Il était boulanger !

jeudi 16 octobre 2008

La surréaction des politiques aux sifflets du match France-Tunisie.

Edito politique sur France Inter de Thomas Legrand u 16/10/08.

Nombreuses réactions politiques hier après le match France-Tunisie au cours duquel la Marseillaise a été sifflée.
On se souvient que Nicolas Sarkozy avait été choqué -il l'avait dit- par la timidité de la réaction des ministres quand il y avait eu pareille bronca, lors de précédents France-Algérie et France-Maroc. Du coup, la journée d'hier s'est déroulée dans la démesure et la sur-réaction - ça n'a été qu'une série de surenchère de déclarations outragées de ministres et de parlementaires, qui s'enveloppaient dans le drapeau tricolore pour bien se mettre sur la longueur d'onde du coup de menton présidentiel. Ça commençait par le premier ministre qui regrettait que le match n'ait pas été annulé. Puis, il y a eu la convocation à l'Elysée du Président de la fédération française de foot et du couple Bachelot-Laporte. Dans l'après-midi, emportée par l'émotion, Roselyne Bachelot se prenait pour l'écrivain nationaliste Paul Déroulède allant jusqu'à dire qu'il n'y aurait plus de match contre les pays « responsables »... avant de se reprendre ! Un peu plus et madame Bachelot allait convoquer l'ambassadeur de Tunisie, dès l'aube au jardin du Luxembourg, pour un duel au sabre qui laverait l'affront ! La palme du commentaire insensé revient sans doute au député UMP Lionel Lucas : « quand on a la chance d'avoir été accueilli dans un pays qui vous permet d'avoir le ventre bien rempli, on le respecte. Tous ceux qui ont sifflé devraient faire leur valise.» Si on veut que toutes les Marseillaises de tous les matchs soient désormais sifflées, on ne peut pas mieux s'y prendre ! La ministre de l'intérieur promettait aussi de retrouver les coupables ! Les coupables d'avoir sifflé ! Dans la soirée, plusieurs membres du gouvernement qui s'étaient rendus compte du ridicule des réactions mettaient des bémols aux projets d'annulation de matchs. Tout ce tintouin cocardier faisait bien trop d'honneur aux quelques milliers de supporters abrutis. La première réaction de Bernard Laporte (avant l'étranglement de colère patriote obligatoire) avait pourtant sans doute été la bonne. Il avait dit qu'il serait ridicule de ne pas jouer contre certains pays mais qu'il fallait jouer les matchs en province, dans des petits stades de 20.000 places.

Ce serait donc une question de malaise des jeunes issus de l'immigration, notamment ceux de Seine-Saint-Denis, là où se trouve le stade de France ? Il ne s'agit pas de trouver d'excuses à ces sifflets qui n'avaient rien à voir avec un quelconque refus libertaire du nationalisme. C'était soit de la pure bêtise de foule (la pire) soit la manifestation hostile d'un autre nationalisme, celui qui reflète un repli communautaire, un nationalisme de sa propre origine contre le nationalisme du pays qui est le sien maintenant. Bon, mais une fois que l'on s'est bien indigné, une fois qu'on interdit des matchs, on s'est soulagé et on a cassé le thermomètre. Alors, on pourrait se poser quelques questions. Ce qui est lassant c'est qu'on redécouvre la lune à chaque fois. Alors allons-y... un sentiment d'isolement dans des cités lointaines et hors d'accès, une discrimination à l'embauche, à l'accession au logement, un chômage récurent, bref une vie de ghetto sans perspectives. Seulement, il se trouve que la remise en cause des ghettos n'est plus au goût du jour. La politique sensée favoriser une mixité sociale semble en panne. Hier, au Parlement, lors des questions au gouvernement, le moment où le sujet qui nous intéresse a vraiment été traité, n'est pas le moment où madame Bachelot s'est dressée pour sauver la patrie outragée. Mais c'est un peu plus tard, quand Jean-Christophe Lagarde, maire centriste de Drancy, a demandé au gouvernement de revenir sur son projet d'assouplissement de la loi SRU, cette loi qui oblige chaque ville à avoir au moins 20% de logement sociaux.

mercredi 23 juillet 2008

Immigrés morts sur la plage. Et vous qu'auriez-vous faits?

Samedi, près de Naples, deux sœurs sont mortes noyées. L'indifférence de certains vacanciers, dont témoigneraient des photos, choque l'Italie. La presse britannique,elle, fait l'amalgame avec la campagne anti-Roms lancée par Berlusconi et une xénophobie qui serait croissante en Italie. Décryptage.


Du discours de Sarkozy sur l'Afrique "sans Histoire" et les Noirs "vivants au rythme des saisons", puis sur l'immigration choisie (quotas par ethnies et branches de metiers),et enfin sur la rétention de clandestins dont des bébés tels des criminels (dans des conditions inommables), amènent à cette indifférence criminelle et barbare.

Même si le sujet ici est italien, que les fillettes sont roumaines, le cheminement idéologique reste le même. La xénophobie de la politique française et italienne, les jeux de récupérations de l'électorat d'extrème droite, conduisent à cette inhumanité. Nous perdons le sens profond de "nos" valeurs, de "notre" civilisation, en nous enfermant sur nous-mêmes puis en niant l'humanité de l'Autre.

Ceux qui lisent cet article et se disent " bah, elles n'avaient pas qu'à venir chez nous!" sont bien dans ce cheminement regressif.

mercredi 2 avril 2008

Rocé, de l'Identité en Crescendo

Identité en crescendo fait partie de cette catégorie d’album qui échappe, justement, à toute tentative de classification. Rocé, rappeur multi-culturel, échappe par essence à toutes les frontières, toutes les barrières musicales ou intellectuelles : "Appelle ça du rap, du slam, du punk, ca ne me regarde plus. Top Départ, le premier album de Rocé sorti en 2002, avait déjà souligné la personnalité atypique de Rocé, la droiture d’esprit, l’intégrité musicale et la finesse de l’écriture.

(...)Une ambiance sonore très jazz, pour un discours finalement très hardcore. Rocé rejette ce qui dilue l’individu et lui fait perdre la notion des contours de son identité propre : artifices, négation de soi, consommation…

Né en Algérie, de nationnalité argentine, d’un père juif et d’une mère musulmane, d’un père blanc et d’une mère noire, arrivé en France en bas âge, Rocé fuit les stéréotypes sur l’immigration. Il interroge dans Identité en crescendo la France, la République et son degré de conscience. "Qu’elle m’accepte comme être multiple et je chanterai la France" insiste-t-il. Ainsi, à travers cet album, Rocé se questionne sur les fondements de l’identité – la sienne bien sûr – , mais également celle du peuple français, de la langue, et des valeurs de la République.
Interviews:
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article2115
http://www.musiqualite.net/roce-interview-130

Le Métèque (extraits)


Je m’affirme seul, loin de l’entonnoir intégration
Qui m’amputerai de mes ancêtres pour que je glisse sans frottement
Détacher ma culture et mon nom pour rentrer dans l’ rang
C’est l’assimilation et c’est de la mutilation

Et devoir s’intégrer a un pays qui est déjà le siens
C’est flairer, ce mordre la queue, donc garder un statut de chien
Quand je ne peux séparer les cultures qui m’ont faites un
M’en retirer une partie c’est ôter tout l’être humain

Avec ma tête de métèque, de juif errant, de musulman

Ma carte d’identité suspecte, d’étudiant noir, de rappeur blanc
Je commets l’ délit de faciès, à tous lieux et de tous temps
J’sais pas c’ que je suis aux yeux des êtres, mais je sais c’ que je suis sans



Chante la France (extraits)

Mon père a combattu Vichy et collaboration
Expert en faux papiers, sauve les victimes de trahison
Agir et résister quand la patrie perd la raison
Il offre l’humanité sans prendre l’accord du président

Le secret et la censure créent un long silence
Un silence qui couvre et qui étouffe les cris
Et les répliques aussi, et le pays nous dit
Chante et chante et chante la France

Quitte à chanter quelque chose, je chantonne l’humanité
Tout en demandant à ce pays d’admettre que telle est sa chance
Et quand les portes restent closent il s’agit de s’impliquer
Car c’est de ses ecchymoses que peut se construire la France



Ce Que Personne n’Entend Vraiment (extraits)


Ils écoutent de la musique ethnique, avec leurs sapes ethniques
On se croirait à Ethniqueland, c’est véridique ? j' me demande
Ce pays n'existe qu'ici, où les fantasmes abondent
Ils l'ont construit brique par brique, voudraient que je m'y rende

Mais quand ils partent vraiment, dans un de ces lieux du moment
Ils se plaignent du changement, face au délire de leur pensant
Alors ils recommandent, soirée sur thème d'Orient
Où tout l' monde applaudie ce que personne n'entend vraiment…

Réduit à ça est le tiers monde, la critique reste de bronze

Et les conneries abondent, se vendent surtout après le onze
L'Islam en best seller inonde les lumineux plateaux des songes
Où l'audimat éponge conneries et mensonges

Dans cette saveur d'amour - haine, les livres prennent leur élan
Certains mots font peur, la peur fait l’argent
Le savoir fuit l'horizon, stoppé par cette queue d' poisson
Et tout le monde applaudi, ce que personne n'entend vraiment…

Des Problèmes de Mémoire

Système assimilatoire, qui crée des êtres à problèmes
Identité en gruyère, orphelins de leur mémoire
Vu qu'on passe à la passoire, les causes de tous nos mystères

Nos causes partent, restent les problèmes, et tout ça crée des ignares

Intégration à l'entonnoir, qui prône un modèle unique
Et pour ceux qui ont cette saleté de chance d'être multiple, au revoir
Système assimilatoire, amputation des tuniques
Amputation à l’identique, et mise du voile à l'histoire

Mais l'histoire n'est pas unique, sacrée pour un pays qui s' dit laïque
Parfaite ! Sainte ! Extrémiste ! Un dieu auquel faut croire
Le pays a du mal, à regarder ses chapitres comme lui-même, pluriels, multiples
Nous laisse frêle et limite, avec des problèmes de mémoire

L’Un et le Multiple (extraits)


Etrange sentiment d’appartenance à un monde varié mais dans lequel on me refuse la diversité.
Nous sommes des clichés, enfermés dans une trop étroite identité.
Mais je ne peux plus m’enfermer dans celui qu’on me désigne, aucune définition réductrice ne m’agrippe. Je ne peux m’empêcher d’être l’Un… et le Multiple

J’ai le sens du rythme mais… la mélodie linéaire
La voix aigue mais… le propos grave et austère
Adolescence française, regard russe et langue algérienne
La pensée universelle et l’ambition planétaire

Rempli de compassion mais… vide de condescendance
Train de vie brouillon et flou mais brodé d’ambitions claires
Identité effritée, qui vole au vent dans les ronces
Métèque présent par l’esprit, mais dont on ne veut voir que la chaire

Alors dans ce monde varié, offert en son étrange ensemble
Je ne peux me résigner à n’être qu’Un, et ceux que ça arrange
De nous mettre dans des cases et des franges
Mon exemple brise leurs clichés, dérange, émiette leur pain quotidien

On se veut unique mais on devient viande de plus en plus tendre
Rentrant dans des cases, tel des offrandes à la loi marchande
Et même si on tente de se démarquer, on alimente
Un nouveau cliché qu’on vente, et oui au final on fait que ça, on « représente »

Alors être valable se confond avec vendable, récupérable
Humain interchangeable, et sur le tard
S’exécuter dans un système qui vend ses citoyens comme son âme
A force d’être assimilable, on finira en code barre


Individu consommable, mis dans des cases inflexibles
Et si je brise les chaînes invisibles des identités hybrides
La complexité sera ma résistance, mon fond de commerce
Cela fera de moi un mauvais commercial mais un homme libre


lundi 14 janvier 2008

Des moines franciscains au côté des sans-papiers, Attali pour la relance de l'immigration.

Les racines chretiennes de la France, comme vous dites, M Sarkozy, ces racines plus profondes que le floue de votre gesticulation télépolitique !
Une heure durant, de 18 h 30 à 19 h 30. Sans un mot. "Pour dénoncer l'enfermement dans des centres de rétention des personnes étrangères en situation irrégulière", peut-on lire sur deux panneaux couverts de photos. Ce tract, signé des Frères franciscains de Toulouse, se termine par une invitation à "toutes les personnes de bonne volonté à nous rejoindre dans le silence". Les trois derniers mots sont soulignés.

Notre assistance était un peu maigrelette", reconnaît le Frère Alain Richard, 83 ans, doyen des franciscains toulousains, qui ne paraît toutefois pas découragé. "C'était émouvant. Nous avons vu des gens s'arrêter, déposer leurs paquets et demander s'ils pouvaient faire quelque chose", raconte l'initiateur de ces "cercles de silence", portant la barbe et des habits civils. Depuis le mois d'octobre, les quatorze moines franciscains, qui ne vivent pas cloîtrés mais partagent un bâtiment moderne du quartier Saint-Cyprien, ont décidé de se retrouver mensuellement sur la place du Capitole, le dernier mardi de chaque mois, pour protester à leur manière contre les conditions de détention au centre de rétention de Cornebarrieu. "Beaucoup de gens ignorent l'existence même de ce centre", constate le Frère Alain, qui mise sur les photos exposées pour faire prendre conscience de l'univers carcéral de ce bâtiment neuf, inauguré en juillet 2006 aux bords des pistes de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. "Quand les gens voient ces photos, ils demandent souvent dans quel pays elles ont été prises. On leur dit que cela se passe à seulement une dizaine de kilomètres d'ici." Le vieux moine est allé lui-même faire de nouveaux clichés sur place, le 30 janvier dernier, pour les publier quelques heures plus tard sur le site Internet de la communauté (www.franciscainstoulouse.fr). Par la grâce des nouvelles technologies, le cercle de silence s'élargit et l'action mensuelle des Frères toulousains, qui comptent six jeunes étudiants dans leurs rangs, devient permanente.
N'ayant pas pu visiter lui-même l'intérieur du centre, le doyen des franciscains toulousains a dû se contenter de photos prises de l'extérieur, dans le prolongement de zone industrielle de Colomiers. Frère Alain en a conservé un sentiment de relégation et n'en revient toujours pas. "Il faut avoir tué père et mère pour être envoyé dans un endroit pareil, loin de tout, sans autre possibilité d'accès qu'en voiture", s'émeut le moine octogénaire. L'éloignement du centre est dénoncé par les organisations humanitaires comme la Cimade, mais aussi les syndicats de magistrats et d'avocats, qui ont déposé un recours contre l'aménagement d'une salle d'audience pour juger les étrangers à l'intérieur même de l'enceinte, et non dans un tribunal. A quelques centaines de mètres seulement du centre de rétention se dresse le "delivery center" d'Airbus, la nouvelle aérogare privée du constructeur européen, construite pour accueillir les riches clients venus pendre livraison de leurs avions flambant neufs. Deux univers aux antipodes, séparés par des barbelés.

Des cercles de silence, Franck Nouchi, Lemonde 2.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-997548,0.html
Il y a fort à croire que lors de son déplacement à Vandœuvre-lès-Nancy, le 11 décembre, Nicolas Sarkozy ne pensait pas à ces moines lorsqu'il déclarait avec moult accents barrésiens : "Je suis heureux de me trouver parmi vous en Lorraine, parce que la Lorraine, c'est la France, la véritable France, telle que je la connais, telle que je la ressens, telle que je l'aime. Ici, c'est la France dont on parle peu, parce qu'elle se plaint peu. Ici, c'est la France qui croit au mérite, à l'effort, c'est la France qui veut qu'on la respecte." Quelques jours plus tard, le 20 décembre, à la basilique Saint-Jean-de-Latran de Rome, le chef de l'Etat semblait poursuivre son adresse à "sa" France : "La laïcité ne saurait être la négation du passé. Elle n'a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n'aurait pas dû."(...)

http://www.franciscainstoulouse.fr/
http://franciscains.free.fr/Communaute/Franciscains.php
Réseau Education Sans Frontières
http://resf89.over-blog.com/
Info rétention
http://inforetention.kofele.org/

La commission Attali recommanderait de relancer l'immigration, Liberation.
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/302974.FR.php
(...)Selon une estimation récente du ministère de l’Economie et des Finances, la France devra recruter 750.000 personnes par an d’ici 2015 pour pallier les besoins du marché du travail. Seule solution pour la commission: «faciliter la délivrance de visas aux étrangers».

Weil : les propositions Attali pas si loin de celles de Sarkozy, NouvelObs.com
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20080111.OBS4743/weil__les_propositions_attali_pas_si_loin_de_celles_de_.html?idfx=RSS_politique
Selon le chercheur, les suggestions de la commission chargée de libérer la croissance, qui préconisent notamment de relancer l'immigration, "ne sont pas totalement en contradiction" avec le souhait du président d'ouvrir "l'immigration de travail".

dimanche 14 octobre 2007

Ronsard la France et les immigrés

« Mais comment voudriez-vous la France abandonner ? Quand tous les estrangers y veulent séjourner ? »
Pierre de Ronsard.

Ronsard, est-il bien une figure de l'identité nationale? Celle dont nous avons tous à nous enorgueillir et celle dont tous les immigrés doivent acquérir...

Cité nationale de l'histoire de l'immigration:
http://www.histoire-immigration.fr/
Histoire des étrangers et de l'immigration en France:
http://www.passagedulivre.com/livre-29200-histoire-des-etrangers-et-de-l-immigration-en-france.htm
DE L’INDIGÈNE À L’IMMIGRÉ:
de Pascal Blanchard et Nicolas Bancel
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=article&no=311
France terre d'immigration:
http://www.amazon.fr/France-terre-dimmigration-Emile-Temime/dp/2070534855
"Et si on faisait payer les étrangers ? Louis XIV, les immigrés et quelques autres...": de Jean-François Dubost et Peter Sahlins:
http://barthes.ens.fr/clio/revues/AHI/livres/dubostsahlins.html
Immigration : jusqu'à quel point êtes-vous un crétin ?
http://economistes.blogs.liberation.fr/chiffrage/2007/10/immigration-tes.html

mercredi 3 octobre 2007

De la lutte contre l'immigration: des mythes aux réalités et du declin civilisationnel

Premier constat évident: ni les murs les plus hauts ni les océans ou les montagnes n'arreteront la faim ou la guerre.
Second constat: L'Homme est itinérant, un migrant depuis qu'il est Homme, pour un tas de raisons.

De la contrainte des mouvements des individus, il me semble que nous courons
vers un recul civilisationnel. En effet, elle ne correspond pas aux valeurs occidentales (pour le meilleur ou pour le pire).
A ce propos, lire dans le Figaro:


La Conférence des évêques de France a dénoncé hier « les mesures toujours plus restrictives » en matière d'immigration, qui risquent d'apparaître « comme des concessions à une opinion dominée par la peur plutôt que par les chances de la mondialisation ». En plein vote du projet de loi, les évêques se sont en outre réjouis du fait « que des élus d'appartenances politiques variées, à l'Assemblée nationale comme au Sénat, se soient opposés à l'utilisation de tests génétiques pour vérifier les liens de parenté. Il y aurait là, disent-ils, le risque d'une grave dérive sur le sens de l'homme et la dignité de la famille. » Les évêques se sont aussi inquiétés « des conditions toujours plus restrictives mises au regroupement familial qui est un droit à respecter ».
Même réaction du côté des associations protestantes qui ont pointé du doigt « les risques de fragilisation accrue des familles étrangères et des demandeurs d'asile ». Concernant les tests génétiques, elles fustigent une « intrusion dans la vie privée et l'intimité des familles », prohibée « à l'égard des familles françaises ».

http://www.lefigaro.fr/france/20071002.FIG000000048_immigration_eveques_et_protestants_reagissent.html


Enfin, les effets conjoncturels et poltiques escomptés ne seront pas atteints. bien au contraire!
Contraindre les migrants légaux augmentera la masse des migrants illégaux refusant de se soummettre à des batteries de restrictions.
Le second effet pervers sera de dissuader les migrants hautements qualifiés, refusant les contraintes administratives, les humiliations quand ils ont la possibilité d'être accueilli à bras ouverts et bien payés aux USA, par exemple...
A lire dans LeMonde.fr:


Les élites économiques victimes inattendues du projet de loi sur l'immigration


En obligeant les familles à se soumettre à un test de langue, voire à suivre une formation linguistique, pour obtenir un visa de long séjour, le gouvernement cherche à freiner l'immigration familiale en provenance de l'Afrique. Mais l'immigration économique qualifiée, que Nicolas Sarkozy et le ministre de l'immigration, Brice Hortefeux, disent vouloir favoriser, risque elle aussi d'être entravée. Le projet de loi vient, aux yeux des cadres étrangers, alourdir encore un peu plus le parcours du combattant que devient une installation en France. La précédente loi de juillet 2006 avait déjà rendue obligatoire la signature d'un contrat d'accueil et d'intégration (CAI) pour tout nouvel arrivant, même pour les salariés en mission temporaire.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-961894,0.html

Cela est donc un résultat inverse des effets prévus des orientations politiques du président.
Démagogie à l'égard du peuple de droite xénophobe. Déclin civilisationnel.
Un coktail d'alliénation et d'isolement, à l'opposé du sens vers lequel tend l'Humanité.
Ma Culture, ma Langue ni mon Identité ne sont figées advitam eternam dans un bocal de formol.

Rappelons nous le proverbe Zulu:"Umbuntu" "l'autre, c'est moi", où je ne suis que parce que l'Autre est!

jeudi 6 septembre 2007

Les Murs, par Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant

Les deux écrivains analysent le recul de civilisation que signifie le ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité et du Codéveloppement. Ils montrent comment, par cette initiative, la France trahit son plus grand message historique, « l'exaltation de la liberté ». Ils appellent « toutes les forces humaines » à protester « par toutes les formes possibles » contre la création du « mur-ministère ».
(...)

Essayons d’approcher cette multiplicité complexe, jamais donnée comme un tout, ni d’un seul coup, que nous appelons identité. Un peuple ou un individu peuvent être attentifs au mouvement de leur identité, mais ne peuvent en décider par avance, au moyen de préceptes et de postulats. On ne saurait gérer un ministère de l’identité. Sinon la vie de la collectivité deviendrait une mécanique, son avenir aseptisé, rendu infertile par des régies fixes, comme dans une expérience de laboratoire. C’est que l’identité est d’abord un être dans le monde, ainsi que disent les philosophes, un risque avant tout, qu’il faut courir, et qu’elle fournit ainsi au rapport avec l’autre et avec ce monde, en même temps qu’elle résulte du rapport. Une telle ambivalence nourrit à la fois la liberté d’entreprendre et, plus avant, l’audace de changer.
(...)
La tentation du mur n’est pas nouvelle. Chaque fois qu’une culture ou qu’une civilisation n’a pas réussi à penser l’autre, à se penser avec l’autre, à penser l’autre en soi, ces raides préservations de pierres, de fer, de barbelés, ou d’idéologies closes, se sont élevées, effondrées, et nous reviennent encore dans de nouvelles stridences.
(...)
La moindre invention, la moindre trouvaille, s’est toujours répandue dans tous les peuples à une vitesse étonnante. De la roue à la culture sédentaire. Le progrès humain ne peut pas se comprendre sans admettre qu’il existe un côté dynamique de l’identité, et qui est celui de la relation. Là où le côté mur de l’identité renferme, le côté relation ouvre tout autant, et si, dès l’origine, ce côté s’est ouvert aux différences comme aux opacités, cela n’a jamais été sur des bases humanistes ni d’après le dispositif d’une morale religieuse laïcisée. C’était simplement une affaire de survie : ceux qui duraient le mieux, qui se reproduisaient le mieux, avaient su pratiquer ce contact avec l’autre : compenser le côté mur par la rencontre du donner recevoir, s’alimenter sans cesse ainsi : à cet échange où l’on se change sans pour autant se perdre ni se dénaturer.
(...)
La multiplicité, voire l’effervescence, des imaginaires repose sur la présence vivifiante et consciente de cela que toutes les cultures, tous les peuples, toutes les langues, ont élaboré en ombres et en merveilles, et qui constitue l’infinie matière des humanités. La vraie diversité ne se trouve aujourd’hui que dans les imaginaires : la façon de se penser, de penser le monde, de se penser dans le monde, d’organiser ses principes d’existence et de choisir son sol natal. La même peau peut habiller des imaginaires différents. Des imaginaires semblables peuvent s’accommoder de peaux, de langues et de dieux différents.
(...)
La folie serait de croire inverser par des diktats le mouvement des immigrations. Dans le mot « immigration » il y a comme un souffle vivifiant. L’idée d’« intégration » est une verticale orgueilleuse qui réclame la désintégration préalable de ce qui vient vers nous, et donc l’appauvrissement de soi. Tout comme l’idée de tolérer les différences qui se dresse sur ses ergots pour évaluer l’entour et qui ne se défait pas de sa prétention altière.
Les murs menacent tout le monde, de l’un et l’autre côté de leur obscurité. C’est la relation à l’autre (à tout l’autre, dans ses présences animales, végétales, environnementales, culturelles et humaines) qui nous indique la partie la plus haute, la plus honorable, la plus enrichissante de nous-mêmes.
Nous demandons que toutes les forces humaines,(...), protestent contre ce mur-ministère qui tente de nous accommoder au pire, de nous habituer à l’insupportable, de nous faire fréquenter, en silence, jusqu’au risque de la complicité, l’inadmissible.
Tout le contraire de la Beauté.
Toutes les initiatives en rapport avec cet appel seront répertoriées sur le site de l’Institut du Tout-Monde.
http://www.tout-monde.com/
http://www.humanite.fr/2007-09-04_Tribune-libre_Les-murs

En conclusion, j'evoque le proverbe Zulu qui se nomme "Ubuntu":" Je ne suis Que parce que nous sommes"...