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samedi 20 avril 2013

De la Calligraphie Arabe au Graffiti,une infinie créativité!

Des codes anciens aux nouvelles expressions et revendications populaires.

Le graffiti est un véritable moyen d'expression. Il n'est donc pas étonnant que les murs des pays touchés par le « printemps arabe », soient couverts de messages exprimant la rage et la souffrance. Don Karl peint sous le pseudonyme de Stone depuis trente ans. En 2008, observant les mouvements dans les pays arabes et l'explosion de créativité qui en a découlé, Don Karl commence à rassembler les graffitis arabes
Le Graffiti arabe - Pascal Zoghbi & Don Karl - Editions Eyrolles 
Quatre ans plus tard, la compilation est devenue un livre qui contient des chapitres consacrés aux révolutions arabes. Parmi les artistes du monde entier présents dans ce livre, le Français Charles Vallaud a posé une des premières pierres à l'édifice. Sur les camions au Liban, dans les villages du Bahreïn, sur le mur de Cisjordanie, le virus du graffiti a touché le Moyen-Orient: un ouvrage réédité après le "printemps arabe" témoigne de cette formidable créativité calligraphique qui s'est aussi exportée en Occident..Les nombreuses photos du livre illustrent la vigueur de ce renouveau artistique qui est aussi un art de résistance. Le graffiti arabe s'affiche d'aileurs aussi dans les métropoles occidentales ou sur des accessoires de mode, comme ce sac à main créé par Sarah Beydoun, inspiré par les célèbres camions libanais.
Il exprime tantôt les souffrances d'un peuple, tantôt une recherche d'identité. A Beyrouth, Gaza, Téhéran, à Paris, Londres, Berlin ou Montréal, le graffiti traduit une pensée politique, sociale ou personnelle dans un style calligraphique et typographique très expressif, soulignent les auteurs.
Des spécialistes livrent dans l'ouvrage leur analyse des éléments traditionnels, des nouvelles approches et des contextes socio-culturels et politiques qui ont forgé les mouvements du graffiti au Moyen-Orient. Un chapitre sur le "printemps arabe" complète ce panorama.
L'ouvrage regroupe de nombreux artistes majeurs: Huda Smitshuijzen, Rana Jarbou, Tala F. Saleh, Houda Kassatly, William Parry, Hassan Massoudy, Malik Anas AIRajab, eL Seed, Hestl, Julien Breton, le collectif LightCraff, Sun7, Sadhu, L'ATLAS, Native et ZenTwO, Zepha alias Vincent Abadie Hafez ou encore Monsieur Cana alias Askar.
Au Moyen-Orient la bombe de peinture s’avère être la nouvelle arme très efficace.
Bansky, Palestine
Là où les conflits politiques et religieux fleurissent, les graffitis pacifiques prospèrent. Et pourtant, les graffitis peints la plupart du temps sur des murs de la rue sont loin d’avoir la côte question légalité..
Alors qu’Israël s’embourbe dans un conflit sans fin, nombre d’artistes occidentaux tels que Banksy, Blue, Swoon..- ont fait le déplacement pour appeler à la prise de conscience ou exprimer leur opposition au mur d’Israël. Mots et images dansent sur le mur afin de témoigner  le soutien de ces artistes envers le peuple enfermé. Véritable incarnation des remparts de prison, le mur est devenu le support de toute ode à la liberté et à la justice, plaidant pour davantage de tolérance et d’humanité. On peut y lire des citations de Shakespeare, de la Bible, de Gandhi ou encore de Nelson Mandela. D’autres graffitis, très simples, sont davantages touchants pour leur formule que pour le talent artistique qui en émane. 

Filippo Minelli, Palestine
En effet la sobriété des mots « CTRL + ALT + DELETE » peints en bleu ciel sur le mur près du checkpoint de Qalandiya par Filippo Minelli suffit pour que le message soit clair et saisissant. A Beyrouth, théâtre de l’interminable guerre civile libanaise et tout particulièrement marquée depuis quelques jours, le graffiti est le moyen d’expression pour les « refoulés » de l’expression orale. Ils ne peuvent pas être entendus, mais leurs pensées seront lues. Cela ne les empêche pas de signer ou de laisser entrevoir des commentaires politiques et sociaux sur les murs de la ville. Véritable outil de propagande pour les partis politiques, les marquages au mur comparables aux tags des gangs de New-York et Los Angeles, attestent de l’existence d’un parti dans un périmètre géographique particulier. Dès lors les passants sont informés de l’affiliation politique du quartier dans lequel ils s’aventurent.
La voix du peuple libanais n’est toutefois pas en reste. Vers la fin des années 1990, les oeuvres artistiques autres que dans un but de revendication politique, ont fleuri sur les murs orientaux de Beyrouth. Les premiers s’essayent sur des murs et surfaces à l’abri des regards tels que des usines abandonnées ou des parkings désertés… Par la suite, loin d’être considérés comme un acte de vandalisme au Liban, les graffitis largement inspirés de graffitis occidentaux ont pris leurs quartiers dans toute la ville de Beyrouth. Il faut dire que la calligraphie utilisée étant bien différente de la calligraphie arabe, elle n’est pas assez explicite pour être source de complications. Alors mis en confiance, les crews libanais se lancent et font fi des risques pour s’exprimer dans leur propre langue. C’est ainsi que le duo de hip-hop composé de frères jumeaux nommé « Ashekman » s’inspire des difficultés auxquelles leurs compatriotes sont confrontés, en utilisant une typographie arabe simplifiée pour écrire « la rue est à nous » qui indique leur contrôle des rues via leur art, ou encore « Gaza est dans mon coeur« .

Il semblerait que la prose des rues soit devenue un art qui se transmet au point que des ateliers graffiti sont même organisés à Beyrouth tels que « Spray Can Art, Culture is Dialogue » ou encore « Bombing Beyruth« . Pendant ce temps, Sens (Steffi Peichal), artiste allemande qui vit à Beyrouth et travaille avec des ONG, initie les plus jeunes à cet art de la 

revendication pacifique dans divers camps de réfugiés palestiniens du Liban.

Livré au regard de tous les passants à leur insu, le message-graffiti s’impose comme dernière tentative d’appel au rêve et à la revendication.
Par Maud Ducasse sur le site  Nomes design

The Revolution within yourself’, Ali, Yazan and Zepha, Beirut, 2012


Autre expression contemporaine de la calligraphie arabe, onirique, éphémère avec une technique sans trucage, le Light graff. Publié dans le "graffiti Arabe", un site sur le "Light graff" ou julien Breton alias kaalam.

Julien Breton , alias Kaalam



Focus Histoire:

Les graffiti arabes coufiques des premiers siècles de l’islam, en Arabie comme au Proche-Orient, représentent une source d’information inépuisable sur la société musulmane des origines. Toutefois, la datation des textes du ier/viie siècle, antérieurs aux Umayyades, reste problématique et doit se fonder sur des analyses paléographiques rigoureuses. L’étude du contenu des graffiti relatifs à la foi peut aider à dater ces textes du fait qu’ils connurent des phases progressives de développement. Les plus anciens graffiti datés de 23/643 et 24/644 ne contiennent pas de référence au religieux ; les auteurs, comme leurs contemporains, semblèrent plus intéressés de pérenniser leurs noms sur la pierre, s’inscrivant dans la tradition safaïtique. La question des premières professions de foi montre qu’il a existé des formulations archaïques antérieures à la shahâda traditionnelle, reflet d’un monothéisme tribal très matérialiste. Quant aux demandes de pardon récurrentes dans les graffiti, elles relèveraient d’une stratégie d’écriture. Enfin, la constatation de l’absence de citation du prophète Muḥammad dans les graffiti les plus anciens montre, à elle seule, les enjeux historiques et religieux de cette recherche épigraphique.

samedi 13 mars 2010

La liberté d'un peuple, par Bernanos

Il faut beaucoup de prodigues pour faire un peuple généreux, beaucoup d’indisciplinés pour faire un peuple libre, et beaucoup de jeunes fous pour faire un peuple héroïque."
Georges Bernanos

lundi 4 août 2008

Hommage au géant Alexandre Soljenitsyne!

"Quelqu'un que vous avez privé de tout n'est plus en votre pouvoir. Il est de nouveau entièrement libre."
Extrait de Le Premier Cercle

"Le sot aime à faire la leçon, le malin préfère la recevoir."

lundi 16 juin 2008

Hommage à Germaine Tillion, l'ethnologue résistante, humaniste, de Ravensbrück aux Aurès.


"L'asservissement ne dégrade pas seulement l'être qui en est victime, mais celui qui en bénéficie".

« Le terrorisme est la justification des tortures aux yeux d'une certaine opinion. Aux yeux d'une autre opinion, les tortures et les exécutions sont la justification du terrorisme.» (Les Ennemis complémentaires, 1960, p. 47)

C'est une grande dame qui vient de mourir. Et tout d'abord une grande résistante, qui, dès juin 1940, refusera la soumission de la France à l'Allemagne nazie. Avec le colonel Paul Hauet, elle s'engage dans l'action clandestine et rejoint le groupe du Musée de l'Homme, l'un des premiers réseaux de résistance. A 34 ans, cette intellectuelle, fille des créateurs des Guides bleus, assure des reponsabilités de premier plan (filières d'évasion, renseignement, tracts et journaux...) Elle est arrêtée le 13 aout 1942, puis déportée à Ravensbrück, comme Nacht und Nebel c'est-à-dire vouée à disparaître dans "la nuit et le brouillard".

Libérée le 23 avril 1945, elle rapportera de déportation un livre collectif Ravensbrück, qui en 1946, explique le système concentrationnaire. Et également une opérette ! Le Verfügbar aux enfers ne sera joué pour la première fois qu'en juin 2007 au Théatre du Châtelet. Engagée dans la connaissance de la déportation, elle dénonce, dès 1949, le Goulag soviétique.

Ethnologue, formée par Marcel Mauss et Louis Massignon, elle est une spécialiste des Berbères. Avant guerre, elle effectue de nombreux séjours parmi les tribus d'Algérie, mais sa thèse est perdue lors de sa déportation. Elle publiera plus tard, en 1966, "le Harem et les cousins", considéré par les spécialistes comme un classique de l'ethnologie. De retour en Afrique du nord dans les années 50, elle constate la "clochardisation" des populations indigènes et s'engagera, en 1957, contre la pratique de la torture en Algérie. Gaulliste et catholique, elle servira à plusieurs reprises de contact entre les autorités françaises et les militants algériens.

Lorsqu'en 2000 la polémique resurgît sur la torture (l'affaire "Aussaresses"), Germaine Tillion signe l'appel des Douze, soutenue par le journal communiste l'Humanité. C'est dans L'Huma qu'elle expliquera le mieux sa position humaniste: "Il faut punir les actes mais (...) il faut avoir un peu pitié des gens qui les ont commis…"
http://www.liberation.fr/culture/322126.FR.php

Son parcours détaillé:
http://www.herodote.net/articles/article.php?ID=317
Ses combats:
http://www.monde-diplomatique.fr/2001/01/RIPOLL/14673

« ...Je n'ai pas « choisi » les gens à sauver : j'ai sauvé délibérément tous ceux que j'ai pu, Algériens et Français de toutes opinions. Je n'ai ni cherché ni (certes) désiré les périls représentés par l'entreprise qui me fut proposée en juillet 1957: exactement, c'est l'entreprise qui est venue me tirer par la main.
« Il se trouve» que j'ai connu le peuple algérien et que je l'aime ; «il se trouve » que ses souffrances, je les ai vues, avec mes propres yeux, et «il se trouve » qu'elles correspondaient en moi à des blessures ; «il se trouve», enfin, que mon attachement à notre pays a été, lui aussi, renforcé par des années de passion. C'est parce que toutes ces cordes tiraient en même temps, et qu'aucune n'a cassé, que je n'ai ni rompu avec la justice pour l'amour de la France, ni rompu avec la France pour l'amour de la justice.» (lettre ouverte à Simone de Beauvoir, 1964- A la recherche du vrai et du juste, p.259)

mardi 1 avril 2008

V for VENDETTA, allégorie de la Liberté et de la résistance aux totalitarismes.

La géniale tirade du film tiré de l'oeuvre d'Alan Moore:
« Voilà ! À première vue je ne suis qu'un vulgaire comédien de vaudeville, à qui les vicissitudes de la vie font jouer le vilain et la victime et vice-versa. Ce visage n'est pas que le vil reflet de ma vanité mais un vibrant vestige de la vox populi aujourd'hui vacillante et vaincue. Vous devez y voir, les vieux restes d'une vexation vieillissante aussi vive que vivante et voué à vaincre cette vermine vulgaire vivace virulente et vénale qui vivote en privant ses valeureuses victimes vaincues de la vérité et des vraies valeurs ! Le seul verdict que je voie est la vengeance. Une vendetta violente brandie tel un ex-voto et non en vain visant à faire vaincre la vertu face à cette vilénie lovée dans les veines de nos villes. Ces vagues vocales faisant de moi un ventriloque vociférant ces volutes verbales, revenons-en à l'essentiel. Je suis honoré de vous rencontrer alors pour vous, je serai V.»
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Moore

Toute ressemblance au scénario du film n'est que pur hasard...
Vers 2038, après une guerre à peine évoquée et un mystérieux virus utilisé lors d'un terrible attentat biologique visant 3 sites importants par leur symbolique (l'école primaire Sainte-Mary) ou le nombre de victimes en résultant (station de métro Victoria et une usine de traitement des eaux) ayant provoqué environ 100 000 décès. L'Angleterre est depuis dirigée par un parti fasciste après l'élection d'Adam Sutler qui, profitant du climat de peur affectant la population, a facilement institué un régime dictatorial auquel il s'est placé à la tête, s'auto-proclamant « Haut-chancelier d'Angleterre ». Un couvre-feu, dont le respect est contrôlé par sa milice, a été instauré sur tout le pays ; le culte musulman et tout ce qui pouvait s'y rattacher a été banni, et les opposants ou minorités tels les homosexuels pourchassés lors de la grande purge. Les plus élémentaires libertés individuelles (liberté d'expression en particulier) ont été abandonnées au nom de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme. Les médias sont muselés et BTN, l'unique chaine de télévision, est le principal instrument de propagande du parti.
Il faut prendre 'V pour Vendetta' pour ce qu'il est vraiment : une fresque grandiose, profondément politique, ode à l'anarchie et la liberté, dont le futur proche dépeint sonne comme profondément présent. Un film grandiose de par les sentiments qu’il dégage V pour Vendetta est un film qui donne à réfléchir sur les dangers d’un système politique totalitaire et l’endormissement des foules par le biais de la fausse information.

lundi 17 mars 2008

Plateau d'Eglière, les Résistants contre Sarkozy.

Il s'agit d'un appel à un éveil des jeunes consciences de la nations. Un appel aussi contre la messe annuelle de Sarkozy qui ira chaque année au plateau des Glières. La plupart des résistants ne seront pas au coté de ce président. Pourquoi? La réponse, ci-dessous!

Résister c'est créer ! Créer c'est résister!

Nous vous présentons le texte de l'appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil National de la Résistance adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944, lu par les figures historiques de la Résistance.

Vous pouvez voir et entendre Lise London, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Philippe Dechartre, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Georges Séguy, Maurice Voutey.

lire cet appel:
http://www.alternatives-images.net/cnr/appeltxt.pdf

mercredi 14 novembre 2007

Guy Môquet, Ahmed Zabana et les autres

(...)Guy Môquet, exécuté en 1941, n’a pas vécu les lendemains de la chute du nazisme. Pour autant, serait-il si hasardeux d’avancer qu’il aurait sans doute cheminé de conserve avec Lucie et Raymond Aubrac et les autres résistants qui ont lutté et luttent encore pour la fin de toutes les injustices, y compris quand leur propre pays y a une part ? Non, sans doute. Sans doute aurait-il reconnu comme un frère de combat Ahmed Zabana [1], militant de l’indépendance algérienne, premier résistant à mourir guillotiné en 1956, aux termes d’un simulacre de procès conduit par un tribunal colonial. Il aurait reconnu comme un frère celui qui déclarait, du fond de la sinistre prison Barberousse d’Alger : « Le savoir, c’est la vie la plus noble et l’ignorance, la plus longue mort ». Et comment n’aurait-il pas vu un écho de sa lettre émouvante dans cette dernière missive qu’adressa Ahmed Zabana à ses parents, à la veille de son exécution ?

"Mes chers parents, ma chère mère, Je vous écris sans savoir si cette lettre sera la dernière et cela, Dieu seul le sait. Si je subis un malheur quel qu’il soit, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu car la mort pour la cause de Dieu est une vie qui n’a pas de fin, et la mort pour la patrie n’est qu’un devoir. Vous avez accompli votre devoir puisque vous avez sacrifié l’être le plus cher pour vous. Ne me pleurez pas et soyez fiers de moi.

Enfin, recevez les salutations d’un fils et d’un frère qui vous a toujours aimés et que vous avez toujours aimé. Ce sont peut-être là les plus belles salutations que vous recevez de ma part, à toi ma mère et à toi mon père ainsi qu’à Nora, El Houari, Halima, El Habib, Fatma, Kheïra, Salah, Dinya et à toi, mon cher frère Abdelkader ainsi qu’à tous ceux qui partageront votre peine.

Allah est Le Plus Grand et Il est seul à être équitable.

Votre fils et frère qui vous aime de tout son cœur. Hmida (Surnom affectueux d’Ahmed Zabana.) .
"

Saluer la mémoire de Guy Môquet est nécessaire, à condition de ne pas l’inscrire dans une histoire exclusivement nationale mais dans celle du combat sans cesse renouvelé de l’humanité tout entière contre l’injustice, dans sa tension vers un avenir de dignité, d’égalité et de fraternité.
Le Quotidien d’ Oran, mardi 30 octobre 2007.
Brahim Senouci.

lundi 14 mai 2007

RESISTANCE CITOYENNE. Où Bayrou cite Aragon.

Le sens du mot résistance ici n'est pas utilisé pour opposer les Hommes dans leurs différences sociales ou politiques. Bien au contraire. Il le fut pour montrer l'exemple d'une force qui rassemble les Français et particulièrement ces trois résistants, cités dans le poème de Louis Aragon, par leurs actions héroïques pour leur pays.
L'unité dans l'altérité. Le don de soi pour les Autres, tous les Autres...

C'est à l'inverse même des valeurs de M. Sarkozy dans ses récupérations mémorielles sélectives (voir article plus bas).

Cependant, dans ce Président qui dit tout et son contraire, il se peut que dans son fort intérieur il ait bien entendu le discours de M Bayrou, à l'écoute des rumeurs de la formation de son gouvernement d'ouverture....Qui vivra verra!


..."C'est ainsi que, pour comprendre, pour reconstruire, il faut réunir. C'est exactement aujourd'hui, comme c'était dans la Résistance. Je n'emploie pas ce mot par hasard. Je pense que le pays est en danger d'épuisement, de révolte, de fracture. Dans la Résistance, je le dis aux sectaires des deux bords qui refusent que l'on puisse tendre la main par-dessus les frontières et qui nous expliquent que cette France là et l'autre France sont inconciliables, on ne refuse pas les mains qui se tendent. Dans la Résistance, si l'on se met à refuser celui qui ne pense pas exactement comme vous, alors, ce n'est plus du sectarisme, c'est de la trahison de l'intérêt national. Le pays est si menacé, si fragile, que je suis du côté de Louis Aragon dans "La Rose et le Réséda" :

"Celui qui croyait au ciel,
Celui qui n'y croyait pas,
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats,
C'est la France.
Celui qui croyait au ciel,
Celui qui n'y croyait pas,
Tous les deux adoraient la belle prisonnière des soldats.
Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas ?
Celui qui croyait au ciel ?
Celui qui n'y croyait pas ?
Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas,
Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y déroba,
celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas.
Tous les deux étaient fidèles des lèvres, du coeur, des bras,
Et tous deux disaient :
Qu'elle vive et qui vivra verra ! "...

Vous savez à qui ce poème est dédié ?
Écoutez bien, il est dédié à quatre jeunes hommes qui sont morts
fusillés.
Ce poème est dédié à Gabriel Péri, député communiste, fusillé en 1941.
Il est dédié à Honoré d'Etienne d'Orves, Action française, nationaliste, fusillé.
Il est dédié à Guy Moquet, jeune lycéen de dix-sept ans, communiste, fusillé.
Et, enfin, il est dédié à notre camarade Gilbert Dru, philosophe, étudiant
philosophe de vingt-quatre ans, chrétien, fusillé le 27 juillet 1944, place Bellecourt, à Lyon."...
http://www.bayrou.fr/evenements/download/bayrou-paris-180407.pdf

Dimanche 13 mai : Non, M. Sarkozy, les combattants des Glières ne sont pas récupérables !

Premier article de ce blog!
Cet appel de Résistants contre la récupération politique d'un grand symbole de l'Histoire de France par M. Sarkozy, que je relaie, donnera le ton de ce blog.
Vigilance citoyenne, résistance intellectuelle aux pensées uniques, respect des valeurs de notre Histoire, integrité, mais aussi alterité et unité.

Non M. Sarkozy n'a pas le monopole du patriotisme.
Cet évenment rappelle ses prédécesseurs "illustres" qui ont utilisé Jeanne d'Arc, Vercingetorix. Rassembler le peuple contre un danger extérieur ou intérieur (hier, Allemands, Juifs, immigrés et aujourd'hui chômeurs, assistés sociaux, et toujours immigrés!).
Afin de réveiller la fibre patriotique (nationaliste?).
D'un point de vue électoral, séduire la droite de la droite et utiliser le mot résistance pour "liquider" l'esprit de Mai 68.Mais pas l'esprit de Jaures ni Blum... Le jour de son élection il utilise le mot Nation, la veille aux Glières c'etait le mot Patrie. Deux concepts différents...


On est dans le tout et son contraire entre reccupération mémorielle et lutte contre la repentance (le premier déplacement de sa campagne présidentielle fut Yad Vashem, le mémorial de la Shoah, mais ses amis "philosphes" refusent de demander pardon pour le massacre de Sétif en Algérie).
Il inaugure une stèle pour les victimes de l'esclavage avec Chirac alors que la veille il ne voulait assister aux festivités du 8 Mai avec lui pour ne pas montrer une image confuse de 2 présidents réunis. Mais les mois précedants, lui et ses amis fustigaient le CRAN qui invitait les Français à un travail de mémoire sur l'Hisoire de la traite des Noirs.
Le tout et son contraire...


Haute-Savoie, le 5 mai 2007.
Des citoyens haut-savoyards soutenus par trois figures de la résistance en Haute-Savoie :
Walter Bassan déporté, résistant, rescapé de Dachau, Robert Lacroix, résistant, Constant Paisant résistant, ancien des Glières, lancent un appel à un rassemblement sur le plateau des Glières dimanche 13 mai 2007 à midi pour dire :
"Non, M. Sarkozy, les combattants des Glières ne sont pas récupérables !"
M. Sarkozy vient de réaliser une opération médiatique sur le lieu des combats de 1944, aux Glières.
Tantôt marchant absolument seul vers le monument, tantôt serré par des parlementaires de son parti et entouré de micros et caméras, il est certain que M. Sarkozy disposait d’un bon metteur en scène ce vendredi 4 mai 2007.

M. Sarkozy ne sert pas la mémoire des Glières et de la Résistance. M. Sarkozy se sert des Glières.
Nul ne lui contesterait le droit de rendre un hommage personnel et discret aux hommes tombés ici. Nul ne lui contesterait le droit de rendre un hommage public dans une fonction officielle.
Nous lui contestons le droit de récupérer un symbole historique au service de son ambition personnelle, dans une mise en scène détestable à quelques heures du scrutin. La mémoire des combattants des Glières appartient au peuple français.
Les avancées politiques issues de ces sacrifices et des combats de toutes les Forces Françaises de l’Intérieur doivent être défendues. Le programme du
Conseil National de la Résistance, unifiant les composantes combattantes a permis des avancées sociales extraordinaires à la Libération. Nous, nous y souscrivons toujours.
Nous appelons à un rassemblement digne sur le plateau des Glières, autour d’un repas tiré du sac et fraternellement partagé, dimanche 13 mai 2007 vers midi : citoyennes et citoyens sont conviés à montrer que ce sont des gens du peuple, d’origines très diverses, qui se sont dressés ici contre l’oppression. Non, aucun politique en campagne, de quelque bord qu’il soit, n’aurait dû venir entacher l’esprit du plateau.
« Le mot "Non", fermement opposé à la force, possède une puissance mystérieuse qui vient du fond des siècles. »Extrait du discours prononcé par André Malraux, le 2 septembre 1973, à l’occasion de l’inauguration du Monument de la Résistance érigé par le sculpteur Gilioli sur le Plateau des Glières.
Important :
Au nom de la dignité et du respect pour les martyrs et les rescapés des Glières, au nom des trois résistants qui soutiennent l’appel, et au nom de cette initiative citoyenne et non-partisanne, il est demandé instamment aux participants de n’arborer aucune banderole ou bannière.
De plus il n’y aura pas de prises de parole politiques : la parole sera simplement rendue aux résistants oubliés par le candidat Sarkozy, tout à sa précipitation de se montrer face aux caméras devant ce symbole qui, décidément non, ne lui appartient pas, qui n’appartient à personne, ou plutôt à tout le monde !
Montrons la force de notre NON par notre silence recueilli dans la quiétude de cet alpage, par notre attitude forçons le respect.
Ce lieu est donc un symbole...
(...)Dans l’histoire de la Résistance, le maquis des Glières représente le premier groupement réunissant des mouvements de différentes sensibilités, Armée secrète et FTP. L’unité de la Résistance s’y est caractérisée. C’est également un symbole d’une lutte antifasciste de dimension internationale. Après la dispersion du maquis, la Résistance s’est reconstituée. La Haute-Savoie sera le premier département de la métropole à être libéré, le 19 août 1944, par les seules forces de la Résistance.
Les Glières ont donc une signification nationale. (...)



Le plateau des Glières en mars 1944.
La Battaile des Glières, Alain Cerri.
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5029