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vendredi 22 janvier 2010

RAYHANA AGRESSÉE : UNE FÉMINISTE QUI DÉRANGE ?

Une comédienne d'origine algérienne Rayhana, connue pour son franc-parler et ses convictions libertaires a été agressé mardi 15 Janvier par des hommes qui lui ont jeté de l'essence et un mégot de cigarette en pleine face. lire la news sur ParisMatch.fr.

La condamnation et la médiatisation de ce fait ont été quasi confidentielles, quand on sait comment, si l'artiste avait été d'une autre religion ou culture, la victime aurait pu devenir un symbole national. Que sont devenus nos célèbres "intellectuels" aux plaintes coordonnées avec leurs sorties de leurs livres, garants de notre morale républicaine?
Moraliste à la carte, BHL ets plus en verve pour défendre son ami cinéaste pédophile. Le snobisme absolu du bobo parisien.
Ce qui m'étonne le plus c'est que les islmaophobes à la gachette facile, n'aient pas tiré à vue ni sur ces terroristes, ni en les amalgamant avec les integristes , comme à l'accoutumée, les français musulmans.
J'ai une petite idée: Rayhana nous indique aujourd'hui sur RMC dans l'emssion "La grande gueule du jour", qu'elle est opposée, toute féministe qu'elle est à une loi contre la burqa ( inutile, risque de stigmatisation de l'ensemble musulman et d'exclusion de la minorité integriste).

On peut risquer sa vie encore à Paris pour ses idées!
Rayhana, dont ses premiers partenaires de théatre ont été assassinés en Algérie se pensait être en sécurité en France.
Sa pièce, "A mon âge, je ma cache encore pour fumer" est une tragi-comédie qui rassemble neuf femmes d’âges et de conditions différentes dans un hammam à Alger, à la fin des années noires.
Très engagée, drôle et intelligente, c 'est une introspection culurelle, une critique sévère des archaïsmes sociaux au Maghreb:

Dans l’intimité de cet espace protégé de l’extérieur, les regards et les points de vue se croisent, dans le dévoilement violent, ironique, drôle et grave des silences refoulés de femmes qui se sont tues trop longtemps. Peu à peu se révèlent leurs destins particuliers, à travers des histoires qui ont marqué et modelé leur chair, dévoilant progressivement la violence politique, sociale et sexuelle d’une Algérie en proie à la corruption et à la misère. Un enfant s’apprête à venir au monde et toutes, par instinct et nécessité, se lèveront pour protéger et défendre cet être nouveau, symbole de leur foi inébranlable en l’avenir. Neuf femmes, neuf destins entre rébellion, rêve ou soumission, réunis au coeur de la matrice, le Hammam, où le combat se panse entre secrets et exaltation, pleurs et fous rires.

Pour regarder la vidéo de présentation cliquez sur le lien ci-dessous
www.visioscene.com



jeudi 21 janvier 2010

Quel Islam pour quelle République?

Ce post tente d'apporter un regard plus pragmatique et moins passionnel sur les français musulmans.
Il tente de montrer aussi comment la stigmatisation des musulmans et la manière dont on confond les integristes avec la majorité immense des modérés est une ignorance, une peur et contre productif.

Cet amalgame est même une insulte à la sécularisation de l'Islam en France, des citoyens de cette confession présents depuis déjà un siècle.

C'est un dénigrement du "Pacte Républicain", de notre laïcité et l'adhésion qu'elle sucite de la part de tous nos citoyens.
Carrés musulmans dans les cimetières, construction de mosquées, aumoniers musulmans.... Ne sont-ils pas des preuves irréfutables d'intégration à une nation, une terre, une société?
Un enracinement au sens premier?

Maurras nous disait bien définir ce qu'était un Juif, dans une citation, en comparant sa difficulté à définir le capitalisme.
L'extrème droite, et toutes les droites rassemblées ( le FN s'étant dissout dans l'UMP), n'ont toujours pas changé:
Nous voyons bien aujourd'hui qu'ils savent ce qu'est un Musulman:
Un bon musulman est un indigène totalement désintegré de ses racines cultuelles ou culturelles et qui se sont totalement dissolues dans nos coutumes. Un bon musulman, ne pratique plus, mange du porc et boit de l'alcool. Met un béret à l'endroit et non une casquette à l'envers...
Cela n'est pas notre principe de laïcité ni de République.

Les autres musulmans sont donc tous des integristes et représentent une menace potentielle pour le pays.
Le simple fait d'aller à la mosquée devenant un signe de mauvaise integration à notre "civlisation" et nuit à notre identité française...
Ce qui est aussi contraire à nos principes républicains.

Pire,
l'assimiler à l'intégriste, c est assmiler l'intégriste et le légitimer.
Le seul Islam existant, n'etant plus que celui de la burqa, des écoles et piscines séparées. Cela légitme toute approche sectaire et groupusculaire. Cet Islam integriste devenant le seul interlocuteur "musulman" face à l'Etat. Toute loi devenant alors des fatwas, decrets religieux, à son egard ou à son encontre...
Le regard exclusiviste de la droite et d'une certaine gauche ultralaïcarde, est un terreau formidable pour les salafistes. Leur audience dans nos médias croit sans cesse. Car il n'y a dans les débats sur le sujet aucune nuance ni contradiction possible entre des athés ou apostats de l'Islam et les islamistes. Caroline Fourest l'a dénoncé suite à sa confrontation télévisuelle avec Tarik Ramadan.
Civilisation de la Peur.
Mal congénital des conservateurs.

Voici la contribution très eclairante sur ce fait par Dounai Bouzar publiée par LeMonde.fr en décembre 2009:

Le débat sur la burqa est en train de donner du pouvoir principalement à deux groupes : ceux qui la prônent et ceux qui veulent éradiquer l'islam.

Ceux qui la prônent jubilent puisque le débat public est en train de valider leur justification en tant que musulmans... Au lieu de désamorcer leur autorité en les traitant comme de simples groupuscules sectaires qui instrumentalisent la religion auprès de jeunes qui ne la connaissent pas, les voilà promus comme "musulmans", et même plus, comme "musulmans fondamentalistes", comme si les fondements de l'islam consistaient à enfermer les femmes dans un drap noir ! Ceux qui veulent éradiquer l'islam jubilent puisque la preuve est ainsi faite : cette religion est définitivement archaïque.
Il existe bien un monde bipolaire avec d'un côté l'Occident, qui a inventé la modernité, et de l'autre côté le monde arabo-musulman, qui serait par essence incapable de produire la moindre lumière... De manière générale, la burqa vient renforcer toutes les représentations négatives sur l'islam... Et les musulmans dans leur entité sont pris la main dans le sac : on savait bien que votre Coran fourmillait de trucs ignobles sur les femmes ! Cela permet de glisser de la peur de l'islamisme à la peur de l'islam assumée.

Tous les démocrates se retrouvent coincés entre deux terreurs intellectuelles : celle des intégristes et celle de ceux qui invoquent le danger des intégristes, en évitant tout sens critique. Plus précisément, les démocrates de référence musulmane, pratiquants ou non, croyants ou non, ne savent plus comment se positionner. Face aux amalgames entre le port du foulard et celui d'une burqa, face à l'interdiction des minarets en Suisse, face aux multiples manifestations de rejets inimaginables, il y a encore quelques mois, comment faire pour prendre place dans ce débat sans tomber dans la diabolisation ou l'apologie de l'islam ?

La culture est contagieuse

Continuer ainsi à accuser les musulmans de France de ne pas faire partie de l'identité nationale, c'est avant tout ne pas faire confiance au système français ! Comment peut-on penser qu'un jeune qui a grandi depuis l'école maternelle avec Elisabeth qui ne croit pas en Dieu, avec David qui est juif et avec Marie qui est catholique, garde la même vision du monde que son cousin qui ne fréquente que des personnes qui lui ressemblent ? Ou pire, se sente proche d'Al-Qaida ? L'intégrisme n'est pas héréditaire. Et la culture est contagieuse. On regarde tous les mêmes films, on écoute tous la même musique.

Les musulmans n'aiment pas la France par hasard. Ils l'aiment parce que des hommes se sont battus pour la liberté, parce que certains sont morts pour la démocratie, parce des femmes ont lutté pour leurs droits... Et aussi pour la laïcité, qui permet à chacun de croire, de croire en ce qu'il veut, ou de ne pas croire. Et qui a décidé, un beau jour de 1905, que plus jamais personne ne pourrait décider qu'une vision du monde est supérieure à une autre...

Cette pensée unique qui existe encore dans bien des pays qui ne sont ni démocratiques ni laïques. C'est par fidélité à l'histoire française que les musulmans aiment la France. Et ils seraient très déçus si d'autres Français trahissaient cette histoire pour revenir au temps du roi, où il fallait être de sa religion pour être son sujet...

Douia Bouzar sur Lemonde.fr est anthropologue, chercheuse associée au cabinet d'études Cultes & Cultures Consulting, ancien membre du Conseil français du culte musulman (CFCM).

mardi 10 mars 2009

Hommage à Bruno ETIENNE, l'homme qui donne ses lettres de noblesse à "l'Islam de France".

Un des principaux intellectuels à déconstruire le choc des civilisations selon moi. Admirateur de l'Emir Abd-el Khader, Bruno Etienne est un homme accompli, pluridisciplinaire, humaniste, empêcheur de tourner en rond, mystique, homme de terrain. Sa démarche bouscule les peurs et ignorances actuelles. Elle appréhende l'Autre sans concession ni manichéisme(L'islamisme radical, 1987). Son humanisme est une lumière pour le rapprochement des rives de la Méditerranée. Ce qui en fait un résistant à la médiocrité de nos Sociétés, nos obscurantismes actuels.

Le professeur Bruno Etienne, pionnier de la recherche pluridisciplinaire sur le phénomène religieux et plus particulièrement sur la dimension politique dans l’espace euro méditerranéen, est décédé hier à l’âge de 71 ans. Il était rattaché à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, sa ville natale.

Bruno Etienne est l'un des premiers vulgarisateurs de la formule "Islam de France", soulignant le processus de "nationalisation" de la religion musulmane dans l'Hexagone. Il contribue à remettre en cause le cliché d'une religion étrangère et importée, montrant sa proximité et ses affinités avec l'histoire de France. Ses travaux convergent vers la même idée : l'islam est devenu une religion "française" et la France sera probablement appelée à être une terre de réforme musulmane.

Il insistait, par ailleurs, sur le fait que l'islam n'était qu'une des dimensions de la vie des musulmans en France. Devant ses élèves, il répétait cette phrase : "Quand on fait des enquêtes sur les musulmans de France, on en trouve davantage au PMU qu'à la mosquée !" Comme le souligne Franck Fregosi, "il n'a cessé d'affirmer l'inexistence d'une communauté musulmane entendue comme un ensemble monolithique d'individus ayant les mêmes pratiques, défendant les mêmes intérêts et mus par le souci de l'unité communautaire".

«C’est aux jeunes filles voilées que l’on doit donner les palmes académiques et non au ministre qui les a exclues!», aimait-il répéter.

«C’est un des premiers à avoir envisagé d’étudier le religieux en sciences politiques comme tel, et à avoir compris que l’islamisme radical était un produit de l’Occident, un mouvement moderne et pas le cheminement normal de la tradition islamique», rapporte Raphaël Liogier, professeur à l’IEP d’Aix

De même, il critiqua à plusieurs reprises les «dérives» de la politique étrangère de la France, notamment lors de la première guerre du Golfe (1990-1991) qui, selon lui, ignorait la complexité du monde arabe (cf. son livre: Ils ont rasé la Mésopotamie: du droit de coloniser au devoir d’ingérence, Paris, Eshel, (2000)

Au fond, ce protestant de culture, 4e dan de karaté Shito-ryu, autant attiré par le bouddhisme que par l'islam, n'aimait rien tant que l'éclectisme. C'était sa manière à lui de chérir l'humanité. Quelques mois avant sa mort, il déclarait au quotidien La Provence : "J'ai une certaine sympathie pour la connerie des hommes, leur volonté de défendre leur peau. Tout ce que l'humanité produit, même de mauvais, m'intéresse."

lire un texte disponible sur internet (publié par Actes Sud):
Islam et Liberté: une salutaire complexité.

Bruno Etienne lors de l'inauguration de la Place Emir Abd el Khader à Paris en 2006:

L’Emir Abdelkader, « un pont entre l’Orient et l’Occident et dont la guidance est plus pertinente que jamais », a relevé l’universitaire Bruno Etienne. « Un précurseur du dialogue interreligieux. Au plus fort des guerres de conquête, il établit un statut des prisonniers, cent ans avant la Convention des droits de l’homme de Genève. » Et à Damas, l’Emir organisait la protection des minorités, sauvant en 1860 plus de 12 000 chrétiens, considérant qu’il y a « une loi au-dessus des lois : la loi de l’humanité tout entière ». Et Bruno Etienne d’ajouter : « Tous ceux qui invoquent l’incompatibilité de l’Islam avec les droits de l’homme sont au mieux des ignorants », rappelant ces paroles d’Abdelkader : « Si les chrétiens et les musulmans pouvaient m’écouter, je cesserais leurs querelles. Je ferai d’eux des frères à l’intérieur et à l’extérieur. » Bruno Etienne de commenter : « En opposant l’Orient à l’Occident, l’humanité s’égare "et" c’est la méconnaissance de l’autre qui est la cause des fantasmes et des préjugés. »

Propops recueillis par Nadjia Bouzeghrane, El Watan, le 18 novembre 2006.


jeudi 21 février 2008

L'erreur d'Ayaan Hirsi Ali, par Dounia Bouzar

LE MONDE, 15.02.08.
Ayaan Hirsi Ali ne le fait certainement pas exprès, mais elle
renforce le pouvoir des terroristes en présentant l'intégrisme comme le produit de l'islam. Que la France la protège est naturel, mais que la France l'écoute serait contre-productif pour la sécurité !
Accuser ou défendre l'islam n'est plus le thème du débat. L'urgence est de combattre ce processus d'extension externe et de purification interne - puisque les premières victimes sont musulmanes. Comment affaiblir l'intégrisme ? Là est la vraie question. En le présentant comme l'application littérale de l'islam, Ayann Hirsi Ali valide la définition de l'islam des intégristes et sacralise les propos de ces illuminés.
Cette position est grave de conséquences. D'abord, cela parasite le traitement du phénomène, puisque ceux qui respectent le sacro-saint principe de liberté du culte vont nier ce phénomène et vont accepter n'importe quoi pour ne pas avoir le sentiment de devenir "islamophobes". D'autre part, accuser l'islam d'être l'essence de l'intégrisme empêche de se pencher sur les procédés d'endoctrinement. Car le discours radical existe dans toutes les religions depuis la nuit des temps. Pourquoi celui qui utilise l'islam fait-il de plus en plus autorité ? Par quels procédés arrive-t-il à métamorphoser des êtres humains en véritables machines meurtrières n'importe où et n'importe quand ?
Lorsque Ayaan Hirsi Ali prétend que la critique de l'islam combattra l'intégrisme, elle se trompe encore. Les intégristes n'ont que faire des discussions théologiques. Ce qui les intéresse, c'est de faire dire à l'islam ce qu'ils ont envie qu'il dise. Si un autre moyen leur procurait de la toute-puissance et de l'extase, ils l'utiliseraient... Dieu ne les intéresse pas. Ce qu'ils veulent, c'est prendre la place de Dieu. Aucune réforme théologique ne les ralentira. Ce qui les caractérise, ce n'est pas la connaissance religieuse, mais le degré d'aliénation mentale qui règne au sein du groupe.

Il serait temps de se pencher sur les processus d'endoctrinement. Se contenter de détruire les têtes pensantes ou d'accuser l'islam ne permet pas d'étudier les interactions entre les leaders et tous ceux qui les écoutent. Pendant longtemps, les experts ont lié l'intégrisme à la perte d'espoir social. D'autres l'expliquaient par la chute des grandes idéologies de combat. Les événements internationaux - notamment les attentats de Londres en 2005 - montrent que certains jeunes terroristes étaient ingénieurs et médecins, complètement insérés dans le milieu où ils évoluaient. La question de la perte d'espoir social, même si elle fait partie des causes, n'explique pas tout.

Le discours intégriste repose sur sa capacité à mobiliser un mouvement de masse dans un projet de régénération, d'unification et de purification. Le discours fait autorité en promettant au peuple de le transformer et de changer le sens de l'Histoire, en l'arrachant à la décadence et au déclin. (Comme en Israel, le projet sioniste de l'Eretz Israel?)

Le premier objectif du prédicateur consiste à subordonner l'individu à la communauté autour de la suprématie de l'identité religieuse. Afin de créer l'unité totale entre ses membres, l'individu ne doit plus avoir de droits en dehors des intérêts de la communauté. Il faut donc redessiner les frontières entre la sphère privée et la sphère publique, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de la première. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de l'individu. Il s'agit d'exacerber les différences avec les "autres", c'est-à-dire tous ceux qui n'adhèrent pas à la secte. Et d'exagérer les ressemblances entre "adeptes", jusqu'à provoquer l'amalgame. Parce qu'à l'intérieur du groupe, les uns ne doivent pas se distinguer des autres. Le jeune doit perdre ses contours identitaires, avoir le sentiment de percevoir exactement les mêmes émotions que ses "frères", d'être absolument le "même". Toute différence doit être anéantie ! Toutes les idéologies de ruptures reposent sur des exaltations de groupe. La fusion naît de l'illusion des adeptes d'avoir les mêmes émotions... Pour cela, il faut une seule grille de lecture du monde, ce qui optimise la communication interne puisque chacun est relié à un même mode de référence.

Les propos d'Ayaan Hirsi Ali nourrissent ce processus. Définir les "musulmans" comme une entité homogène revient à se placer sur les mêmes postulats que les discours terroristes en réduisant des individus à leur "dimension musulmane". Au contraire, les discours médiatiques et politiques doivent s'appliquer à valoriser l'hétérogénéité des parcours et des positionnements des individus à référence musulmane, les considérant ainsi comme sujets porteurs d'une histoire spécifique. La modernité consiste justement à désacraliser les propos des prédicateurs en rappelant que les interprétations religieuses sont toujours de simples compréhensions humaines. C'est ainsi que l'on pourra brouiller le système de communication des radicaux, en utilisant des registres d'expression différents.

Pour affaiblir les intégristes, la seule solution consiste à leur ôter leur justification : l'islam ! Autrement dit, il y a urgence à définir les critères qui distinguent l'intégrisme de l'islam, afin de le prendre pour ce qu'il est : un vulgaire terrorisme à éradiquer sans état d'âme.

Qu'est-ce qui est de l'ordre de la liberté de conscience et de culte (garantie, n'en déplaise à certains, par la Constitution et la loi de 1905) et qu'est-ce qui révèle un dysfonctionnement et du radicalisme ? Les repères sont clairs pour les autres religions, mais pas pour l'islam. En se trompant de diagnostic, les autorités politiques ou institutionnelles ne pourront pas être efficaces. Que cela débouche sur du laxisme ou de la diabolisation, l'amalgame avantage toujours les intégristes.

Bio de Dounia Bouzar
http://www.portail-religion.com/encyclopedie/b/Dounia_Bouzar/Dounia_Bouzar.php
"Non à l'Islam-prétexte", publié dans LeMonde en 2003
http://www.bladi.net/1219-non-a-l-islam-pretexte-par-dounia-bouzar.html

J'ai toujours pensé que le clan "Bush avait besoin du clan "ben Laden" et inversement pour exister. Chacun justifiant ses choix, son idéologie par réaction "légitime" face aux exactions de la partie adverse. L'essentialisme, les réductions, culturelles, sociales, religieuses, l'approche manichéenne entrainent la diabolisation de l'adversaire et de tout semblable à celui-ci (par exemple: les "Musulmans, les "Arabes" et le terrorisme). Pour premières conséquences, le repli sur soi, la peur de l'Autre. Autres conséquences l'acceptation d'envoi en "croisade" contre l'énemi, l'acceptation de dommages collatéraux immenses, un coût financier conséquent ainsi qu'une perte de crédibilité de notre civilisation et valeurs face au reste du monde.
En face, le même mécanisme est identique.
Ces deux "clans", ne sont-ils pas le miroir de leurs propres misères intellectuelles et declin moral? Leur incapacité à se remettre en cause, à vivre le monde d'aujourd'hui, risquer sa rencontre, parier sur l'altérité?

jeudi 14 février 2008

L’islamisation de la Turquie est loin d’être en marche

Aux Cassandres, turcophobes et/ou islamophobes, cet article de l'IRIS montre un autre regard que l'image d'un "fascislamisme" conquérant qui, après avoir conquis le pouvoir turc, déferlerait sur nos terres "blanches et chrétiennes".....
Le manichéisme, l'essentialisme, les traits de la dérive conservatrice et xénophobe de nos penseurs et élus en Occident actuellement, sont le vrai choc des civilisations.

Barah MIKAÏL par Bérénice Rocfort-Giovanni (Nouvel Obs.com, 7 février 2008)
Le Parti républicain du peuple estime qu'une levée de l'interdiction du voile à l'université est un premier pas vers un régime islamique. Sa crainte est-elle justifiée ?
Absolument pas. Il faut demeurer conscient de ce que le Parti républicain du peuple continue à surfer sur la vague qui fut la sienne avant les élections législatives de juillet 2007, à savoir accuser l’AKP d’être derrière un projet d’islamisation à tous niveaux de la Turquie qui s’inscrirait nécessairement en faux avec la notion de laïcité. Or, cet argument, à mes yeux totalement infondé, occulte une série de faits fondamentaux. D’une part, toute jeune fille turque n’est pas nécessairement porteuse du voile. Et d’autre part, si les seuls adeptes du port obligatoire du voile islamique avaient voté en faveur de l’AKP, ce parti n’aurait tout simplement pas gagné les législatives de juillet 2007. Quant à l’amendement constitutionnel relatif à cette question, il n’oblige personne à endosser le voile ; il permet tout simplement à celles qui le veulent de le faire au sein des universités. En déduire une imposition de la charia à l’ensemble du pays revient ainsi, ni plus ni moins, à faire un procès d’intention à l’AKP.

Quelle a été la réaction de l'armée après le vote du Parlement ? Quel poids a le camp des laïcs dans le pays ?
L’armée a fait preuve, pour l’heure, d’une assez grande discrétion, qui ne fait d’ailleurs que confirmer l’attitude discrète à laquelle elle s’était tenue ces derniers jours. Ainsi, si Yasser Buyukanit, le chef des armées, a suggéré à demi-mots son opposition à cet amendement, il s’est néanmoins borné à rappeler qu’il n’avait pas de commentaires à faire en la matière. Cela reste dans le droit fil de la conjoncture positive qui s’est installée entre l’armée et l’AKP depuis les élections de juillet 2007, et plus manifestement encore ces dernières semaines. L’AKP a, de son côté, la force des urnes, et il a d’ailleurs laissé toute latitude à l’armée pour développer la stratégie qu’elle estime être adéquate concernant le Kurdistan irakien, ce dont celle-ci lui sait apparemment gré aujourd’hui. Mais il ne faut pas se laisser tromper par l’argument pour autant : les cadres de l’armée turque sont profondément hostiles à cet amendement, et certains politiques attachés au rôle de cette institution ne manquent pas pour leur part de le faire entendre.
Quant au poids des laïcs dans le pays, il est tout simplement majoritaire, et c’est là que l’on a tout à fait tort de vouloir considérer que les seuls adeptes de cet amendement sont – ou seraient – des religieux et/ou des conservateurs. Certes, le Parti républicain du peuple (CHP) fait valoir son attachement à l’héritage de Moustafa Kemal Ataturk, et partant à une forme de laïcité qui prônerait notamment l’interdiction du port du voile, à tout le moins dans les administrations publiques. Mais cela reviendrait à considérer, par exemple, que le Parti d’action nationaliste (MHP), qui a soutenu cet amendement, serait pour sa part composé de religieux convaincus de la nécessaire application de la Charia. C’est là oublier pourtant l’attachement à la laïcité que le MHP a prôné dès sa création, ce qui ne l’empêche pas pour autant de pouvoir composer avec des tenants du respect des pratiques religieuses tant que cela ne se fait pas par la coercition.

La levée de l'interdiction à l'université risque-t-elle d'accentuer la pression sur les filles pour qu'elles se voilent ?
Il convient d’en douter. Pour ce, il faudrait en effet que l’AKP fasse du port du voile la condition sine qua non pour l’obtention de certains postes précis ou l’obtention de promotions diverses. Si cela venait à se vérifier, on assisterait sans doute à une forme de révolution en Turquie, et soit à une chute de l’AKP, soit à sa sanction lors des prochaines législatives. Le tout sans oublier que l’armée turque elle-même pourrait dès lors trouver matière à faire valoir ses conceptions. L’islamisation de la Turquie est donc loin d’être en marche, et même si certaines exceptions prévaudront forcément à tel ou tel autre endroit, dans la globalité, c’est le respect du choix fait par les unes et les autres qui aura le plus de chances de prévaloir. La laïcité est en effet loin d’être incompatible avec le port du voile dès lors que des personnes le portent avec conviction. Ca semble antithétique vu de l’Occident ; mais c’est tout simplement conforme à la logique des choses vu des pays musulmans en général.


vendredi 7 septembre 2007

Maroc/Legislatives, j'aurai voté Latifa Jbabdi de l'USFP!

Les Socialistes au Maroc (USFP), défendent un programme pour plus de démocratie, de liberté et défendent les droits, notamment, ceux des femmes, ainsi que la laïcité.
Ils pourront etre un rempart face au PJD des islamistes et un atout pour accélérer l'ouverture et le développement culturel,social et économique du Maroc.


http://www.telquel-online.com/166/sujet1.shtml
http://www.bladi.net/14153-latifa-jbabdi.html
http://www.bladi.net/6191-latifa-jbabdi-honoree-a-washington.html
le Journal de gauche au Maroc
http://www.alittihad.press.ma/def.asp?codelangue=6&po=2


Ci-joint, une analyse de la situation sociale et politique du Maroc, qui est à un tornant de son histoire,du journal LETEMPS.CH, paru hier.

(...)Quand M6 est monté sur le trône, plus maigre alors, se présentant comme «le roi des pauvres», il a fait de la chute de Basri le symbole du changement. Une Instance d'équité et de réconciliation a été créée pour permettre à ceux qui avaient été maltraités de se plaindre et de demander des comptes. Les partis politiques, qu'Hassan II tenait dans sa poigne, les créant et les écartant selon son bon vouloir, ont gagné un peu d'autonomie, et ils sont au gouvernement dans une touchante alliance, des ex-communistes donc, à l'Istiqlal, le vieux parti conservateur de l'indépendance. Des réformes ont été esquissées, lancées, parfois mises en œuvre. Le produit intérieur brut est encore insuffisant, mais il est monté l'an passé à 7% grâce à de bonnes pluies, et la croissance démographique se stabilise à un niveau presque européen.

Puis le roi a pris du poids. Le règne des pauvres? C'est un souvenir. Mohammed VI n'a sacrifié aucun de ses palais, les fastes et les voyages de la cour sont ce qu'ils étaient sous le père. L'attachement des Marocains à la dynastie alaouite est cependant assez fort pour que l'image du roi ne souffre pas trop des promesses non tenues. «Un roi a droit à ces richesses, dit Younes Naoumi. On ne les conteste pas à un président, ni au directeur d'une grande entreprise. Alors, à notre commandeur des croyants...» Younes aurait pourtant des raisons d'être amer. Fils de cheminots, il vit toujours à Casablanca dans la rude cité des ouvriers du train. A la fin de ses études, il a eu de la peine à trouver un emploi. Et maintenant, il anime un groupe de volontaires dans son quartier pour inciter les Marocains de son âge à s'inscrire sur les listes électorales et à prendre leur vie en main. M6 ne peut qu'être reconnaissant.

Pourtant, le Maroc gronde et craque. Le bilan que le gouvernement a fait dresser l'an passé d'un demi-siècle d'indépendance n'est pas une lecture rassurante. La pauvreté, l'analphabétisme n'ont pas suffisamment reculé. Le chiffre officiel du chômage fait rire les Marocains eux-mêmes. La corruption mesurée par Transparency International s'aggrave alors que Rabat prétend la combattre. Et dans ce royaume qui dit remonter jusqu'au divin, la contestation, de plus en plus, prend la couleur de l'islam, et dans une exubérance qu'on ne voit nulle part ailleurs.

Sidi Moumen. C'est de là qu'est partie la pire violence. Casablanca compte des dizaines de bidonvilles, et c'est dans une cahute de celui-ci, loin dans le sud-est de la métropole portuaire, que les auteurs des attentats suicides du 16 mai 2003 avaient préparé les cinq raids simultanés qui ont tué quarante-cinq personnes dans la ville.
(...)Dans des conditions nationales très différentes ressurgit pour les Européens, à l'autre extrémité de la Méditerranée, la problématique turque: quel accueil faire aux partis d'inspiration musulmane qui font le choix de l'ouverture. Pour le Maroc, l'exclusion du pouvoir du parti islamiste est un pari sans doute plus dangereux que son intégration: si la porte se ferme, les radicaux avanceront. Ils demanderont violemment que le roi perde du gras, lâche du pouvoir.


http://www.letemps.ch/template/opinions.asp?page=6&contenuPage=&article=214183&quickbar=