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lundi 25 juillet 2011

Dénoncer le terrorisme islamophobe

"Les gens doivent savoir ce que les merveilleuses doctrines multiculturalistes ont fait à l'Europe : la destruction systématique de la chrétienté européenne, des traditions, de la culture, de l'identité nationale, et de la souveraineté. Ces mécanismes politiques n'ont pu conduire qu'à l'islamisation de l'Europe"
Anders Behring Breivik, Oslo, 93 morts.

Ce carnage, appelle à des reflexions profondes. je met en copie celles-ci, trouvé sur le site de Médiapart, (ecrit par Y.M & A.V sont militants du MRAP et animent le site Differences-larevue)

- cet acte montre le danger que représentent l’extrême droite et la banalisation d’un discours islamophobe qui gangrène les sociétés européennes et qui facilite des passages à l’acte aussi monstrueux,

- il montre en clair le défaut de surveillance exercé sur des groupes d’extrême droite et autres officines néo-nazies et islamophobes de la part des autorités obnubilées par la mouvance de l’islamisme radical,

- il contredit tout le discours sécuritaire et la doctrine de lutte antiterroriste mise en place après les attentats du 11-Septembre et qui ciblent de façon quasi exclusive les groupes islamistes,

- Enfin, il rappelle que le terrorisme représente également une tradition des groupes d’extrême droite.

Cet acte ne peut être considéré comme celui d’un déséquilibré. Au contraire, il doit interpeller nos responsables pour qu’ils exercent une surveillance accrue des groupes d’extrême droite et la mouvance identitaire, d’autant plus qu’à l’approche de l’élection présidentielle, les événements d’Oslo risquent de trouver en France des émules passant à l’acte de façon individuelle ou par petits groupes d’autant plus dangereux qu’ils fonctionnent en vase clos.

En ce sens, il est grand temps que le gouvernement français réagisse plus vigoureusement contre les discours développés par les groupes d’extrême droite sur la Toile. Il est grand temps que le gouvernement prenne conscience des dangers que comporte le discours islamophobe et qu’il interdise des meetings semblables aux Assises contre l’islamisation de l’Europe tenues à Paris en décembre dernier .


dimanche 24 juillet 2011

Oslo, ou Le prix à payer des idées totalitaires d'extrème droite

"Dès que les hommes décrètent que tous les moyens sont bons pour lutter contre le mal, leur notion du bien se confond avec le mal qu'ils cherchent à détruire"
Christopher Dawson

Christopher Dawson (1889-1970) était un sociologue britannique qui écrivit plusieurs livres sur l'histoire culturelle et le christianisme. Il était considéré comme "le plus grand historien catholique de langue anglaise du XXe siècle"

Cette citation fait écho à la pensée d'Anna Arendt sur les totalitarismes (voir plus loin dans ce blog).
Selon les polices européennes, la menace terroriste d'extrème droite n'avait pas augmentée (voir le Nouvel Obs du 27/07/2011 ). Erreur fatale d'analyse : "Les yeux braqués sur Al-Qaïda, les renseignements européens ont fait passer les radicaux au second plan. Tout en notant un activisme bien vivant" nous y ecrit Laura Thouny. Ce constat accablant est repris aussi dans une tribune de Mediapart.

Le terroriste norvégien fonda son action sur des opinions que nous trouvons aisément sur les réseaux internet comme les "blocs identitaires" sur lesquels une partie de l'opinion va s'informer, qui buzzent et obtiennent une très bonne couverture média (voir les "apéros saucissons-pinard"). En augmentation selon un rapport publié par le monde cet été (voir la cartographie de Linkfluence). Internet est une des stratégies de communication du Front National, notamment par sa présence sur Facebook.
Islamophobie, xénophobie, ethnicisme, choc des civilisations, nationalismes révolutionnaires, catholiques intégristes, toutes ces idéologies y sont présentes (voir sur lemonde.fr, famille par famille un référencement de ces sites).

Cet attentat justifie, modestement, l'existence de ce blog, qui depuis 2007, est un outil de réflexion contre cette idéologie nihiliste et destructrice de notre "Civilisation". Et particulièrement, il tente de déconstruire le mécanisme intellectuel pervers d'appropriation des valeurs chrétiennes, laïques, grecquo-romaines ou celtiques, entre autres,  de ces courants de pensées. Aussi, il tente de rectifier des idées fausses sur l'Islam, un des grands boucs émissaires supposés des maux de notre Société.
Enfin, il cherche à atténuer cette peur de l'Autre, l'Etranger, l'Inconnu.
Transformer l'idée du Choc des Civilisation en Rendez vous des Civilisations.
Car après tout, l'Histoire est le fruit du choix que nous faisons chacun d'entre nous.


mardi 27 avril 2010

Le passeport magique du 11 Septembre!



Regardez bien! Ce passeport résiste au crash d'un avion sur une tour, au kerosène en fusion, et tombe miraculeusement en parfait état dans la main d'un passant anonyme...qui le remet en main propre à un agent du FBI avant que les tours ne s'effondrent...Cet agent, n'ayant relevé l'identité du passant.
No comment!
Je rapelle que les familles des victimes du 11 Septembre, ne sont pas satisfaites du peu de documents révélés par la justice américaine.

Je rappelle qu'ils souhaitent réouvrir l'enquète.  Pouvoir aussi faire le deuil. Ils n'ont accès à aucun souvenirs matériels. ceux ci ont été mis dans une décharge interdite car contaminé. Des parents fouillent néamoins cette colline dont ils ont retrouvé des restes humains de victimes!Odieux et indécent!
Je rapelle aussi qu'il y a eu très peu d'indemnisation des victimes, très peu d'inculpations et encore moins de condamnations des auteurs-inspirateurs présumés. je rapelle que selon le FBI , Ben Landen , n'est pas recherché pour les attentats du WTC ("Usama Bin Laden is wanted in connection with the August 7, 1998, bombings of the United States Embassies in Dar es Salaam, Tanzania, and Nairobi, Kenya. These attacks killed over 200 people. In addition, Bin Laden is a suspect in other terrorist attacks throughout the world").
Ce post n'a pas pour but d'accréditer des pseudos théories conspirationnistes du type "judéo-impérialistes" obscures. Celles ci- ayant souvent pour but:
1) de détourner l'opinion publique des vraies questions, douloureuses parfois.
2) de le troubler et d'inverser les responsabilités soit des terroristes, soit des forces régaliennes occidentales.
(si les théories étaient avérées, l'Etat serait donc "pourri "et il y aurait risque de disculper les mouvements terroristes. Et si les théories étaient infondé, et que les faits constatés étaient biens réels , avec comme responsabilité Al Qaeda, alors l'Etat américain aurait eut finalement bien raison d'intervenir en AfPac et Irak)...
Je souhait sortir de cette vision un peu manichéenne.

Et si la vérité etait un peu plus complexe?
Quelques hypothèses sans affirmer les thèses conspirationnistes habituelles:
En préambule, nous pouvons rappeler que la section de  désinformation/propagande, est un section présente et aussi importante que les autres sections dans tous les services de renseignement  du monde.

- Et si ce que nous avons vu avait pu être évité?
Afin de masquer l'echec et l'incompétence des services, il fallait grossir cet attentat, le rendre tellement machiavélique que meme hyper-préparés, aucun service compétent n'aurait pu le contrer.
Grossir l'évenement afin de détourner l'opinion des vrais problèmes, de l'echec de la prévention des services de sécurité.

-Et si ce que nous avons vu n'etait rien auprès de ce qui s'est passé? Les opérations terroristes du 11 Septembre 2001, seraient soit plus complexes soit plus simples ou plus terribles que ce qu'on nous a montré?

1)Un acte terroriste intérieur ( forces paramilitaires fascistes, actes isolé de psychopathe). Les plus gros actes terroristes aux USA le furent par ces groupes américains. Je rapelle que les attaques à l'Anthrax restent sans suite. La poudre venait d'arsenaux militaires US. Al Qaeda n'en serait pas responsable officiellement.
Objectif: externaliser le Mal pour en tirer un bénéfice géopolitique. Utiliser l'alibi ultime, manquant au gouvernement pour justifier une opération militaire extérieure.

2Une préparation encore plus machiavélique d'Al Qaeda. Par exemple: l'effondrement des tours par des explosifs cachés entre les étages (dixit les vidéos sur le site Reopen911), l'aurait été par ces terroristes. D'autres cellules non décelées auraient préparé plus en amont la destruction du site, tout comme l'effondrement mysterieux du batiment WTC n°7).
D'où l'hypothèse de ne pas le révéler au public afin de limiter la psychose.
Objectif: Mentir à l'opinion afin d'indiquer que malgré la terrible journée tout est dorénavant"under control".

3) Al Qaeda aurait bénéficié de soutiens de forces etrangères. (Courant Septembre 2001, nous apprenions que différents services secrets occidentaux enseignaient le détournement d'avion à leurs hommes...).Soutien au minimum logistique (hébergement par une cellule de l'ISI pakistanaise infiltrée par des sympathisans d'Al Qaeda, ou aide financières de princes saoudiens fanatisés...).
Dénoncer ouvertement l'Arabie Saoudite, et l'occuper militairement.. impossible! Et Pourtant... La plupart des terroristes étaient saoudiens et non irakiens ou afghans.
Objectif: Ne pas révéler de terribles informations pour ne pas bousculer l'ordre géopolitique et économiqeu mondial. Ne pas se froisser avec ses alliés (qui détiennent nos reserves énergétiques).

Ce ne sont que des hypothèses non totalement infondées. Quelques hypothèses dont la suite des évènements, 10 ans après, nous laissent perplexes sur les liens origines-causes-conséquences, couts et bénéfices des actions menées de part le monde par la diplomatie et l'armée américaine et l'Otan.

Revenons à l"exemple du jour plus précisément:
Dès le jour de l'attentat des WTC, une invraisemblable accumulation de résidus miraculeux et à charge fut apportée et laisse perplexe. Le cas du passeport de Satam Al-Suqami retrouvé au pied du World Trade Center est particulièrement emblématique.
Selon le récit officiel, ce document a traversé le crash sans être endommagé pour être ensuite retrouvé par "un passant non identifié" qui a eu la présence d'esprit de le donner à un enquêteur du FBI, tout ceci avant que les tours ne s'écroulent (NATIONAL COMMISSION ON TERRORIST ATTACKS UPON THE UNITED STATES, audience du 26/01/04), soit entre 8h46 et 9h59, malgré la panique qui régnait et la présence de milliers de papiers dans les rues !

Un bel article du Guardian.uk paru en 2OO1 pour étayer:Uncle Sam's lucky finds
On Sunday night the United States prepared for fresh strikes against new pockets of al-Qaida and Taliban fighters in Afghanistan. At almost exactly the same time, American intelligence revealed that they had uncovered an increase in money being transferred between groups of al-Qaida fighters. According to my reckoning, this is the 14th handy thing that American intelligence has discovered since September 11. Think back over the past six months and it becomes ineluctable: never in the history of modern warfare has so much been found so opportunely.
It started the day after the attacks on the twin towers, with the discovery of a flight manual in Arabic and a copy of the Koran in a car hired by Mohammed Atta and abandoned at Boston airport. In the immediate shocked aftermath of the attacks, these findings were somehow reassuring: American intelligence was on the case, the perpetrators were no longer faceless.

In less than a week came another find, two blocks away from the twin towers, in the shape of Atta's passport. We had all seen the blizzard of paper rain down from the towers, but the idea that Atta's passport had escaped from that inferno unsinged would have tested the credulity of the staunchest supporter of the FBI's crackdown on terrorism.
(...)
All these discoveries can't obscure four things that American intelligence agencies have notably failed to find.

First, even with a bloated expenditure exceeding Russia's total defence budget, they never managed to find out about September 11 before the event. Rhodri Jeffreys-Jones's new book, Cloak and Dagger: A History of American Secret Intelligence (Yale), shows how, almost since their 19th-century inception, American intelligence bureaux have invented or exaggerated a succession of menaces to defend their spiralling budgets and demonstrate their own usefulness while failing to tackle effectively other, more substantial threats.
Second, despite a reward of $2.5m offered at the end of January, the FBI still hasn't discovered those responsible for last year's anthrax attacks.
Third, American intelligence, tragically, didn't find Daniel Pearl, the US journalist kidnapped and murdered in Pakistan.
Fourth - and most spectacular - despite having highly sophisticated satellite tracking equipment, and offering a reward of $25m for information leading directly to his apprehension or conviction, they still haven't found Bin Laden.
Is this one reason why the US is talking about an attack on Iraq - a flexing of the military biceps to distract from flabby intelligence? Whatever the case, to find one training manual might be regarded as a stroke of luck. To find a shelf-full looks like desperation.

lundi 26 avril 2010

le Mythe utile d'Al Qaeda,par Alain Chouet, DGSE


aperçu

Comment avons nous fait rayonner le mythe Al Quaeda....

Rien n'aura été fait depuis 10 ans pour lutter contre le substrat idéologique et financier de cette "nébuleuse".
L'Occident frappe militairement sans grand discernement un peu partout. Ce qui genere l'aversion croissante des populations...
Des centaines de milliards de dollars dépensés.. A quelles fins réelles????

lundi 30 novembre 2009

Les USA protègent-ils Ben Laden?

Un rapport du Sénat US qui sort ce matin dont des extraits sont publié dans le NY Times accable l'administration Bush quand en déc 2001 les troupes ont demandé du renfort qu'a refusé la maison blanche, au moment où ceux ci avaient logé ben Laden. Il s'est echappé, et on en paie encore les conséquences:
"“Removing the Al Qaeda leader from the battlefield eight years ago would not have eliminated the worldwide extremist threat,” the committee’s report concludes. “But the decisions that opened the door for his escape to Pakistan allowed bin Laden to emerge as a potent symbolic figure who continues to attract a steady flow of money and inspire fanatics worldwide.”
On savait deja que les forces spéciales francaises du COS avaient ciblé le chef terroriste et que le commandement de l'Afpac a laissé ben laden se sauver par 2 fois!!!

Le rapporteur John Kerry n'est pas tendre dans son introduction:

"DEAR COLLEAGUE: This report by the Committee majority staff is part of our continuing examination of the conflict in Afghanistan. When we went to war less than a month after the attacks of September 11, the objective was to destroy Al Qaeda and kill or capture its leader, Osama bin Laden, and other senior figures in the terrorist group and the Taliban, which had hosted them. Today, more than eight years later, we find ourselves fighting an increas-
ingly lethal insurgency in Afghanistan and neighboring Pakistan that is led by many of those same extremists. Our inability to finish the job in late 2001 has contributed to a conflict today that endangers not just our troops and those of our allies, but the stability of a volatile and vital region. This report relies on new and existing information to explore the consequences of the failure to eliminate bin Laden and other extremist leaders in the hope that we can
learn from the mistakes of the past."

Je ne comprend décidément pas cette administration Bush.
Besoin de boucs émissaires pour légitimer une présence constante sur le temps... mais à quelles fins alors?
Au nom des victimes passées et peut-etre futures cette position n'est pas acceptable moralement ni même militairement ou politiquemet de la part de nos nations et nos responsables.

En apparté, ce week-end, j'ai entendu l'infatigable lutteur anti-terrorise et anti-islamiste Mohamed Sifaoui (lsur a chaine du Sénat) nous dire qu'il comprenait pourquoi la Maison blanche préferait le voir en liberté:
" il est plus rassurant de garder ben laden , car c est un énemi que l'on connait tres bien. Si on le tue, il sera remplacé par un inconnu dont on ne saurait rien".
La citation n'est pas au mot près,désolé, mais c'est l'idée.
J'en suis tombé des nues!
Alors, comme ça, pourquoi arreter les terroristes du monde? tant qu 'on les connait!!
Je lui ai proposé sur sa page un droit de réponse.

mercredi 4 novembre 2009

Negocier avec les Talibans?

Edito de Pierre Rousselin du Figaro.fr de ce jour:

(...)Depuis plus d'un mois, Barack Obama hésite et consulte. Pourtant, octobre sera le mois le plus meurtrier pour les États-Unis, tandis que les talibans multiplient les attentats en plein Kaboul.

Son vice-président, Joe Biden, l'incite à refuser les troupes demandées, au profit d'un effort accru contre al-Qaida au Pakistan. L'idée fait son chemin d'un moyen terme : les alliés se concentreraient sur la défense d'une dizaine de villes et laisseraient aux talibans le contrôle d'une partie du territoire afghan.

Huit ans après le début du conflit, la guerre continue d'être menée dans un vide stratégique, sans que l'on sache très bien quel est le but recherché. Pas étonnant que les opinions publiques soient sceptiques. S'il veut éviter la sanction des urnes aux élections de mi-mandat, il serait temps qu'Obama se décide.


Que fera sarkozy? changer pour la 3ieme fois d'avis depuis la campagne présientielle?
Ou s aligner sur la doctrine Bush fils, obsolète comme il le fait à l'égard de l'Iran?
C est une vieille tradition en France d'avoir une guerre de retard... (Indochine, Algérie, Mur de Berlin...)
Le moins qu on puisse dire, c est qu'il aura été incompétant sur ce dossier géopolitique.

lundi 19 octobre 2009

On prend les même et on recommence?

Attentat meurtrier contre les Gardiens de la révolution
Deux généraux dirigeant le bras armé et idéologique du régime figurent parmi la trentaine de victimes d’un attentat-suicide commis dans le sud-est du pays. Dernier épisode d’une guerre violente qui dure depuis près de dix ans
(...)Joundallah, qui se fait aussi appeler «Mouvement de résistance populaire d’Iran», est né au début de la décennie. Son chef affirmait en 2008 disposer de 2000 hommes; on le crédite plutôt d’un millier de militants. Il s’attaque de préférence à des cibles très en vue. Ses méthodes brutales (décapitations filmées) évoquent celles d’Al-Qaida auquel il est lié, selon certains experts, tandis que la prise d’otages et la collaboration étroite avec les narco-trafiquants le rapprochent des talibans.
(la version du site Lemonde.fr:". Pour certains experts, cités par la BBC et le Huffington Post, il est peu probable que les Joundallahs soient liés à Al-Qaida, mais plutôt qu'il bénéficie d'un soutien logistique du côté du Baloutchistan pakistanais et qu'il soit lié au trafic de drogue, important dans la région).

Quant aux liens entre Joundallah et les Etats-Unis et son allié pakistanais, ils ont été évoqués en 2007 par la chaîne ABC et démentis par les autorités pakistanaises. Le journaliste Dan Rather a enquêté pour sa part sur les sources de financement du groupe, qui remonteraient notamment à la Suède, où se trouve une radio baloutche.
L'Iran bousculé de l'intérieur.
Selon la chaîne de télévision Al-Jazira, rien ne permet de penser, dans l'immédiat, que cette attaque a un lien quelconque avec le mouvement de contestation de l'élection présidentielle. "Les enlèvements, explosions, et affrontements entre les Joundollahs et l'armée sont monnaie courante dans la province", raconte la correspondante de la chaîne qatarie. "Mais il faut souligner que cet attentat a frappé une rencontre très importante avec des hauts dirigeants des Gardiens de la révolution", souligne-t-elle.

Interrogé par le New York Times, le chercheur égyptien Mustapha El-Labbad, a estimé qu'il pouvait s'agir à la fois d'un enjeu religieux et d'en enjeu ethnique, aussi bien "des Baloutches contre les Perses que des sunnites contre les chiites". Cet attentat a eu lieu à la frontière avec le Pakistan, souligne le chercheur, pour qui "le mélange est explosif".

jeudi 19 février 2009

Israël Army: War crime charges over Gaza offensive are "LEGAL TERROR"!

Publié dans Haaretz le 19/02/09
By Tomer Zarchin
Tags: Gaza, War Crime, Israel News

War crimes charges brought abroad against Israeli soldiers and officers involved in Operation Cast Lead are nothing but "legal terrorism," Col. Liron Liebman, who heads the military prosecution's international law department, said Wednesday. (...)
Liebman said: "The objective is to cause damage to morale, more than legal damage."
(...)
Indeed, international law expert Yoram Dinstein said at a conference at the Institute for National Security Studies in Tel Aviv late last month that a ratio of three or four civilian deaths per combatant death was the norm in most wars.

Le terrorisme légal!
Bruler à mort des enfants au phosphore blanc, bombarder en connaissance des bâtiments de l'Onu bourrés de civils réfugiés, détruire systématiquement (même encore cette semaine, en dépit du couvre feu) toutes les infrastructures sanitaires, hydroliques...

Enfermer pendant près de 18 mois, 1 500 000 habitants et les couper de nourriture, eau, essence, matériaux de construction (même en PVC), etc...

L'aveu de cet officier de "Tsahal" est édifiant! Il devrait, rêvons un peu, faciliter le travail d'enquètes et de poursuites judiciaires reclamées par Ban ki-Moon. La Charte des Nations Unies et la Convention de Genève, possèdent un arsenal juridique suffisant pour juger et condamner les responsables militaires et politiques concernés.
En voici les principaux articles qui détermineront les actes d'accusation:


(...)Il faut commencer par rappeler que l’article 2 § 4 de la Charte des Nations Unies interdit de manière absolue, sauf exception, la menace de l’utilisation de la force armée ainsi que l’utilisation de la force armée (...)
Le droit international ne prévoit, en effet, que deux cas de recours licite à la force armée :

a. les mesures de coercition armées décidées par le Conseil de sécurité sur la base de l’article 42 de la Charte des Nations Unies en cas de menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d’un acte
d’agression (chapitre VII de la charte) ;
b. la légitime défense sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations Unies. Cet article reconnaît à tous les Etats le droit inhérent d’utiliser la force armée dans le cas où ils seraient l'objet d'une agression armée.

La lecture et l’interprétation de l’article 2 § 4 de la Charte des Nations Unies doit être faite à la lumière de l'obligation de régler par des moyens pacifiques les différends, tel que le dispose l’article33.
L’obligation de rechercher par tous les moyens un règlement pacifique des différends fait partie du droit coutumier et est en relation étroite avec l’interdiction – d’une très large portée- de
l’utilisation de la force dans les relations internationales.

D’ailleurs, au mépris de l’article 51 de la Charte de l’ONU, Israël n’a pas même informé le Conseil de Sécurité, et a fait fi des demandes de ce dernier.

(...)Dans le cas des actes de guerre d’Israël, la notion de légitime défense n’est pas applicable. La rédaction de l'article 2 § 4 est sans ambiguïté sur le contenu et la portée de l’interdiction de la menace et de l’utilisation de la force armée : « Les Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies ».(...)

(...)Rappelons aussi le principe inaliénable du peuple palestinien à disposer du droit des peuples disposer d’eux mêmes consacré par la Charte des Nations Unies et réaffirmé par la résolution 2625 (XXV) de l’Assemblée générale. Selon cette résolution –faisant partie du droit coutumier-, « tout État a le devoir de s’abstenir de recourir à toute mesure de coercition qui priverait de leur droit à l’autodétermination … les peuples mentionnés…».

(...)Faut il aussi rappeler que, selon le droit international, les Palestiniens ont le droit légitime de résister à la domination coloniale, à l’occupation et aux forces occupantes. L’État d’Israël
commettant les pires violations du droit international et ne respectant ni les Conventions de Genève ni les autres règles découlant des conventions tels que les deux pactes de 1966, dès lors, les actes de
résistance sont des actes licites et légitimes.

(...)Il est opportun de rappeler, avec force, à l’État d’Israël et aux pays occidentaux qui cautionnent la politique d’apartheid et de domination coloniale du peuple palestinien que la Résolution 1514 de l’Assemblée générale- affirme que «…la sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération internationales…».

Le gouvernement israëlien craint, à juste titre, pour ses ressortissants incriminés que l'affaire soit portée au Tribunal Pénal Internationnal de La Haye.

(...)Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a déclaré que le ministre de la Justice Daniel Friedmann devait coordonner la défense de tout soldat ou commandant accusé d'un crime de guerre. Dans tous les cas, les États-Unis poseront leur véto à tout effort du Conseil de sécurité pour déférer les Israéliens devant la Cour internationale de La Haye.
Mais, comme le Financial Times le souligne, "tous les pays ont l'obligation de rechercher les personnes accusées de«graves» violations des règles de la guerre et de les juger ou de les extrader vers un pays qui veut les juger".
Ce fut sur cette base que la police britannique a arrêté dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998.
"Nous sommes à un changement gigantesque dans le droit international" a déclaré au Financial Times un conseiller juridique d'Amnesty International, Christopher Hall, qui affirme que le ministère israélien des Affaires étrangères est actuellement en train d'examiner les risques pour les Israéliens qui voyagent à l'étranger.
Source : http://www.fpif.org/fpiftxt/5862
Traduction : MG pour ISM







lundi 4 août 2008

Anthrax, la poudre à aveugler les peuples!

Le scénario fou de l'enquête sur l'anthrax
ETATS-UNIS. Un suspect suicidé, un autre fait millionnaire. Les attaques de 2001 se perdent dans le labo des Dr Folamour du bioterrorisme. par Alain Campiotti (Letemps.ch)
Même Hollywood n'en voudrait pas: trop invraisemblable. Le FBI va refermer cette semaine son enquête fleuve sur la série d'attaques à l'anthrax qui avaient paniqué les Etats-Unis en octobre 2001, et c'est un scénario fou. Mardi dernier, les agents fédéraux avaient rendez-vous avec Bruce Ivins, microbiologiste au laboratoire militaire de Fort Detrick, au nord de Washington. Ils voulaient lui proposer un marché, un plea bargain à l'américaine: s'il avouait les crimes de 2001, sa vie serait épargnée. Mais Ivins est mort le matin même d'avoir avalé l'avant-veille une dose massive d'acétaminophène. C'était le second coupable. Le premier, Steven Hatfill, un collègue de Bruce Ivins dont la vie a été détruite par les soupçons, a reçu en juin 5,8millions de dollars et des excuses fédérales.(...)

Cette affaire dont voici un article de l'époque, a été un des éléments de la communication afin de préparer les peuples occidentaux à la guerre 'pour le Bien et contre le Mal", pour la "Civilisation". Rendre la guerre juste pour nous protégér (guerre "préventive") et eclairer de notre civilisation les peuples opprimés par leurs cultures, religions elles-memes (sauver les femmes du voile, du joug des hommes et de l'islam, par exemple)....

Juste pour équillibrer, voici la note oringale de l'ONU où Powell explique la menace irakienne et terorriste et ici, un résumé de son exposé .
Puis de ses "regrets" sans explications ni excuses aux peuples occupés et tués....
Mais ses regrets sont symboliquements immenses! En effet, ils ne sont pas l'oeuvre d'un anti-américain "primaire".

Alors qu'en penser?
A l'heure des élections américaines, des projets de redéploiement des troupes US, Noam Comsky propose une explication ainsi qu'une solution.
A une occupation et l'anéantissement d'un pays pour principalement, une raison énergétique, il faudra avoir le courage d'ouvrir un procès de type Nuremberg ("Why don't we apply the Nuremberg principles to ourselves?").
Pour que les mots, valeur, civilisation, justice, verité, sonnent juste à nos lèvres.
Extrait:
Another taboo topic is public opinion in Iraq, which is something that you have studied a lot in terms of polling results. [The unpopularity of the U.S. and its troops reached 90 percent in 2004 among Iraqis, as Chomsky notes in Failed States]. Why are these taboo topics?
What we should ask is, should Bush, Cheney, Rumsfeld, and Wolfowitz be put on trial for war crimes?
Why not? The Iraqis seem to think so. The Iraqis believe that the U.S. is responsible for the sectarian violence and atrocities, and that it should get out. That means that the Iraqis are following the principles of the Nuremberg judgment.
We hanged Nazis as war criminals on the basis of their aggression. Aggression is called the “supreme international crime,” encompassing all that follows. Therefore, why don’t we apply the Nuremberg principles to ourselves? The question is so deeply hidden that it would be incomprehensible to the educated classes [in America].

To answer your question: George Orwell gave the basic explanation in the unpublished introduction to Animal Farm that was found in his papers after his death. He writes that the book satirizes totalitarian societies, but that his readers should recognize that in free England, unpopular ideas can be suppressed without the use of force. That results in part from the fact that the press is owned by wealthy men who have every reason not to want certain ideas to be expressed. And in part because if you’re well educated, you have instilled in you an unquestioning acceptance of the words of the powerful. Oversimplified, but essentially accurate.

dimanche 3 août 2008

Les Ouïgours de Chine, ethnie présumée terroriste!

CHINE. La répression de la minorité musulmane du pays augmente avec la préparation des Jeux olympiques.(Sylvie Lasserre, Letemps.ch)

Il semblerait que les autorités chinoises n'aient de cesse que tous les Ouïgours - première minorité du pays, turcophone et musulmane - aient plié l'échine jusqu'à terre. A l'automne dernier, Pékin a confisqué les passeports de toute la communauté, pour de prétendues vérifications. Résultat: aucun Ouïgour ne peut quitter le pays, faute de papiers d'identité. Derrière cela? Empêcher ces musulmans de se rendre en masse au pèlerinage de la Mecque. «Ils craignent des rassemblements importants loin du contrôle de Pékin», explique un Ouïgour qui vit à l'étranger. Afin de ne pas se voir reprocher l'interdiction des pèlerinages, les autorités ont instauré un quota: 5000 fidèles sur 9 millions d'Ouïgours vivant en Chine (plus nombreux que les Tibétains).

Depuis le 11 septembre 2001, Pékin a pris le parti de présenter l'ETIM (East Turkestan Islamic Movement), un mouvement séparatiste ouïgour, comme étant connecté à Al-Qaida, et tout mouvement protestataire comme terroriste. L'aubaine, aujourd'hui, pour les autorités de Pékin, ce sont les Jeux olympiques. Et la fameuse «menace terroriste» qui est supposée planer sur l'événement.

Autres articles:
Sans bruit, la culture de la minorité musulmane du Xinjiang cède le pas face à la colonisation chinoise. Comme les Tibétains, les Ouïgours sont condamnés à l’assimilation ou à la répression.

Paru dans Le Monde Diplomatique:
Pékin face au mouvement national ouïgour
VASTE région, en partie désertique, à la périphérie occidentale de la Chine, le Xinjiang, autrefois appelé Turkestan oriental, est le lieu, depuis quelques années, d’une agitation de la part de la minorité ouïgoure. Aux bombes et aux attentats, Pékin répond par la manière forte. Une évolution comparable à celle qui a donné naissance, de l’autre côté de la frontière, après l’implosion de l’Union soviétique, aux républiques indépendantes d’Asie centrale paraît ici tout à fait exclue. Ce que déplorent les Ouïgours, installés de plus ou moins longue date au Kazakhstan et qui rêvent d’un pays libre.
Assimilation forcée dans le Xinjiang chinois
En estimant que la communauté internationale doit renforcer sa coopération dans la lutte contre le terrorisme, la Chine entend avant tout faire accepter la politique qu’elle mène dans sa province musulmane du Xinjiang au prétexte que les séparatistes y ont recours à des « pratiques terroristes ». Alors que les rapports de forces ne laissent aucun espace aux demandes de dialogue des populations locales, non seulement les efforts de Pékin ne suffisent pas à enrayer le nationalisme ouïgour, mais cette répression sans nuances ne fait que renforcer la montée en puissance d’un islam identitaire « de combat ».

Rapport d'Amnesty international:
http://www.amnesty.org/fr/library/info/ASA17/021/2004


Ah oui, j’oubliais : le Xinjiang est une des régions de Chine les plus riches en ressources naturelles (elle renferme les plus importantes réserves de pétrole et de gaz naturel de l’Empire chinois)... mais cela n’a évidemment aucun rapport avec le reste...

mardi 22 juillet 2008

De l'ensauvagement du colonisateur.

Comme le disait Césaire, il faut decrypter, dénoncer puis plaindre l'ensauvagement du colonisateur qui chemine de l'indolence à la violence faite à l'Autre jusqu'au déni même de son existance. Cet ensauvagement, c'est cet aveuglement de l'Autre mais aussi la conséquence qui est le déni de soi et de ses propres valeurs. La haine des autres, conséquence et/ou origine de la haine de soi.
Depuis des semaines l'association B'Tselem nous propose des vidéos édifiantes de certains comportements du colonisateur israélien, civil ou militaire. Ces informations sont à l'opposé des porte paroles officiels de "Tsahal".
Il y a donc des gens en Israel , des Juifs de part le monde qui s'indignent et se soulèvent, en voici encore un autre exemple:

Des militants anti-apartheid juifs sud-africains "choqués" par leur visite en Cisjordanie occupée (LeMonde)
(...)Ce qui a frappé ces vétérans de la lutte anti-apartheid est le poids de l'occupation, l'importance des restrictions et la volonté d'établir une séparation complète. "La présence de l'armée partout, ces files d'attente aux check-points, ces raids de soldats sont pour moi pire que l'apartheid. Cela ne fait aucun doute. C'est plus pernicieux, plus sophistiqué grâce aux ordinateurs, qui n'existaient pas à l'époque. Ce sont des méthodes déshumanisantes", insiste le juge Dennis Davis."

dimanche 13 juillet 2008

Terrorisme, Realpolitic et manipulation des masses.

Où l'on apprend par cet article que le grand Mandela était qualifié de terroriste aux yeux du gouvernement américain. N'est-ce pas une regression civilisationnelle qu'un des plus grand symbôle de la lutte contre le racisme et l'apartheid nous doivent être considéré comme un terroriste? C'est édifiantqu'il ai fallut attendre 2008 pour rectifier l'erreur.
Prenant au mieux l'aspect pragmatique, cynique et intéressé de la realpolitic à l'américaine, cette dépèche m'ouvre des perspectives de reflexion sur les causes, objectifs et conséquences de nommer telle ou telle organisation de terroriste.

En dernière minute nous apprenons qu'un conseiller de McCain, Charlie Black, à anoncé qu'un attentat «serait un gros avantage» pour le candidat républicain à la Maison Blanche (Fortune magazine). Le camp Obama a aussitôt dénoncé une stratégie «de la peur».

Dans une démocratie, ces choix orientent les peurs des foules et leur permettent potentiellement d'accepter contraintes sécuritaires, campagnes militaires extérieures, occupations, guerres, etc....
D'où la citation de Stendhal en sous-titre du blog.



Bush signe une loi en vue de retirer Mandela d’une liste terroriste américaine

WASHINGTON, 1er juillet (Xinhua) — Le président américian George W. Bush a signé mardi une loi en vue de retirer l’ancien président sud-africain Nelson Mandela ainsi que son parti d’une liste américaine répertoriant des terroristes.
M. Mandela et les autres membres de son parti, le Congrès national africain (ANC), figuraient sur la liste en raison de leur combat contre l’apartheid en Afrique du Sud, qui a été remplacé par la règle de la majorité en 1994.
La loi, adoptée la semaine dernière au Congrès américain, permet au département d’Etat et au département de la sécurité nationale de lever les restrictions sur les membres de l’ANC.

lundi 24 mars 2008

Le 11 Septembre 2001, la guerre de Civilisation, la guerre contre la terreur...

Avec l’effondrement hautement symbolique des tours du commerce et la destruction partielle du Pentagone, ce sont deux grandes illusions qui sont parties en fumée mardi 11 septembre. Illusion d’un sanctuaire américain imperméable à des attaques militaires ou terroristes menaçant ses centres vitaux. Illusion, surtout, d’un nouvel équilibre mondial sous le contrôle de la super puissance américaine. Depuis la chute du mur de Berlin, beaucoup vivaient en effet dans le sentiment euphorique que le monde occidental avait triomphé de son dernier adversaire et que ses valeurs - la démocratie, l’économie de marché - l’avaient définitivement emporté. C’était oublier que nous vivons assis sur un volcan : celui de l’incroyable inégalité des richesses entre les pays du Nord et les pays du Sud, celui de la rancune et des séquelles issue de l’ère coloniale, celui de la tragédie du conflit israélo-palestinien et du sentiment légitime de révolte qui habite de nombreux arabes solidaires des palestiniens.
Sommes nous dès lors entrés dans la troisième guerre mondiale, comme on le lit un peu partout, entre le bloc occidental chrétien et le bloc arabe musulman ? Il me paraît aujourd’hui plus juste de parler d’un conflit sans merci entre la quasi totalité des Etats du monde et des réseaux terroristes islamistes d’autant plus radicaux qu’ils se sentent de plus en plus isolés au sein même du monde musulman, dont tous les Etats - à l’exception de l’Irak - ont condamné les attentats du 11 septembre. Faut-il rappeler aussi que le pays qui souffre le plus avec Israël de la barbarie du terrorisme islamiste est un pays à très forte majorité musulmane : l’Algérie, dont la population subit quotidiennement les attaques atroces du GIA. La grande question qui se pose maintenant, et qui pourrait modifier profondément l’équilibre actuel du monde, c’est la nature et l’ampleur de la riposte américaine. Une réponse militaire ciblée qui éliminerait les principaux responsables des attentats et qui s’accompagnerait d’un effort diplomatique intense vis à vis des pays arabes et notamment des palestiniens, éloignerait les risques de nouveaux attentats aussi meurtriers. Mais une réponse trop brutale et disproportionnée, qui s’accompagnerait de surcroît d’un abandon des palestiniens à une politique totalement répressive du gouvernement Sharon aurait un effet désastreux : il ressouderait les divers pays arabes contre les Etats-Unis et, alors seulement, on pourra parler du danger d’un conflit généralisé entre l’Occident et le monde musulman. C’est évidemment ce qu’espèrent les auteurs de ces attentats. Ne tombons pas donc aujourd’hui dans une troisième illusion : celle d’une riposte militaire susceptible d’éradiquer le mal sur la terre et de nous mettre à l’abri de toute nouvelle menace terroriste d’envergure. Lorsqu’il parle d’une grande croisade « des forces du bien contre les forces du mal », G. Bush utilise le même langage naïf et manichéen que celui de l’Ayatollah Khomeiny ou de Ben Laden. Puisque nous parlons d’un combat de la civilisation contre la barbarie, prouvons que nous sommes civilisés, c’est à dire capables de dépasser un sentiment de colère légitime devant une telle atrocité et un désir de vengeance aveugle pour analyser les causes profondes du problème, acceptant aussi de remettre en question un modèle de développement profondément injuste. Tant que nous ne nous attaquerons pas à la racine du mal, nous serons toujours menacés par des kamikazes qui n’ont rien à perdre, vouant à l’Occident - non sans raison - une haine mortelle, convaincus que leur geste sert Dieu et leur fera gagner le paradis des justes.
Le Monde, 13 Septembre 2001.

mardi 18 mars 2008

SPECIAL IRAK: 5 ANS DE GUERRE, BILAN!

Irak, Le Pentagone avoue qu'il n'y avait pas de lien entre Saddam Hussein et Al-Qaida
http://www.lemonde.fr/web/article/reactions/0,1-0@2-3222,36-1022696,0.html
Cette étude, basée sur l'analyse de 600 000 documents officiels irakiens et sur des milliers d'heures d'interrogatoires d'anciens collaborateurs de l'ancien président irakien, "n'a trouvé aucune connexion directe entre l'Irak de Saddam [Hussein] et Al-Qaida". D'autres rapports, rédigés par la commission d'enquête sur le 11-Septembre ou encore par les services de l'inspecteur général du Pentagone, en 2007, étaient déjà arrivés à la même conclusion, mais aucune étude avant celle-ci ne reposait sur autant d'informations.
Selon le résumé de l'étude, disponible sur le site de la chaîne ABC, "Saddam Hussein soutenait des groupes terroristes et le terrorisme d'Etat était devenu un outil de routine du maintien du pouvoir", mais "les cibles privilégiées de cette terreur d'Etat étaient les citoyens irakiens". Sur son site, ABC rappelle qu'en 2004, le président américain George W. Bush avait déclaré, cité par le Washington Post : "La raison pour laquelle je continue de dire qu'il y a un lien entre l'Irak, Saddam et Al-Qaida est parce qu'il y a un lien entre l'Irak et Al-Qaida." Un an plus tôt, c'était le vice-président de l'époque, Dick Cheney, qui déclarait sur NBC : "Nous savons qu'il (Saddam Hussein) a de nouveau essayé de fabriquer des armes nucléaires et nous savons qu'il entretient des relations de longue date avec des groupes terroristes, dont Al-Qaida."
http://abcnews.go.com/images/Politics/Saddam%20and%20Terrorism%20Redaction%20EXSUM%20Extract.pdf

L'invasion de l'Irak, une guerre à 3.000 milliards de dollars, par le prix Nobel d'économie 2001
http://www.lesechos.fr/journal20080317/lec1_idees/4701122.htm?xtor=EPR-1000
Dans notre dernier livre « The Three Trillion Dollar War », Linda Bilmes et moi-même estimons à 3.000 milliards de dollars, au bas mot, le coût économique de la guerre pour les Etats-Unis. A cette somme, il convient d'ajouter 3.000 autres milliards supportés par le reste du monde. C'est beaucoup plus que ce qui avait été anticipé. L'équipe Bush n'a pas seulement trompé le monde sur le coût possible de la guerre, elle a aussi cherché à en dissimuler l'ampleur une fois les opérations lancées.
Il n'y a là rien de surprenant. L'administration Bush a menti sur à peu près tout le reste, des armes de destruction massive de Saddam Hussein à ses liens supposés avec Al-Qaida.
L'administration Bush avait dit que la guerre coûterait 50 milliards de dollars. C'est désormais le montant que les Etats-Unis dépensent en Irak tous les trois mois. Pour un sixième du coût de la guerre, ils pourraient remettre leur système de sécurité sociale sur pied pour plus d'un demi-siècle, sans réduire les allocations ni augmenter les cotisations.

Le gouvernement a tenté de cacher le coût de la guerre au public américain. Des groupes de vétérans ont dû faire appel au Freedom of Information Act (loi sur la liberté d'information) pour que soit révélé le nombre total de blessés - 15 fois celui des morts. Quelque 52.000 vétérans de la guerre d'Irak souffrent déjà de syndromes de stress post-traumatique. On estime que les Etats-Unis devront fournir des pensions d'invalidité à 40 % du 1,65 million de soldats déjà déployés. Au final, la facture risque de s'élever à plus de 600 milliards de dollars (à son cours actuel) en soins médicaux et pensions d'invalidité.
Cette guerre n'a profité qu'aux compagnies pétrolières et aux sociétés de défense. Le cours de l'action Halliburton, ancienne société du vice-président américain Dick Cheney, est monté en flèche.
Les milliers de morts violentes ont insensibilisé la plupart des Occidentaux : un attentat faisant 25 morts ne semble plus digne de passer aux informations. Les études statistiques des taux de mortalité avant et après l'invasion en disent long sur la triste réalité. Elles suggèrent, en effet, que le nombre de morts est passé d'environ 450.000 durant les quarante premiers mois de la guerre (dont 150.000 morts violentes) à 600.000 aujourd'hui.
Au regard du poids des souffrances humaines, il peut sembler déplacé de parler de coûts financiers. Et il peut paraître nombriliste de se concentrer sur la charge supportée par les Etats-Unis, qui se sont lancés dans cette guerre en violation des lois internationales. Mais ces énormes coûts ont des répercussions qui vont bien au-delà des prévisions budgétaires.

« Il n'existe pas de repas gratuit », dit un dicton américain. Il n'existe pas non plus de guerre gratuite. Les Etats-Unis - et le reste du monde - n'ont pas fini de payer le prix de cette guerre. J'aurai l'occasion de l'expliquer dans une prochaine chronique.
JOSEPH E. STIGLITZ, prix Nobel d'économie 2001, est professeur à l'université Columbia (New York).

Irak : les 80 000 janissaires de l'Amérique!
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/03/11/irak-les-janissaires-de-l-amerique_1021452_829254.html
L'idée, qui, comme dit le général David L. Petraeus, commandant en chef du corps expéditionnaire, "a largement contribué" à la baisse de 60% à 70% des attaques et des attentats depuis huit mois, était tellement simple que certains, dans les chancelleries, se demandent pourquoi il a fallu près de 4000 soldats tués, 29 000 blessés et, selon l'OMS, au moins 150 000 victimes irakiennes, pour en arriver là
Aujourd'hui, les supplétifs sont autour de 80 000, de confession sunnite à 82%, et "anciens terroristes pour au moins la moitié d'entre eux", glisse un officier supérieur chiite. Le général Petraeus résuma sa motivation dans Time, le 11 février : "On ne peut pas tuer toute une insurrection, on ne peut pas vaincre tout le monde. Il faut les retourner." En apparence, c'est fait. La seule question qui angoisse la région est de savoir pour combien de temps… Répartis dans près de 150 milices supplétives, "les Fils d'Irak" sont essentiellement basés dans la moitié nord du pays.(...)

Revoir aussi l'émouvant reportage sur Arte: "Bagdad, le Bac sous les bombes", où l'on voit cette jeunesse sacrifiée, chantant malgré tout, le soir après l'école, du McCartney, et porter des casquettes "NY PD"...
De cette occupation militaire, fruit de nos peurs irrationnelles, nous n'avons pas encore brisé tous les rêves de ces gosses de Bagdad. jusqu'à quand?

http://www.arte.tv/fr/Etats-Unis--Elections-2008/Irak--mission-accomplie-_3F-/Irak--mission-accomplie-_3F-/1966762.html

jeudi 21 février 2008

L'erreur d'Ayaan Hirsi Ali, par Dounia Bouzar

LE MONDE, 15.02.08.
Ayaan Hirsi Ali ne le fait certainement pas exprès, mais elle
renforce le pouvoir des terroristes en présentant l'intégrisme comme le produit de l'islam. Que la France la protège est naturel, mais que la France l'écoute serait contre-productif pour la sécurité !
Accuser ou défendre l'islam n'est plus le thème du débat. L'urgence est de combattre ce processus d'extension externe et de purification interne - puisque les premières victimes sont musulmanes. Comment affaiblir l'intégrisme ? Là est la vraie question. En le présentant comme l'application littérale de l'islam, Ayann Hirsi Ali valide la définition de l'islam des intégristes et sacralise les propos de ces illuminés.
Cette position est grave de conséquences. D'abord, cela parasite le traitement du phénomène, puisque ceux qui respectent le sacro-saint principe de liberté du culte vont nier ce phénomène et vont accepter n'importe quoi pour ne pas avoir le sentiment de devenir "islamophobes". D'autre part, accuser l'islam d'être l'essence de l'intégrisme empêche de se pencher sur les procédés d'endoctrinement. Car le discours radical existe dans toutes les religions depuis la nuit des temps. Pourquoi celui qui utilise l'islam fait-il de plus en plus autorité ? Par quels procédés arrive-t-il à métamorphoser des êtres humains en véritables machines meurtrières n'importe où et n'importe quand ?
Lorsque Ayaan Hirsi Ali prétend que la critique de l'islam combattra l'intégrisme, elle se trompe encore. Les intégristes n'ont que faire des discussions théologiques. Ce qui les intéresse, c'est de faire dire à l'islam ce qu'ils ont envie qu'il dise. Si un autre moyen leur procurait de la toute-puissance et de l'extase, ils l'utiliseraient... Dieu ne les intéresse pas. Ce qu'ils veulent, c'est prendre la place de Dieu. Aucune réforme théologique ne les ralentira. Ce qui les caractérise, ce n'est pas la connaissance religieuse, mais le degré d'aliénation mentale qui règne au sein du groupe.

Il serait temps de se pencher sur les processus d'endoctrinement. Se contenter de détruire les têtes pensantes ou d'accuser l'islam ne permet pas d'étudier les interactions entre les leaders et tous ceux qui les écoutent. Pendant longtemps, les experts ont lié l'intégrisme à la perte d'espoir social. D'autres l'expliquaient par la chute des grandes idéologies de combat. Les événements internationaux - notamment les attentats de Londres en 2005 - montrent que certains jeunes terroristes étaient ingénieurs et médecins, complètement insérés dans le milieu où ils évoluaient. La question de la perte d'espoir social, même si elle fait partie des causes, n'explique pas tout.

Le discours intégriste repose sur sa capacité à mobiliser un mouvement de masse dans un projet de régénération, d'unification et de purification. Le discours fait autorité en promettant au peuple de le transformer et de changer le sens de l'Histoire, en l'arrachant à la décadence et au déclin. (Comme en Israel, le projet sioniste de l'Eretz Israel?)

Le premier objectif du prédicateur consiste à subordonner l'individu à la communauté autour de la suprématie de l'identité religieuse. Afin de créer l'unité totale entre ses membres, l'individu ne doit plus avoir de droits en dehors des intérêts de la communauté. Il faut donc redessiner les frontières entre la sphère privée et la sphère publique, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de la première. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de l'individu. Il s'agit d'exacerber les différences avec les "autres", c'est-à-dire tous ceux qui n'adhèrent pas à la secte. Et d'exagérer les ressemblances entre "adeptes", jusqu'à provoquer l'amalgame. Parce qu'à l'intérieur du groupe, les uns ne doivent pas se distinguer des autres. Le jeune doit perdre ses contours identitaires, avoir le sentiment de percevoir exactement les mêmes émotions que ses "frères", d'être absolument le "même". Toute différence doit être anéantie ! Toutes les idéologies de ruptures reposent sur des exaltations de groupe. La fusion naît de l'illusion des adeptes d'avoir les mêmes émotions... Pour cela, il faut une seule grille de lecture du monde, ce qui optimise la communication interne puisque chacun est relié à un même mode de référence.

Les propos d'Ayaan Hirsi Ali nourrissent ce processus. Définir les "musulmans" comme une entité homogène revient à se placer sur les mêmes postulats que les discours terroristes en réduisant des individus à leur "dimension musulmane". Au contraire, les discours médiatiques et politiques doivent s'appliquer à valoriser l'hétérogénéité des parcours et des positionnements des individus à référence musulmane, les considérant ainsi comme sujets porteurs d'une histoire spécifique. La modernité consiste justement à désacraliser les propos des prédicateurs en rappelant que les interprétations religieuses sont toujours de simples compréhensions humaines. C'est ainsi que l'on pourra brouiller le système de communication des radicaux, en utilisant des registres d'expression différents.

Pour affaiblir les intégristes, la seule solution consiste à leur ôter leur justification : l'islam ! Autrement dit, il y a urgence à définir les critères qui distinguent l'intégrisme de l'islam, afin de le prendre pour ce qu'il est : un vulgaire terrorisme à éradiquer sans état d'âme.

Qu'est-ce qui est de l'ordre de la liberté de conscience et de culte (garantie, n'en déplaise à certains, par la Constitution et la loi de 1905) et qu'est-ce qui révèle un dysfonctionnement et du radicalisme ? Les repères sont clairs pour les autres religions, mais pas pour l'islam. En se trompant de diagnostic, les autorités politiques ou institutionnelles ne pourront pas être efficaces. Que cela débouche sur du laxisme ou de la diabolisation, l'amalgame avantage toujours les intégristes.

Bio de Dounia Bouzar
http://www.portail-religion.com/encyclopedie/b/Dounia_Bouzar/Dounia_Bouzar.php
"Non à l'Islam-prétexte", publié dans LeMonde en 2003
http://www.bladi.net/1219-non-a-l-islam-pretexte-par-dounia-bouzar.html

J'ai toujours pensé que le clan "Bush avait besoin du clan "ben Laden" et inversement pour exister. Chacun justifiant ses choix, son idéologie par réaction "légitime" face aux exactions de la partie adverse. L'essentialisme, les réductions, culturelles, sociales, religieuses, l'approche manichéenne entrainent la diabolisation de l'adversaire et de tout semblable à celui-ci (par exemple: les "Musulmans, les "Arabes" et le terrorisme). Pour premières conséquences, le repli sur soi, la peur de l'Autre. Autres conséquences l'acceptation d'envoi en "croisade" contre l'énemi, l'acceptation de dommages collatéraux immenses, un coût financier conséquent ainsi qu'une perte de crédibilité de notre civilisation et valeurs face au reste du monde.
En face, le même mécanisme est identique.
Ces deux "clans", ne sont-ils pas le miroir de leurs propres misères intellectuelles et declin moral? Leur incapacité à se remettre en cause, à vivre le monde d'aujourd'hui, risquer sa rencontre, parier sur l'altérité?