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lundi 24 mars 2008

Le 11 Septembre 2001, la guerre de Civilisation, la guerre contre la terreur...

Avec l’effondrement hautement symbolique des tours du commerce et la destruction partielle du Pentagone, ce sont deux grandes illusions qui sont parties en fumée mardi 11 septembre. Illusion d’un sanctuaire américain imperméable à des attaques militaires ou terroristes menaçant ses centres vitaux. Illusion, surtout, d’un nouvel équilibre mondial sous le contrôle de la super puissance américaine. Depuis la chute du mur de Berlin, beaucoup vivaient en effet dans le sentiment euphorique que le monde occidental avait triomphé de son dernier adversaire et que ses valeurs - la démocratie, l’économie de marché - l’avaient définitivement emporté. C’était oublier que nous vivons assis sur un volcan : celui de l’incroyable inégalité des richesses entre les pays du Nord et les pays du Sud, celui de la rancune et des séquelles issue de l’ère coloniale, celui de la tragédie du conflit israélo-palestinien et du sentiment légitime de révolte qui habite de nombreux arabes solidaires des palestiniens.
Sommes nous dès lors entrés dans la troisième guerre mondiale, comme on le lit un peu partout, entre le bloc occidental chrétien et le bloc arabe musulman ? Il me paraît aujourd’hui plus juste de parler d’un conflit sans merci entre la quasi totalité des Etats du monde et des réseaux terroristes islamistes d’autant plus radicaux qu’ils se sentent de plus en plus isolés au sein même du monde musulman, dont tous les Etats - à l’exception de l’Irak - ont condamné les attentats du 11 septembre. Faut-il rappeler aussi que le pays qui souffre le plus avec Israël de la barbarie du terrorisme islamiste est un pays à très forte majorité musulmane : l’Algérie, dont la population subit quotidiennement les attaques atroces du GIA. La grande question qui se pose maintenant, et qui pourrait modifier profondément l’équilibre actuel du monde, c’est la nature et l’ampleur de la riposte américaine. Une réponse militaire ciblée qui éliminerait les principaux responsables des attentats et qui s’accompagnerait d’un effort diplomatique intense vis à vis des pays arabes et notamment des palestiniens, éloignerait les risques de nouveaux attentats aussi meurtriers. Mais une réponse trop brutale et disproportionnée, qui s’accompagnerait de surcroît d’un abandon des palestiniens à une politique totalement répressive du gouvernement Sharon aurait un effet désastreux : il ressouderait les divers pays arabes contre les Etats-Unis et, alors seulement, on pourra parler du danger d’un conflit généralisé entre l’Occident et le monde musulman. C’est évidemment ce qu’espèrent les auteurs de ces attentats. Ne tombons pas donc aujourd’hui dans une troisième illusion : celle d’une riposte militaire susceptible d’éradiquer le mal sur la terre et de nous mettre à l’abri de toute nouvelle menace terroriste d’envergure. Lorsqu’il parle d’une grande croisade « des forces du bien contre les forces du mal », G. Bush utilise le même langage naïf et manichéen que celui de l’Ayatollah Khomeiny ou de Ben Laden. Puisque nous parlons d’un combat de la civilisation contre la barbarie, prouvons que nous sommes civilisés, c’est à dire capables de dépasser un sentiment de colère légitime devant une telle atrocité et un désir de vengeance aveugle pour analyser les causes profondes du problème, acceptant aussi de remettre en question un modèle de développement profondément injuste. Tant que nous ne nous attaquerons pas à la racine du mal, nous serons toujours menacés par des kamikazes qui n’ont rien à perdre, vouant à l’Occident - non sans raison - une haine mortelle, convaincus que leur geste sert Dieu et leur fera gagner le paradis des justes.
Le Monde, 13 Septembre 2001.

vendredi 7 mars 2008

De la Liberté dans l'Islam!

Islamophobes occidentaux et musulmans integristes s'entendent au moins sur un point: Coran égal absence de libertés. Faux, archifaux, ripostent les intellectuels comme Mohamed Charfi ou Mohamed Talbi, c'est le contraire. Explications. Par Mohamed-Sghir Janjar. Le Courrier de l'Atlas, Mars 2008.






*"amana: dépôt précieux confié par un tiers.

Que ce texte nous enchante! En effet, si toute pratique religieuse n'est que conséquence des interprétations des textes, alors en voici une qui devrait nous donner du baume au coeur. Envie d'espérer que tout n'est pas vain et qu'un monde partagé meilleur est possible.
Si par contre vous ne partagez pas cette volonté, c'est que quoique que diront des exégètes de paix, vos avis ne changeront pas d'un iota. C'est qu'alors derrière le masque d'une crainte de l'Islam se cache des phobies plus graves, irrationnelles.
La critique permanente de l'Islam qui serait en conflit contre notre Civilisation devrait s'arrêter là.
Que les prophètes de malheurs se taisent car ils nourrissent les peurs et donc les extrèmes. Ils sont les miroirs de leurs énemis. Gilles Kepel, Dounia Bouzar ainsi que René Girard parlent bien de ce mimétisme absurde où le discours de l'un se nourrit du discours de l'autre, où chacun de vient l'alibi, le justificatif de l'autre dans une spirale sans fin.

Lors d'un prochain post, je reviendrai sur le livre de Kepel mis en perspective avec le concept de Girard.
L'islamophobe est donc complice malgré lui. S'il n'est
pas capable de tenter la rencontre avec l'Autre, risquer la confiance, il représente lui aussi une menace pour ce monde d'Altérité qui nous attend.

jeudi 28 février 2008

Le monde Musulman admire l'Occident!

La majorité des musulmans ne hait pas l'Amérique (enquête)

ne vaste enquête sur les musulmans dans le monde réalisée durant six ans dans une quarantaine de pays et rendue publique mardi montre que l'Islam ne rime pas avec extrémisme et anti-américanisme.
"Nous avons découvert que les Musulmans ne détestent pas les libertés et la démocratie", a déclaré John Esposito, co-auteur du livre "Who Speaks for Islam" (Qui parle pour l'Islam) à paraître le mois prochain sur les bases de l'étude.

L'étude organisée par l'Institut Gallup a été lancée peu après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 alors que le président américain George Bush s'était demandé dans un discours: "pourquoi nous haïssent-ils?".

"Ils détestent (...) un gouvernement démocratiquement élu", avait-il suggéré ajoutant: "ils haïssent nos libertés, notre liberté de religion, notre liberté de parole, notre liberté de voter, de se réunir, de ne pas être d'accord les uns avec les autres".

Contrairement à cette interprétation, l'enquête, qui a porté sur des échantillons représentatifs de 90% des 1,3 milliard de musulmans dans le monde, montre que la majorité des musulmans admirent en fait l'Occident pour sa démocratie, ses libertés et ses progrès technologiques.

Ce qu'ils ne veulent pas, c'est qu'on leur impose les coutumes occidentales, affirme l'enquête.

"Les musulmans veulent l'auto-détermination, pas une démocratie définie et imposée par les Américains. Ils ne veulent pas de sécularisme ou de théocratie. Ce que veut la majorité, c'est une démocratie avec des valeurs religieuses", a noté M. Esposito, professeur d'études islamiques à Georgetown University à Washington.

Quelque 93% des musulmans du monde entier sont modérés et seuls 7% sont radicalisés politiquement, affirme le sondage.

Ces extrémistes s'avèrent n'être pas plus religieux que les modérés, ni même être plus particulièrement touchés par la pauvreté ou des conditions de vie éprouvantes comme vivre dans un camp de réfugiés.

"Ceux qui sont politiquement radicalisés sont souvent plus éduqués, avec un meilleur emploi et sont même plus optimistes envers l'avenir que la masse des musulmans", a expliqué le professeur Esposito.

L'enquête a interrogé des musulmans des zones rurales et urbaines de 40 pays en Afrique, en Asie, en Europe et au Moyen Orient.

Le choc des Civilisations est notre regard médiéval à l'égard de l'Autre. Il se concretise par une politique de guerre perpétuelle préventive de lutte contre le terrorisme.
Gilles Kepel,par exemple, nous l'affirme pourtant, Al-Quaeda a perdu son pari depuis longtemps. L'Oumma mythique qui se lèverait contres les Infidèles n'est jamais apparue. Et le courant reflue. Non pas grace aux forces occidentales d'occupation mais par le refus des musulmans du monde à ce projet fanatique.
Finalement, nous y avons bien plus cru que ceux à qui le message était théoriquement adressé.
A qui profite le crime?

«Les djihadistes sont hantés par leur isolement»(2004)
http://www.minorites.org/article.php?IDA=3433
« Fitna. Guerre au coeur de l’islam »(2004)
http://www.algerie-dz.com/article1082.html
L'échec de la stratégie Bush, par Gilles Kepel (2006)
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2006/08/08/l-echec-de-la-strategie-bush-par-gilles-kepel_801889_3232.html