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mardi 27 avril 2010

Afghanistan. Malalai Joya : « Pas de démocratie sous occupation »

L'Humanité du 20/02/10
La jeune députée afghane a été exclue du Parlement pour avoir dénoncé l’ingérence des puissances étrangères et les atteintes aux droits des femmes que permet la poursuite de l’occupation.
Dominique Bari : La conférence de Londres, qui s’est tenue fin janvier,a officialisé une négociation avec les dirigeants de l’ancien régime taliban.Que peut-il se passer  ?
Malalai Joya : Des millions de dollars ont été promis au régime de Karzai pour que les insurgés déposent les armes alors que des millions d’Afghans meurent de pauvreté. Cela va conduire à la réhabilitation des talibans, ils vont prendre le contrôle de la Loya Jirga, l’assemblée des anciens et des représentants des tribus qui doit se réunir prochainement. Croit-on pouvoir établir la démocratie avec de tels réactionnaires  ? Mais les talibans ne sont pas les seuls intégristes. Quand les États-Unis et leurs alliés ont renversé le régime du mollah Omar, ils ont installé à sa place d’autres fondamentalistes, des seigneurs de guerre alliés à l’Alliance du Nord, que dirigeait Massoud. Ce groupe ressemble aux talibans sur le plan des croyances. Au cours des dernières années, il y a eu toute une série de lois et de décisions de justice scandaleuses. Sous prétexte de réconciliation nationale, on a accordé l’immunité aux seigneurs de guerre et autres criminels de guerre connus, dont plusieurs siègent au Parlement. Ces anciens seigneurs de guerre ont des postes élevés, ils sont au Parlement, dans les ministères, l’administration judiciaire, et ils sont tous corrompus. Et voilà maintenant que l’ONU elle-même biffe de sa « liste noire » les noms d’anciens dirigeants talibans. Est-ce avec de tels actes que l’on construit l’avenir d’un peuple  ? À moins de lui faire croire que c’est l’usine Coca-Cola, inaugurée par le président Karzai dans la banlieue de Kaboul, dans notre pays pauvre où l’eau est une denrée précieuse, qui doit servir d’emblème des bienfaits du progrès occidental…

Dominique Bari : Vous avez été élueau Parlement en 2005.
Dix-huit mois plus tard, vous en étiez expulsée, pourquoi  ?
Malalai Joya : Lors de la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire, j’ai présenté « mes condoléances au peuple afghan ». Ce qui évidemment n’a pas plu à de nombreux députés, qui se sont plaints d’être offensés. Ce sont ces seigneurs de guerre qui ont voulu mon exclusion. J’avais rappelé qu’ils avaient saccagé Kaboul pendant la guerre civile qui s’est déroulée de 1992 à 1996 et qu’ils étaient responsables de la mort de dizaines de milliers de personnes. J’ai dit qu’ils devaient être traînés devant les tribunaux internationaux. J’ai aussi dénoncé la corruption, alimentée par les milliards versés par la communauté internationale au nom de la reconstruction. Très vite je n’ai même plus pu. Ils coupaient aussitôt mon micro quand je demandais la parole et je devais crier à pleins poumons sous les insultes et les menaces. Des députés m’ont défendue, des hommes, des femmes, mais ils étaient peu nombreux. On m’a traitée de communiste et d’infidèle. Des injures suprêmes à leurs yeux. J’ai fini par comparer, lors d’un entretien télévisé, le Parlement à un zoo  ! Pire qu’une étable car, au moins, il y a des animaux qui servent à quelque chose.

Dominique Bari : À quoi vont servir les renforts de troupes annoncéspar Obama  ?
Malalai Joya : La guerre ne visait pas à apporter la démocratie et la justice ou à déraciner des groupes terroristes, elle a servi à pérenniser l’occupation, installer des bases militaires et à garder la mainmise sur la région où se trouvent de grandes ressources naturelles. Obama est comme Bush, voire pire puisqu’il intensifie la guerre, et la porte au Pakistan. Le gouvernement américain maintient une situation dangereuse pour rester plus longtemps en Afghanistan, et surveiller ainsi plus facilement des pays voisins comme l’Iran, le Pakistan, la Russie, l’Ouzbékistan. Si Obama ne retire pas ses soldats, il y aura plus de sang et plus de désastres. Regardez les bombardements de l’Otan. Dans ma province de Farah, en mai (2009 – NDLR) plus de 150 civils ont été tués. Ce massacre permet au monde d’entrevoir les horreurs auxquelles notre peuple fait face. Mais veut-on vraiment les voir  ? J’ai organisé une conférence de presse, un homme du village de Geranai, accablé de douleur, est venu expliquer qu’il avait perdu 20 membres de sa famille dans le massacre. N’aura-t-il pas envie, lui ou d’autres jeunes gens, de rejoindre les insurgés, même s’ils sont des intégristes  ?

Dominique Bari : Le sort réservé aux femmes sous le régime taliban avait fini par émouvoir l’opinion publique internationale.Qu’en est-il aujourd’hui  ?
Malalai Joya : La Constitution afghane contient des clauses concernant les droits des femmes. J’étais l’une des nombreuses déléguées, à la Loya Jirga de 2003, qui ont poussé fort pour leur inclusion, mais elle est marquée par la forte influence des fondamentalistes avec lesquels Karzai et l’Occident ont fait des compromis. Le texte fondamental a beau déclarer l’égalité entre les hommes et les femmes, le pays est régi selon la charia. La soi-disant démocratie de la Constitution officielle est bafouée systématiquement. Elle ne sert que de faire-valoir pour attirer les deniers de l’assistance internationale, généralement détournés. L’Afghanistan est aujourd’hui un pays où les femmes, souvent des gamines de quatorze ou quinze ans, qui fuient le domicile conjugal à cause de l’extrême violence, sont considérées comme criminelles et emprisonnées. On peut, certes, constater un retour des filles à l’école, mais les chiffres ne tiennent pas compte du nombre d’entre elles qui sont obligées de la quitter à cause des menaces pour leur sécurité et des pressions familiales pour se marier. Le suicide est devenu l’ultime arme des jeunes femmes désespérées, qui sont conscientes d’alternatives, mais qui savent qu’elles n’y auront jamais droit.

Dominique Bari : Et quelles sont, justement,ces alternatives  ?
Malalai Joya : Toutes les troupes étrangères doivent partir et les milices des seigneurs de guerre démantelées. La démocratie ne peut être établie par une occupation qui ne fait qu’étendre et renforcer la talibanisation de mon pays. Et c’est mon peuple qui en souffre. Si les États-Unis et les troupes de l’Otan qui occupent notre pays ne quittent pas volontairement l’Afghanistan dans un délai raisonnable, ils vont être confrontés à encore plus de résistance de la part des Afghans. Volontairement, les gouvernements occidentaux ne veulent pas voir que des gens se battent pour reconstruire leur pays dans la paix et la sécurité, en respect des droits de chacun et de chacune. Des partis, des associations démocratiques luttent le plus souvent dans la clandestinité. N’oublions pas que la Constitution interdit l’existence de partis laïcs qui ne se réfèrent pas au Coran. Les manifestations étudiantes contre les plus récents bombardements, tout comme les protestations de centaines de femmes, le mois dernier à Kaboul, montrent au monde la voie vers une réelle démocratie en Afghanistan. Il y a beaucoup de héros et d’héroïnes obscurs. Ils luttent dans leurs ville et village. Pourquoi aucun dirigeant occidental ne veut reconnaître l’existence même d’une force progressiste qui pourrait émerger et jouer un véritable rôle  ? Je ne perds pas espoir, nous avons besoin de l’aide des opinions publiques occidentales et, au cours de mes voyages, je me rends compte qu’elles bougent. Il y a eu des manifestations contre l’envoi de renforts, on ne croit plus à une « guerre juste ». La pression doit monter pour faire fléchir les gouvernements bellicistes.

D'autres articles sur Malalai Joya:
Malalai Joya, une femme en colère

Aucun reportage sur nos fiers soldats en action pour la paix en afghanistan ne changera cette idée qui monte:
L'Afghanistan est un fiasco financier, moral, politique et humain.
A egocier avec les taliban, L'Otan, nous montre qu'ils n'etaient donc pas un obectif prioritaire. A avoir laisser filer ben Laden, pourtant à portée de tir des soldats français, on sait aussi qu'il n'etait un objectif prioritaire.
Alors, Que faisons nous en Afghanistan?
Question objective, puisque nos gouvernants tiennent à y rester quitte à faire l'inverse de leurs promesses... (fin du terrorisme, d'Alquaeda, des Talibans, démocratisaton, scolarisation, égalité des droits des femmes, lutte contre la drogue, la corruption etc...)

lundi 26 avril 2010

Comment l'Otan traite de la drogue en Afghanistan

Ce pays , depuis l'arrivée de l'Otan produit 95% de l'Opium mondial..
Plusieurs strategies que l'Otan n'a pas su décider et s'y fixer ce qui est une faute grave:
1-laisser faire et ne pas l'aliener les chefs de guerre.
2_éradiquer les champs de pavots
3-leur acheter de la drogue ou acheter et développer des cultures de substitution un peu comme une"PAC afghane":
Le cout estimé est de 500 à 600 millions de dollars, par an pour defrayer le cultivateur afghan soit environ 5 jours d'opérations de l'armée américaine en Afghanistan...
(
sources: François Hesibourg, conférence au Senat)

Ce cout estimé montre le peu de volonté de nos gouvernements à travailler contre la drogue en Occident, et pour le développerment durable de l'Afghanistan, enfin, le peu de volonté de couper les sources de financement des Talibans...

La question est pourquoi? alors que les milliards de nos impots ne manquent pas....
Devrons nous faire confiance en nos dirigeants sur ce sujet quadnd il décide d'y envoyer nos Fils, et quand ils se glorifient de succès?
Il y aura t il un droit d d'inventaire et de regard?
Est ce digne de nos valeurs et de celles que nous tentons de véhiculer ( par les armes)?

lundi 19 avril 2010

les Inocents de Guantanamo

A lire sur 20mn.ch:
"Lawrence Wilkerson, chef d'état-major de l'ancien chef de la diplomatie américaine Colin Powell, affirme dans une déclaration jointe à une plainte d'un prisonnier de Guantanamo, que l'ancien vice-président Dick Cheney et l'ex-secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld savaient que la majorité des personnes détenues en 2002 sur la base, soit à l'époque 742, étaient innocentes mais qu'il était «impossible politiquement de les relâcher».

Quel signe envoyé au monde de la part de la première puissance et ses alliés!!
Ce que les avocats et journalistes supposaient a bien été confirmé.
Qui jugera ce qui a causé tant de souffrances sinon au moins tant de mal-entendus et de mensonges politiques à l'encontre du Peuple qui vote?
Quel message moral adressé au monde, en utilisant les outils de nos enemis dont nous combattons leurs valeurs!
Restons nous credible aux yeux du monde?
Les néoconservateurs qui parlent de déclin moral et civilisationnel de l'Occident d'une main, pervertissent leur message de l'autre.
S'il y a bien un declin moral, je leur attribue une large part de responsabilité dont ils devront etre comptable devant les Nations.

mardi 16 mars 2010

La violence n'est pas toujours religieuse au Nigeria!

Où quand on veut se séparer de son chien on dit qu'il à la gale... ici,l'Islam et ses coryants du monde seraient encore responsables de massacres. Observons de plus près le contexte:

Le conflit au Nigeria n’est pas a priori « religieux ». Il n’est pas non plus purement « intercommunautaire » ou « ethnique » ou « social ». Il est tout cela en même temps.
Selon l’archevêque catholique d’Abuja, Mgr John Onaiyekan, « on ne se tue pas à cause de la religion, mais pour des revendications sociales, économiques, tribales, culturelles ». Dans une interview à Radio Vatican le 7 mars, il a fait cette précision : « Il s'agit du conflit classique entre bergers et agriculteurs, mais les Fulani (les agresseurs, ndlr) sont tous musulmans et les Beroms (les victimes, agriculteurs, ndlr) sont tous chrétiens. » Les principaux responsables musulmans (non intégristes) tiennent le même discours et condamnent avec la plus grande fermeté toute violence au nom de la religion.
Le conflit au Nigeria se joue aussi sur fond de crise sociale et économique. Jos, au centre du pays, capitale de l’Etat du Plateau, est une grande ville réputée pour ses commerces. Située dans une région où la terre est relativement fertile, elle attire des personnes à la recherche d’une vie meilleure. Problème : Jos est sur la frontière entre la zone dominée par l’islam (au Nord) et celle dominée par les chrétiens (au Sud). Les Fulani sont musulmans et réclament le droit à des terres qui appartiennent ou ont appartenu à des ethnies majoritairement chrétiens. La pauvreté généralisée renforce les clivages et rend la situation explosive. L’Etat nigérian est beaucoup trop faible pour protéger efficacement les citoyens contre les violences sporadiques.
Ainsi, des éleveurs Fulani, en l’occurrence musulmans, ont pu envahir le 7 mars par exemple le village de Dogo Nahawa. Au milieu de la nuit, ils ont brûlé les maisons et tué leurs occupants avec des machettes. Les victimes sont essentiellement des enfants et des femmes. Les guerres africaines contemporaines tuent essentiellement les enfants et les femmes.
Au total, quelque 13 500 personnes ont été tuées dans ce genre de violences depuis la fin de la dictature militaire en 1999.
Si vous lisez l'anglais, nous pouvons recommander cet article de l'hebdomadaire The Economist qui explique brillamment la situation (cliquez ici).

Vous pouvez aussi consulter ce très bon article du Monde fait par un envoyé spécial (cliquez ici):
"A la base de ces "tensions" se trouve le concept d'indigénéité. Une particularité nigériane, accordant à certains groupes ethniques, dans des régions invariablement mélangées, une sorte de certificat de "premier arrivé sur place". Souvent contestable d'un point de vue historique, cette notion a surtout des effets toxiques, car aux "indigènes" sont opposés les "colons", arrivés plus récemment.

"Les gouvernements locaux déterminent qui sont leurs propres indigènes", rappelle le chercheur Philip Ostien, dans un rapport pour la Fondation Volkswagen. Les autorités locales distribuent des "certificats d'indigénéité", indispensables pour obtenir notamment un emploi dans l'administration, le premier employeur de la région.

Or Jos est une zone de contact entre le Nord, à majorité musulmane, et le Sud, à majorité chrétienne, mais aussi une destination de migrations internes.
Depuis plus d'un siècle, des habitants de tout le Nigeria sont venus s'établir dans la région du Plateau, où les terres étaient fertiles et où l'exploitation de l'étain créait des opportunités pour les commerçants. Pendant de nombreuses années, la ville de Jos a été une destination de choix pour d'autres nouveaux venus, notamment beaucoup de missionnaires chrétiens. D'ailleurs, des Berom musulmans et des Fulanis chrétiens vivent à Jos.

Cela n'empêche pas les deux groupes de se laisser persuader que des préparatifs d'extermination sont en cours chez leurs ennemis, alors que le nerf de la violence est à chercher du côté des luttes pour le pouvoir local. Le gouverneur Jonah Jang va devoir ramener le calme et ce ne sera pas facile. Cet ancien officier de l'armée de l'air, qui avait été gouverneur militaire dans les années 1980 sous le régime du général Babangida, a été chassé de l'armée par ce dernier.
Depuis, après des études de théologie, il est devenu titulaire d'un diplôme de divinité de l'Université de théologie du nord du Nigeria et a embrassé une carrière de pasteur parallèlement à sa carrière politique. Un mélange des genres qui est le reflet de la situation à Jos."

mercredi 2 décembre 2009

Notre ideal démocratique offert (bombardé) aux Afghans...

Tout le monde aura bien vu quel simulacre de démocratie on offre au Afghans et surtout à la ménagère de moins de moins de 50 ans fervante supporteur des missions de Civilisation de nos troupes.
Mais que savons nous de notre brillant poulain, fleuron de notre démocratie exportée?

Hamid Karzai:
Après lecture de son état civil sur wikipédia, allons plus loin:
Hamid Karzai, the Prime Minister of Afghanistan, was a top adviser to the El Segundo, California-based UNOCAL Corporation which was negotiating with the Taliban to construct a Central Asia Gas (CentGas) pipeline from Turkmenistan through western Afghanistan to Pakistan.

Karzai, the leader of the southern Afghan Pashtun Durrani tribe, was a top contact for the CIA and maintained close relations with CIA Director William Casey, Vice President George Bush, and their Pakistani Inter Service Intelligence (ISI) Service interlocutors. Later, Karzai and a number of his brothers moved to the United States under the auspices of the CIA. Karzai continued to serve the agency's interests, as well as those of the Bush Family and their oil friends in negotiating the CentGas deal, according to Middle East and South Asian sources.
http://www.liveleak.com/view?i=59b_1225807900

Son frère aussi, "aurait" coopéré avec la CIA:
Ahmed Ouali Karzaï affirme coopérer avec des responsables civils et militaires américains, mais dément participer au trafic de drogue ou avoir reçu de l'argent de la CIA, ajoute le New York Times. L'agence de renseignement américaine n'a ni démenti ni confirmé ces versements.
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/10/28/le-frere-d-hamid-karzai-aurait-coopere-avec-la-cia_1259575_3216.html

En plus des liens avec la Cia, les liens avec le milieu de la pègre et du traffic de drogue n'est jamais très loin du clan. Comme avec les cousins du président afghan:

Le 29 octobre 2001, en plein assaut contre les Talibans au pouvoir en Afghanistan, l’ambassadeur du régime en poste à Islamabad a donné une conférence de presse chaotique devant plusieurs dizaines de journalistes assis sur l’herbe. A droite du diplomate Taliban se tenait son interprète, Ahmad Rateb Popal, un homme imposant. Comme l’ambassadeur, Popal portait un turban noir et une énorme barbe en brousaille. Il portait aussi un bandeau sur son œil droit, un prothèse au bras gauche et sa main droite était déformée par des blessures infligées lors d’un accident de manipulation au cours d’une opération contre les Soviétiques à Kaboul.

Mais Popal était plus qu’un ancien moudjahidin. En 1988, un an avant l’évacuation de l’Afghanistan par les Soviétiques, Popal avait été condamné aux Etats-Unis pour conspiration de trafic d’un kilo d’héroïne. Son casier judiciaire indique qu’il a été libéré de prison en 1997.

En 2009, l’Afghanistan est désormais dirigé par le cousin de Popal, le Président Hamid Karzai. Popal a taillé sa barbe et est devenu un homme d’affaires richissime, avec son frère Rachid Popal, qui avait plaidé coupable dans une autre affaire d’héroïne en 1996 à Brooklyn. Les frères Popal contrôlent le gigantesque Watan Group en Afghanistan, un consortium dont les activités couvrent les télécommunications, le transport et, plus important, la sécurité. La société Watan Risk Management. Une des entreprises de Watan, qui joue un rôle clé dans l’effort de guerre, est chargée de la protection des convois de camions afghans entre Kaboul et Kandahar qui transportent du matériel américain.
Source: thenation.com Aram Roston
Traduction partielle par VD pour le Grand Soir

Il y a de nombreuses sources qui indiquent les liens de la naissance du la culture du pavot pour financer la guerre des Moudjahiddins soutenue par al CIa contre l'URSS.
La renaissance de la culture du pavot deuis 2001 pour arriver à produire 90% de l'opium du monde...a du tenter bien des chefs de clans, talibans et politiques au pouvoir. Et qui place qui?
Les militaires eux meme disent laisser pousser le pavot car ils craignent la vengeance populaire....
tous le monde est content.
tout le monde touche au buttin.
Et nous, derrière nos petits écrans, nous croyons que la paix avance, que la démocratie s'installe et que la mission de cilivisation que notre président nous a vendu le 14 juillet dernier, pour sauver les petites filles dont on coupe les mains est une réusslite!
Foutaise!
Et ces femmes et nous, sommes les cocus de mensonge dEtat.
Il aura un jour un Afghanistan Gate.

Notre mission: former l'armée Afghane....un désastre!

Notre gouvernement annonce sa volonté d'accélerer la formation d'une armée afghane! mais quel désastre! et avec quels moyens! Lisez ceci!:

Mals recrutés (multi-ethniques, mercenaires, futurs ex-talibans ou guerilleros), mal payés, 1/3 s'en vont rapidement:

"La situation est encore plus critique dès qu'on touche aux soldes des soldats afghans, sujet sensible. Le coût de cette guerre est d'ailleurs disproportionné face à l'enjeu des soldes : une seule mission, sans tir, d'un chasseur-bombardier moderne équivaut presque en moyenne à la solde mensuelle d'un bataillon afghan, précise-t-il."

“Il suffirait probablement de doubler la solde des militaires afghans (soit environ 200 à 300 millions de dollars par an, dans une guerre qui en coûte plus d'un milliard par semaine aux seuls contribuables américains) pour, d'une part, diminuer sensiblement le taux de désertion et d'autre part attirer les guerriers qui se vendent au plus offrant.”

Source: Michel Goya, un expert de l'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire (Irsem), dépendant du ministère de la Défense.

il y aura t il un droit de regard, un débat à l'assemblée? un vote? une stratégie claire fiable sur 2 ans?

Comment la Coalition finance les Talibans

8 ans de guerre , 500 milliards de dollards dépensés. Il faut se rappeler l'ordre de mission inital:

Détruire le régime Taliban, les camps d'Al Qaeda et ses soldats, ses responsables Mollah Omar, Ayman Alzawary, Ben Laden, et les 22 ministres talibans.

Aucun ne furent arrétés. L'Etat major et nos politiques négocient la paix globale avec les talibans. et la paix, locale vallée par vallée comme l'ont fait les italiens dans la vallée où sont mort les Français.

Qu'en est il de ces 500 milliards, à quoi servent 'ils?

Premièere info: moins de 10% de la somme revient à la population...C'est notre ministre Kouchner qui le dit! où va le reste?

1/4 de l'argent investi en afghanistan (les promesses de dons en dollars de l'OTAN) revient dans nos pays (entrrprise de btp, logisitque, sécurité,par exemple:

"Les montants consacrés ces deux dernières années à la location de camions et de camionneurs afghans représentent 10 % du PNB annuel de l’Afghanistan. NCL, la société dirigée par le fils au carnet d’adresse impressionnant du ministre de la défense, a trouvé là un véritable filon d’or."

"En fait, les officiels militaires américains à Kaboul estiment qu’un minimum de 10 pour cent des contrats de sous-traitance du Pentagone – des centaines de millions de dollars – sont versés aux insurgés. Le secret du transport routier en Afghanistan, c’est de garantir la sécurité sur les routes dangereuses, contrôlées par des chefs de guerre, des milices tribales, des insurgés et des commandants Talibans. Le cadre américain avec qui j’ai parlé a été précis à ce sujet : « En fait, on peut dire que l’armée paie les Talibans pour ne pas se faire tirer dessus. C’est l’argent du Ministère de la Défense ». Tout le monde semble être d’accord là-dessus.

« La plupart des escortes sont réalisées par les Talibans, » m’a dit un officiel d’une société de sécurité afghane. C’est un pachtoune et un ancien moudjahidin qui connait bien la situation militaire et l’industrie de la sécurité. Il travaille pour une des sociétés qui transportent le matériel US. « Maintenant que le gouvernement est si faible, » a-t-il ajouté, « tout le monde paie les Talibans. »

Source: thenation.com Aram Roston
Traduction partielle par VD pour le Grand Soir

Obama, Gorgatchev et le péril Afghan

Au moment où Obama offre cmme solution afghane la fuite en avant, petit rappel à la mémoire:

Le 13 novembre 1986, Mikhaïl Gorbatchev déclarait devant le Politburo du parti communiste de l'Union soviétique : "Nous combattons en Afghanistan depuis déjà six ans. Si notre approche ne change pas, nous continuerons à combattre encore 20 ou 30 ans. Quoi ! Allons nous combattre sans fin en montrant que nos troupes ne sont pas capables de gérer la situation ? Il nous faut sortir de ce ce processus aussi vite que possible". Toute comparaison de ce discours, resté à l'époque secret, avec la situation actuelle n'est que pure coïncidence...

Comme l'explique Bennet Ramberg, expert américain en stratégie dans un article du Huftington Post:

"l'histoire suggère que, lorsque les dysfonctionnements politiques internes dépassent les tentatives extérieures de stabilisation, se retirer au plus vite est dans l'intérêt de la puissance occupante".

lundi 19 octobre 2009

Payer les talibans pour avoir la paix....

La guerre conre les talibans: les payer avec nos impots pour obtenir des trêves... A quoi servent nos soldats alors? Quel est le sens du discours de nos présidents qui envoient nos troupes pour apporter la Civilisation et nous protéger du terrorisme...? la guerre contre la terreur est vraiment terrifiante!

Le Times de Londres affirme dans son édition parue jeudi 15 octobre que les services secrets italiens payaient les talibans dans la région de Sarobi (nord-est de Kaboul) pour maintenir la paix. En passant le commandement de cette région aux Français en juillet 2008, les Italiens n’auraient pas informé l’état-major français de ces pratiques. Les Français auraient, selon le Times, manqué d’informations, ce qui aurait mené à une « évaluation incorrecte des risques » (réactions des familles sur france24.com). Le 18 août 2008, dix militaires français trouvaient la mort dans une embuscade. Ce jeudi, le gouvernement italien a démenti ces informations de presse. L’armée française dit ne pas pouvoir les « confirmer ou les infirmer ». Quant à l’Otan, elle assure ne pas être au courant. Payer les « rebelles » ou les « insurgés » pour obtenir des informations, voire même garantir la sécurité d’une région est une pratique courante. En Irak, l’armée américaine en a même fait un atout majeur dans sa stratégie de contre-insurrection.
par
Nicolas Vescovacci
Article publié le 15/10/2009 Dernière mise à jour le 16/10/2009 à 10:46 TU


Interview de Gérard Chaliand, Géopolitologue, spécialiste des conflits armés
« Les pratiques de ce type existent, j'ignore si les Italiens de façon concrète l'ont fait mais cela ne m'étonnerait pas. [...] Je sais par exemple que dans la province d'Oruzgan, où se trouvent des contingents hollandais, il y a eu des accords passés avec les talibans. »
Par Nathalie Amar le 15/10/2009

lundi 5 octobre 2009

Fallujah, en Iraq, l’uranium appauvri et le phosphore blanc continuent de tuer les enfants

Voici les cendres fumantes des bons sentiments occidentaux: le cout du "Bien contre le Mal" et l'appport d de la "Civilisation": de l'uranium appauvri et du phosphore blanc.
Les conséquences terrifiantes ,non chiffrées actuellement, apparaissent de plus en plus. Enfants monstres, fausses couches. Gaza et les points bombardés en Palestine subissent le même sort. Les taux de cancers augmentent considérablement sur les zones des bombardements. C'est la double peine des civils. Mort directe, destruction, et mort lente à plus long terme. Pensons nous réellement leur offrir le bien et nous offrir la sécurité?
Qui sera tenu pour responsable ce ces conséquences? Il y aura-t-il une justice?


La chaîne britannique SkyNews a révélé le 1er septembre dernier que le nombre de bébés nés avec des malformations ne cessait d’augmenter de façon alarmante dans la région de Fallujah. Ce phénomène est attribué à l’utilisation d’armes de destruction massive, chimiques et radiologiques, interdites selon les conventions internationales, lors de l’attaque terroriste de grande ampleur par les troupes anglo-américaines en novembre 2004.
L’équipe de Skynews qui avait réalisé il y a quinze mois un reportage à Fallujah montrant un accroissement sans précédent du nombre d’enfants et de fétus morts avec des malformations congénitales monstrueuses a constaté lors d’un nouveau reportage que la situation sanitaire ne cessait d’empirer.

Un pédiatre, le Dr Ahmed Uraibi, a indiqué que le nombre de malformations chez les nouveaux-nés avait encore augmenté l’an dernier. Mais l’infrastructure médicale du pays (qui avait les hôpitaux les plus modernes de la région et des médecins de très haut niveau avant l’embargo décrété en 1990) a été entièrement détruite (1), les moyens médicaux en praticiens et en médicaments, déjà presque inexistants pendant l’embargo qui a duré treize ans, ne permettent plus de soigner les enfants iraquiens. Des milliers de médecins ont été mystérieusement assassinés, et beaucoup d’autres ont quitté le pays pour échapper au sort de leurs collègues. Les équipements des hôpitaux qui ont échappé aux bombardements ciblés sont hors d’usage ou obsolètes, et la reconstruction de l’infrastructure médicale est inexistante.

Au cours de la « Guerre du Golfe » de 1991, huit-cents tonnes d’uranium appauvri (UA), un déchet nucléaire hautement toxique, avaient été utilisées lors des bombardements, provoquant des épidémies de cancers, de mutations génétiques et l’atteinte du génome (2). Depuis mars 2003, ce sont des milliers de tonnes de ce poison chimique et radioactif (3) qui ont été répandues sur l’Irak, principalement sur les villes.

1) « Il y a 30 ans, le standard de l’approvisionnement dans le domaine de la médecine en Irak était comparable aux pays d’un revenu moyen et élevé : 97% de la population dans les villes et 79% à la campagne avaient accès à un système de santé qui fonctionnait » (Des médecins morts en Irak par Dr. Susanne Lippmann-Rieder http://internationalnews.over-blog.com/article-18722265.html).
(2) La fixation de l‘UA sur le placenta provoque hydrocéphalies, absence de tête, de membres ou d’organes, organes à l’extérieur du corps. « Chez les bébés irakiens nés en 2002, l’incidence d’anophtalmie (absence d’yeux) a été 250.000 fois plus grande que l’occurrence moyenne. Les premières paroles d’une femme irakienne qui vient d’accoucher ne sont pas : « c’est une fille ou un garçon ? », mais « mon bébé est-il normal ? ». En outre, les anomalies génétiques s’aggravant d’une génération à l’autre, il faudra plusieurs décennies avant de mesurer l’atteinte du génome ». La guerre nucléaire silencieuse, Sortir du Nucléaire n° 29
(3) « Selon le droit international, ces armes (à l’UA) sont illégales parce qu’elles infligent "des maux superflus et des souffrances inutiles, qu’elles sont non discriminantes, qu’elles causent des atteintes graves et durables à l’environnement et demeurent meurtrières bien après la fin des conflits." Leur utilisation a été condamnée par une résolution des Nations Unies de 1996. De son côté, le Parlement européen a voté en 2001 un moratoire sur leur utilisation. ». (Ibid.)



jeudi 19 février 2009

Israël Army: War crime charges over Gaza offensive are "LEGAL TERROR"!

Publié dans Haaretz le 19/02/09
By Tomer Zarchin
Tags: Gaza, War Crime, Israel News

War crimes charges brought abroad against Israeli soldiers and officers involved in Operation Cast Lead are nothing but "legal terrorism," Col. Liron Liebman, who heads the military prosecution's international law department, said Wednesday. (...)
Liebman said: "The objective is to cause damage to morale, more than legal damage."
(...)
Indeed, international law expert Yoram Dinstein said at a conference at the Institute for National Security Studies in Tel Aviv late last month that a ratio of three or four civilian deaths per combatant death was the norm in most wars.

Le terrorisme légal!
Bruler à mort des enfants au phosphore blanc, bombarder en connaissance des bâtiments de l'Onu bourrés de civils réfugiés, détruire systématiquement (même encore cette semaine, en dépit du couvre feu) toutes les infrastructures sanitaires, hydroliques...

Enfermer pendant près de 18 mois, 1 500 000 habitants et les couper de nourriture, eau, essence, matériaux de construction (même en PVC), etc...

L'aveu de cet officier de "Tsahal" est édifiant! Il devrait, rêvons un peu, faciliter le travail d'enquètes et de poursuites judiciaires reclamées par Ban ki-Moon. La Charte des Nations Unies et la Convention de Genève, possèdent un arsenal juridique suffisant pour juger et condamner les responsables militaires et politiques concernés.
En voici les principaux articles qui détermineront les actes d'accusation:


(...)Il faut commencer par rappeler que l’article 2 § 4 de la Charte des Nations Unies interdit de manière absolue, sauf exception, la menace de l’utilisation de la force armée ainsi que l’utilisation de la force armée (...)
Le droit international ne prévoit, en effet, que deux cas de recours licite à la force armée :

a. les mesures de coercition armées décidées par le Conseil de sécurité sur la base de l’article 42 de la Charte des Nations Unies en cas de menace contre la paix, d'une rupture de la paix ou d’un acte
d’agression (chapitre VII de la charte) ;
b. la légitime défense sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations Unies. Cet article reconnaît à tous les Etats le droit inhérent d’utiliser la force armée dans le cas où ils seraient l'objet d'une agression armée.

La lecture et l’interprétation de l’article 2 § 4 de la Charte des Nations Unies doit être faite à la lumière de l'obligation de régler par des moyens pacifiques les différends, tel que le dispose l’article33.
L’obligation de rechercher par tous les moyens un règlement pacifique des différends fait partie du droit coutumier et est en relation étroite avec l’interdiction – d’une très large portée- de
l’utilisation de la force dans les relations internationales.

D’ailleurs, au mépris de l’article 51 de la Charte de l’ONU, Israël n’a pas même informé le Conseil de Sécurité, et a fait fi des demandes de ce dernier.

(...)Dans le cas des actes de guerre d’Israël, la notion de légitime défense n’est pas applicable. La rédaction de l'article 2 § 4 est sans ambiguïté sur le contenu et la portée de l’interdiction de la menace et de l’utilisation de la force armée : « Les Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies ».(...)

(...)Rappelons aussi le principe inaliénable du peuple palestinien à disposer du droit des peuples disposer d’eux mêmes consacré par la Charte des Nations Unies et réaffirmé par la résolution 2625 (XXV) de l’Assemblée générale. Selon cette résolution –faisant partie du droit coutumier-, « tout État a le devoir de s’abstenir de recourir à toute mesure de coercition qui priverait de leur droit à l’autodétermination … les peuples mentionnés…».

(...)Faut il aussi rappeler que, selon le droit international, les Palestiniens ont le droit légitime de résister à la domination coloniale, à l’occupation et aux forces occupantes. L’État d’Israël
commettant les pires violations du droit international et ne respectant ni les Conventions de Genève ni les autres règles découlant des conventions tels que les deux pactes de 1966, dès lors, les actes de
résistance sont des actes licites et légitimes.

(...)Il est opportun de rappeler, avec force, à l’État d’Israël et aux pays occidentaux qui cautionnent la politique d’apartheid et de domination coloniale du peuple palestinien que la Résolution 1514 de l’Assemblée générale- affirme que «…la sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération internationales…».

Le gouvernement israëlien craint, à juste titre, pour ses ressortissants incriminés que l'affaire soit portée au Tribunal Pénal Internationnal de La Haye.

(...)Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a déclaré que le ministre de la Justice Daniel Friedmann devait coordonner la défense de tout soldat ou commandant accusé d'un crime de guerre. Dans tous les cas, les États-Unis poseront leur véto à tout effort du Conseil de sécurité pour déférer les Israéliens devant la Cour internationale de La Haye.
Mais, comme le Financial Times le souligne, "tous les pays ont l'obligation de rechercher les personnes accusées de«graves» violations des règles de la guerre et de les juger ou de les extrader vers un pays qui veut les juger".
Ce fut sur cette base que la police britannique a arrêté dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998.
"Nous sommes à un changement gigantesque dans le droit international" a déclaré au Financial Times un conseiller juridique d'Amnesty International, Christopher Hall, qui affirme que le ministère israélien des Affaires étrangères est actuellement en train d'examiner les risques pour les Israéliens qui voyagent à l'étranger.
Source : http://www.fpif.org/fpiftxt/5862
Traduction : MG pour ISM







mardi 17 février 2009

mardi 3 février 2009

La valeur de la terre sainte selon Lévinas:

"La personne est plus sainte qu'une terre, même quand c'est une terre sainte,
car devant une offense faite à une personne,
cette terre sainte apparaît dans sa nudité, de pierre et de bois."

Emmanuel Levinas, Les Nouveaux Cahiers,N°71, 1982)

lundi 29 septembre 2008

Sarkozy, la France, la Civilisation et l'Afghanistan

Sarkozy ministre:
« La présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive. »
« Le président de la République [Jacques Chirac, auquel il va bientôt succéder] a pris la décision de rapatrier nos forces spéciales et un certain nombre d’éléments. C’est une politique que je poursuivrai. Et, de toute manière, si vous regardez l’histoire du monde, aucune armée étrangère n’a réussi dans un pays qui n’était pas le sien. Aucune! Quelle que soit l’époque, quel que soit le lieu! »


Sarkozy président:
« Nous n’avons pas le droit de perdre là-bas. Nous n’avons pas le droit de renoncer à défendre nos valeurs. Nous n’avons pas le droit de laisser les barbares triompher. Car la défaite à l’autre bout du monde se paiera d’une défaite sur le territoire de la République française. »

lundi 4 août 2008

Malalaï Joya, une afghane contre l'occupation, la corruption et l'integrisme

Qualifiée de «femme la plus courageuse d'Afghanistan», Malalaï Joya, élue députée au parlement de Kaboul mais exclue au terme d'une procédure scandaleuse, rêve qu'une femme prenne un jour les rênes de l'Afghanistan.

Mon nom, Malalaï Joya, ne tient pas du hasard. C'est mon père qui a choisi le prénom de l'aînée de ses dix enfants en souvenir d'une héroïne de l'histoire afghane, Malalaï de Maiwand, qui s'est rendue en 1880 sur un champ de bataille afin de combattre les Britanniques. Une femme valeureuse, prête à se sacrifier pour son peuple et ses idées. Je me sens sa disciple. Quant au nom de Joya, c'est moi qui l'ai choisi. Normalement, une femme ne porte que le nom de son père puis de son mari. Moi, j'ai décidé de reprendre le nom d'un combattant pour la liberté qui a été exécuté après avoir refusé les ultimes compromis qui auraient sauvé sa tête. J'adore cet homme, et j'endosse son héritage. J'ai 30 ans, je ne veux pas mourir, mais je suis prête, comme lui, à risquer ma vie.
J'ai demandé deux minutes de parole au nom de la nouvelle génération. Et je me suis lancée, dénonçant la présence de ces félons, résolument anti-femmes, qui avaient mis le pays en ruine et méritaient d'être traduits en justice. Il y eut un grand blanc. Et puis soudain un vacarme effroyable. Ils étaient tous debout levant le poing, hurlant des injures, demandant qu'on m'expulse, exigeant des excuses. Plutôt mourir!

Des foules m'attendaient à mon retour en province. On me criait bravo, merci. On m'offrait des arpents de terre et des bagues de mariage. On me disait de continuer à lutter contre les criminels qui s'étaient peut-être coupé la barbe mais demeuraient les mêmes. Et on me demandait de me présenter aux prochaines élections. Je n'avais pas le droit de me dérober.

C'est ainsi que, en novembre 2005, j'ai fait mon entrée au nouveau parlement afghan. Et c'est là que, après ma dénonciation de la présence des seigneurs de la guerre et des corrompus de l'opium, on m'a joué les pires tours, coupant mon micro et menaçant, à l'intérieur même de l'hémicycle, de me violer, de me tuer... «y compris par un attentat suicide»! Ils ont d'ailleurs fini par voter mon exclusion. Il y a eu des manifestations de soutien, des appels internationaux, Rien n'y a fait
Je rêve qu'on démasque les criminels corrompus qui gouvernent ce pays et s'engraissent de l'opium et de l'aide occidentale quand 70% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, que 98% n'ont pas accès à l'électricité et qu'on s'enfonce dans l'insécurité. Je rêve de voir cette clique de la trempe des Hitler, Mussolini, Pinochet, Khomeiny, comparaître devant la justice internationale.
Je rêve qu'on cesse de mélanger islam et politique, et que l'Afghanistan, débarrassé de l'occupation étrangère, devienne une grande démocratie laïque. L'islam est dans notre cœur et notre esprit. Il ne doit pas servir à manipuler l'opinion.

A la conclusion d 'un documentaire diffusé sur France 2 dont le sujet etait la drogue et les enfants des rues à Kaboul, une des meres de famille d'une association nous eclaire de son regard: déplorant la corruption, le terrorisme, la drogue, elle finit par dire: "L'Islam en Afghanistan n'a pas été réellement et pleinement essayé."
Dans sa dimension spirituelle salvatrice, émancipatrice et évélatrice pour l'Homme, en effet, quel constat et quel esperance pour ce peuple et pour la Paix dans le monde (si nous occupons bien ce pays pour notre Sécurité et Liberté...).



jeudi 19 juin 2008

Vétérans patriotes, contre la guerre en Irak.

Des patriotes américains contre l'occupation et la guerre en Irak. Est-il permis pour un non-américain d 'être contre cette guerre et être en même temps amoureux de cette culture et ce pays? JE pose la question car la droite bornée française a répondu. Mon opposition farouche à cette invasion m'a valu d'être traité d'anti-américain primaire ( à droite tout devient primaire quand on est contre eux. C'est leur esprit ouvert et pragmatique), puis bien sur de vouloir faire le jeu de Ben Laden, du terrorisme, de l 'slamisme et de vouloir défendre la présence des dictateurs du monde nottament arabe, de mettre en sursis la sécurité du monde, du Proche-Orient et donc d'Israel, et donc s'être accusé de flirter avec l'antisémitisme.
A la vue du désastre humain je ne regrette pas. bien au contraire! Je n'oublierai pas ceux qui m'auront traité ainsi. La brutalité des opinions de la droite française n'est que l'arrière goût nauséabonde de cette guerre (j'exclue de mon propos le ministre Villepin et le président Chirac).



A 26 ans, Adam Kokesh est un vétéran d'Irak qui s'oppose aujourd'hui à la guerre. Ce marine, qui a servi dans les affaires civiles, près de Fallouja, s'était engagé par choix. Son interview vidéo.

les vétérans témoignent de leur sale guerre (paru en anglais sur Slate.com , le 18.06.08)
(...)Cinquante-cinq anciens combattants américains s'apprêtaient à témoigner sur les guerres menées en Irak et en Afghanistan, que les membres d'IVAW qualifient d'"occupation". Une conférence modelée sur celle du Vietnam en 1971, qui avait révélé les crimes de guerre, violations des droits de l'homme et gâchis militaire qui se déroulaient alors au Vietnam.
L'IVAW a trois objectifs: le retrait immédiat de toutes les troupes américaines d'Irak et d'Afghanistan, des compensations au peuple irakien, et des soins médicaux fiables pour tous les anciens combattants de ces guerres(...).Lire la suite sur le site Rue89.com.
Témoignage d'un soldat sur l'entrainement à la déshumanisation de "l'énenmi":

Autres sites de véterans:

Veterans for Peace.
The organization includes men and women veterans of all eras and duty stations. Our collective experience tells us wars are easy to start and hard to stop and that those hurt are often the innocent. Thus, other means of problem solving are necessary.
Veterans For Peace is an official Non-Governmental Organization (NGO) represented at the UN.

We draw on our personal experiences and perspectives gained as veterans to raise public awareness of the true costs and consequences of militarism and war - and to seek peaceful, effective alternatives.
Some major areas of concern and involvement are:
WAR IN IRAQ:
When our government threatened invasion, we conducted public forums, met with elected representatives and participated in marches to express our opposition. As the war began, we gathered in Washington, DC, with other veterans groups for Operation Dire Distress. Since then, we joined together with Military Families Speak Out and others in the Bring Them Home Now campaign and supported recently returned vets who formed the Iraq Veterans Against the War. Local chapters continue to conduct educational forums, demonstrations and ongoing Iraq memorial displays, such as Arlington West, to remember the growing human cost of the war, to end the occupation and to bring our troops home now!

Just foreign Policy.
Just Foreign Policy is an independent and non-partisan mass membership organization dedicated to reforming U.S. foreign policy through coordinating the broad majority of Americans to advocate their interests and values.

mercredi 18 juin 2008

Voulons-nous encore faire la guerre?

Article édifiant du Figaro Magazine par Annet Sauty de Chalon 16/06/2008. Stéréotype des déclinologues de la droite conservatrice (type Alexandre DelValle, Lepen). Un condensé de toute cette régression civilisationnelle contre laquelle je me révolte. C'est à dire, la nostalgie du temps des occupations coloniales, des guerres préventives et de l'asservissement des autres peuples qui sont d'indispensables prix humains et moraaux pour la survie et/ou suprématie de la civilisation occidentale. Bien sur, aucune dimension humaniste ou religieuse n'est présente sauf dans le cadre de la galvanisation des foules afin lutter à mort pour leur salut. (notre fanatisme serait ici donc plus "licite" que celui de nos voisins!).
Une "pensée" totalitaire, violente, militariste, exclusiviste, machiste, xénophobe et raciste, terreau des sombres heures de l'Europe.
Effrayant!
La France renforce sa présence en Afghanistan, mais, contraintes budgétaires obligent, resserre le dispositif de ses armées. Au-delà, il s’agit d’évaluer notre aptitude au combat.
Avant 1989, le monde libre identifiait une menace à la frontière ; depuis le 11 Septembre, il n'y a plus de frontière à la menace ! Certes, l'Occident se trouve seul en mesure de projeter partout sa puissance de feu. Mais si un tel atout, nucléaire ou classique, reste adapté à des périls bien réels, il devient aussi dissuasif qu'une ligne Maginot quand l'ennemi se confond avec son milieu. Or, la « dimension sociale » des conflits, souligne le géopoliticien Gérard Chaliand (1), devient prépondérante.

Déjà, les masses du Sud sont dopées par une mémoire anticoloniale victorieuse. « Avant la Seconde Guerre mondiale, observe Chaliand, les troupes européennes peu nombreuses l'emportaient sur des armées locales considérables ; dé sormais, des armées européennes nombreuses ne parviennent pas à réduire des guérillas aux effectifs limités » (2), et ce, malgré des dépenses mili taires faramineuses. L'argent ne sera pas le nerf de cette guerre : une spirale perverse dessine même « le spectre d'une strangulation financière du Fort, asphyxié au fil du temps par la rusticité du Faible », comme le remarquent Arnaud de La Grange, grand reporter au Figaro, et Jean-Marc Balencie, un spécialiste des questions stratégiques (3).
Les guerres asymétriques sont en fait beaucoup moins inégales qu'il n'y paraît. Comme le Faible ne s'avoue jamais vaincu, tout conflit dégénère en guerre d'usure. Et, dans cette « drôle » de guerre, le Fort devient captif de son opinion publique. Les pays de l'Otan tous ensemble perdent chaque année quelque 200 soldats, et cela est vécu comme un drame ! Le monde européen, il est vrai, ne représente plus que 15 % de la planète, contre 30 % avant 1940 : quand on a peu d'enfants, on tient d'autant plus à leur vie.
De surcroît, la spécialisation du métier des armes engendre ce que l'historien Stéphane Audouin-Rouzeau appelle « une démilitarisation profonde de nos sociétés ». (4) Or, bien plus que « la continuation de la politique par d'autres moyens » (Clausewitz), la guerre est un « acte culturel » par lequel un peuple se perpétue pour ne pas sortir de l'Histoire. Ainsi, que l'on n'ait pas su, en 1991, combien de soldats irakiens avaient péri sous le feu de l'offensive américaine constitue, pour Gérard Chaliand, « le signe d'une mutation de la sensibilité occidentale, qui ne peut plus supporter les pertes infligées à l'ennemi ». En refoulant « le plaisir de tuer et de détruire » (Norbert Elias), nos sociétés ne s'exposent-elles pas à l'instinct d'expansion des peuples féconds ?

Chez nous, cette vulnérabilité née du traumatisme de la der des ders tient à l'ébranlement de tout un édifice. Dans la famille, le père est périmé, de même qu'à l'école, l'obéissance au maître. Un rousseauisme maternant domestique très tôt l'agressivité naturelle. Le curé, autre image du pater, devient animateur social. L'Eglise-ONG, en canalisant les consciences sur les fins en soi du « dialogue » et de « l'accueil », les anesthésie par une rhétorique désarmante. Le sacré, dans sa beauté irradiante, situait la hauteur de l'enjeu dans l'au-delà. Jusqu'à la mort, le croyant ne devait jamais cesser le combat pour espérer le salut. La perte du sens tragique, aujourd'hui, est amplifiée par le dieu Télévision, lequel nous divertit, c'est-à-dire nous détourne de nous-mêmes. Le tsunami consumériste emporte des générations entières dans une insouciance d'adolescent. La sous-culture de masse déracine le génie propre : on ne participe plus à son histoire ; on la conserve au musée.
Sur le front économique, l'obsession du risque zéro, le culte du temps libre, l'emploi protégé et la lourdeur étatique torpillent la volonté de gagner, sans oublier l'écologisme qui fait de notre modèle dominant une nuisance pour l'humanité. La mondialisation, vue comme une agression, provoque une crispation sur le pré carré local, à l'image de l'engouement pour les Ch'tis. En fait, le dessein intelligent de l'histoire collective est enterré, au profit de mémoires particulières. La patrie rime avec extrémisme ; la repentance postule la honte et la haine de soi. Un néant se forme qui s'incarne aussi dans la dilatation de l'espace européen, où toute épopée nationale est rendue inintelligible.
L'abandon du service militaire aggrave le décrochage. Quant à l'oxymore « soldat de la paix », sans champ de bataille ni champ d'honneur, il ne sublime pas les cSurs. Qui peut vibrer pour des principes kantiens ? Les ambitions inassouvies trouvent un exutoire dans le stade, seul lieu autorisé pour agiter le drapeau. Pour ce qui est des banderoles... Enfin, le morcellement ethnique rétrécit l'horizon : les « quartiers » remplacent le territoire. N'y pénètre pas qui veut. Cette nouvelle donne hypothèque toute union sacrée autour d'un idéal à la fois supérieur et commun. Tirer les leçons du conflit libanais ou balkanique paraîtrait nécessaire.

Plus globalement, la réalité impose une réflexion sur la « fragilité métaphysique » de la démocratie, « mécanisme corrosif qui n'a plus de limites ni de fin » aux yeux du philosophe André Grjebine (5). Ancrées dans un passé mythifié ou une Révélation, luttant pour leur survie, les « sociétés fermées » du Sud sont aptes au combat. Saurons-nous leur répondre ?

mercredi 21 mai 2008

Il ne faut pas avoir peur de l'Iran!

Publié dans Le Monde du 3 Mai 2008, par Bernard Hourcade, directeur de recherches au CNRS, spécialiste du monde iranien.

L'Iran n'a pu exporter sa révolution islamique, mais garde une capacité de nuisance, au Sud-Liban avec le Hezbollah, en Irak ou ailleurs. En réalité, l'Iran est faible. Il crie d'autant plus fort, comme Ahmadinejad, qu'il veut "détruire Israël" qu'il sait qu'il n'en a pas la capacité. Téhéran sait qu'il ne peut rien régler dans la région, mais aussi que rien ne s'y réglera sans lui. Et cette certitude le fait crier encore plus fort. L'Iran fait peur, parce qu'on le réduit à quelques images fortes et qu'on n'essaye pas de comprendre ce qu'est ce pays aujourd'hui. Beaucoup en Occident traitent la République islamique comme si elle était illégitime et transitoire. Pourtant, la révolution de 1979 était une révolution fondamentale.
De quoi est faite l'identité iranienne ?
C'est la synthèse oscillante de trois facteurs : le nationalisme, l'islam, et la volonté d'être un acteur de la communauté internationale. Le nationalisme est une donnée ancienne, l'Iran a été le premier Etat indépendant de la région au Ve siècle avant J.-C. L'identité islamique avec le chiisme comme religion d'Etat remonte au XVIe siècle, sous chah Abbas. Le chiisme a façonné l'Iran comme le catholicisme a marqué la France. Le dernier facteur, c'est l'aspiration internationale, au sens de progrès scientifique, d'échanges. L'Iran a été le premier pays de la région où du pétrole a été trouvé en 1908, mais il est resté en marge de la révolution industrielle. Il y a trente ans, tout ce qui était novateur, scientifique, venait d'Occident, les physiciens étaient formés en France. A présent, ils sont formés en Iran. Il y a 2 300 000 étudiants, ils étaient 170 000 à la fin du chah Reza Pahlavi. Malgré l'image rétrograde qu'il projette, Ahmadinejad lui-même est ingénieur. En matière de technologie, les Iraniens ne veulent plus être de simples consommateurs de produits américains et français, mais des partenaires. Le pays a un potentiel de modernité étonnant et les moyens de participer à la mondialisation. D'où ce désir de s'intégrer à la vie du XXIe siècle.
C'est de là que vient le consensus unanime en Iran sur la recherche nucléaire ?
Je le pense. Personnellement je n'ai pas d'information confirmant ou non un programme militaire. Ce qui est évident, c'est que l'Iran, quel que soit à l'avenir son régime politique, aura la capacité scientifique de produire, s'il le souhaite, une arme nucléaire, comme le Japon ou l'Allemagne. C'est pour cela qu'il faut le prendre au sérieux. Il faut exiger qu'il tienne ses engagements mais aussi bénéficie de ses droits. Il y a une composante nationaliste évidente là derrière : chercher à acquérir une technologie autonome pour défendre éventuellement la patrie, c'est quasiment du gaullisme. Il y a aussi un défi scientifique. Voilà un pays sous embargo qui a réussi à enrichir de l'uranium à 4 %. C'est un brevet de modernité, dont même les Iraniens réfugiés aux Etats-Unis, qui vomissent Ahmadinejad et sont contre la bombe, sont fiers. Ensuite, il y a la récupération politique par le gouvernement et sa façon de négocier qui divise les Iraniens.
Le jeu politique consiste ainsi à gérer les tensions entre ces composantes de l'identité iranienne ? En grande partie. Le chah Mohammad Reza Pahlavi a voulu marginaliser le chiisme. C'est une des raisons de sa chute en 1979. Plus tard, le président réformateur Mohammad Khatami, bien que religieux, a échoué, lui, pour avoir malmené les gardiens du dogme. Après huit ans d'une guerre avec l'Irak (1980-1988) qui combinait le côté patriotique et islamique, l'Iran voulait s'ouvrir à l'international. En 1997, le premier discours de politique étrangère de Khatami s'adressait "au peuple américain". Mais malgré le soutien de la grande majorité de la société civile, le mouvement réformateur a été paralysé par la double opposition du Guide Ali Khamenei, gardien du dogme, et des neocons américains qui voulaient un changement de régime et non juste des réformes en Iran.
Le mot réformateur est ambigu... Khatami voulait infléchir la politique, pas changer le régime. Même s'ils critiquent le gouvernement et le régime, l'immense majorité des Iraniens et les partis politiques ne veulent pas d'une autre révolution. Je suis étonné quand des élus à Paris ou Bruxelles me demandent les chances en Iran du fils du chah ou des Moudjahidins, ces opposants de gauche qui ont viré à la secte politique et se sont discrédités en combattant auprès de Saddam Hussein. Ils ne représentent rien. C'est comme si on s'interrogeait sur les chances du comte de Paris en France ou des Khmers rouges au Cambodge... La société iranienne a subi une évolution profonde et durable depuis 1979. Toute une génération n'a connu que ce bain islamo-nationaliste. Une classe moyenne s'est créée. L'Iranienne d'aujourd'hui est fille de gardien de la révolution. Elle a un BTS de chimie et a épousé le commerçant du coin. Que veut-elle ? Sa place dans la société et un retour dans sa vie de la richesse du pays. Elle connaît le monde à travers Internet et sent que son pays doit s'ouvrir. Face à l'essor de cette société qui avance toujours plus, le pouvoir, paniqué, tente de l'étouffer sous la répression.
On voit aussi émerger une nouvelle génération de politiciens... Ces jeunes qui avaient 20 ans à la révolution et ont connu la guerre en ont aujourd'hui 45-50. Ce sont des laïques, bons musulmans. Beaucoup viennent des anciens gardiens de la révolution (pasdarans), l'armée idéologique, ou des bassidjis, les milices volontaires. Leur arrivée dans la vie politique n'est pas une militarisation en soi, c'est normal dans un pays où des millions de jeunes se sont battus. Ils ont différentes approches. Ahmadinejad vient des bassidjis et représente les 20 % d'Iraniens traditionnels et conservateurs qui, même lorsqu'il s'agit de goudronner une route, disent agir pour la venue du Mahdi (Messie). Pour eux, le martyre est une réponse politique aux problèmes internationaux de l'Iran et tout ce qui est occidental est hostile
Pourquoi le Guide a-t-il soutenu Ahmadinejad à la présidentielle de 2005 ?
En fait, le Guide a voulu porter au pouvoir la nouvelle génération des "fils de la révolution", fidèles aux principes de la République, mais capables de mettre fin à l'isolement du pays. Ahmadinejad paraissait le candidat le plus docile. Il faisait contrepoint à la phase khatamiste dont la politique d'ouverture était allée, de l'avis du Guide, trop vite, et trop loin. Or, Ahmadinejad a tout bloqué avec ses agressions verbales et sa méfiance vis-à-vis de l'extérieur. Le constat est accablant. L'économie va très mal et le pays est encerclé par la présence militaire américaine en Irak, en Afghanistan et dans le golfe Persique. Malgré sa richesse en gaz et en pétrole, l'Iran a besoin de 15 milliards de dollars par an pour maintenir les exportations. Au lieu d'investir, le gouvernement populiste d'Ahmadinejad distribue l'argent du pétrole. Le reste de ses exportations se réduit aux tapis et aux pistaches, comme au XVIe siècle. Alors, ces anciens combattants qui ont rêvé d'un Iran islamique fort se sentent floués par les mollahs qui ont laissé aller les choses et par Ahmadinejad, qui a isolé un peu plus le pays. Certains convaincus, surtout depuis les sanctions, que si rien ne change, l'Iran n'a pas d'avenir, tentent une troisième voie entre réformateurs et conservateurs.
Quel est le but de cette troisième voie ?
Etablir un Iran moderne sans perdre son identité. Ils ont compris l'erreur de Khatami : hors du Guide, point de salut. Rangés sous sa bannière ils défendent les valeurs fondamentales. Plus que conservateurs, ils se disent "fondamentalistes" "osulgaran", d'"osul", le fondement. Ce n'est pas un parti, mais des personnalités comme Ali Larijani, l'ex-négociateur du dossier nucléaire, ou Mohsen Rezaï, chef des pasdarans durant la guerre. Le plus marquant est le maire de Téhéran, Mohammad-Bagher Qalibaf. Candidat malheureux en 2005 à la présidence, il se présentera sans doute en 2009. A 23 ans, sur le front, il commandait 15 000 hommes à la bataille de Khoramchahr. C'est un Bonaparte iranien, avec une vision dynamique des relations avec l'étranger. Il s'est rendu cette année à Davos. Il veut rallier les classes moyennes, sortir l'Iran du désastre économique, lui rendre une crédibilité. Face à Ahmadinejad, des accords sont possibles entre lui, les réformateurs et les pragmatiques de l'ancien président Rafsandjani.
La suprématie du religieux sur le politique en Iran ne bloque-t-elle pas le jeu ?
Tout est mêlé, tout le monde contrôle tout le monde. Il y a des débats très vifs au Parlement, et en même temps, on l'a vu aux législatives, en mars, les rouages de contrôle religieux sélectionnent les candidats en amont. Le Guide, en haut de la pyramide n'est pas un dictateur pour autant. Son rôle de gardien du dogme, c'est de dire "non". Pas d'imprimer sa propre ligne, juste d'indiquer les limites du possible. Parfois, ses choix semblent contradictoires, en fait, c'est un arbitre. Et en ce moment, il cherche qui est porteur d'avenir parmi ces clans qui se déchirent. En attendant, le système, bloqué, a des aspects despotiques terribles. Certains songent à le changer de l'intérieur. De grands intellectuels religieux comme Mohsen Kadivar estiment même qu'il faut remettre l'islam à sa place, celle d'un idéal philosophique et spirituel car cet islam politique exacerbé n'est bon ni pour la religion ni pour la société. Une société dans laquelle les jeunes, notamment les femmes, majoritaires à l'université, étouffent. D'autres tombent dans la drogue.
C'est pourquoi, je crois qu'il faut oser parler avec l'Iran. Il faut le faire participer à ce bain de valeurs universelles qui irrigue le reste du monde. Mais sans imposer un modèle extérieur. Le Prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi, est un bon exemple : elle défend les droits de l'homme, mais ne renie ni sa culture ni sa religion. Il y a d'autres Shirin Ebadi en Iran. Sur le plan politique, Qalibaf et les adeptes de la troisième voie ont peut-être une chance de faire évoluer les choses. Là encore, cela dépendra des Iraniens, mais aussi de nous Occidentaux. Et sans doute du résultat de l'élection présidentielle aux Etats-Unis.

dimanche 6 avril 2008

les USA et "l'IranGate" permanent

Chronique de Bernard Guetta sur France Inter le 18 Mars 2008

Le cadeau fait à l'Iran

Cette guerre avait un objectif. En allant renverser Saddam Hussein, il y a cinq ans demain, les Etats-Unis voulaient susciter une « contagion démocratique » au Proche-Orient. Cela semble, aujourd’hui, si tragiquement risible qu’on l’a oublié mais si c’était pourtant bien leur idée – aller créer une vitrine occidentale dans la région, ce qu’avait été Berlin-Ouest dans le bloc soviétique ; se faire tombeurs et non plus alliés des dictatures et si bien modifier leur image que les islamistes en soient privés de leur fond de commerce, la dénonciation de l’Amérique et des régimes en place, et que les classes moyennes arabes en soient encouragées, elles, à faire évoluer leurs pays vers une libéralisation qui serait, effectivement, la condition d’une stabilité internationale.
Le problème est que la Maison-Blanche ne s’est pas donné les moyens de cette ambition et qu’elle avait ignoré, surtout, l’histoire et la géographie. Pour avoir la moindre chance de succès, cet objectif aurait demandé une présence militaire longue et massive, un déversement d’argent suffisant pour immédiatement améliorer la vie quotidienne des Irakiens et, plus que tout, un minimum d’intelligence politique. C’est le contraire qui s’est passé. Les effectifs engagés ont été minimes. Il était prévu de les rappeler à court ou moyen terme. Cette armée est arrivée sans argent à distribuer et, pire que tout, les administrateurs américains ont chassé de l’armée et de la fonction publique les membres du Baas, le parti de l’ancien régime, et ainsi réussi, d’un coup, à jeter des milliers de militaires dans la résistance, à casser l’appareil d’Etat et à dresser contre eux la puissante minorité sunnite sur laquelle s’était appuyé Saddam.
On a rarement vu commettre autant de stupidités mais, même si l’Amérique avait un peu plus réfléchi aux moyens de gagner la paix après la guerre, son échec stratégique n’aurait été qu’à peine moins grand. Lorsqu’on envahit un pays, encore faut-il le connaître. L’Irak est une création récente, un enfant des découpages et partages coloniaux des lendemains de la Première Guerre mondiale. Il est fait d’une majorité chiite qui avait toujours vécu sous la domination des élites sunnites et, troisièmement, d’une communauté, les Kurdes, dont le rêve est de réunir, enfin, toutes les Kurdes de la région dans un Etat nation.
Avant d’instaurer le suffrage universel dans un tel pays, il aurait fallu lui inventer un pacte national et penser, avant tout, aux conséquences régionales de l’émergence de la nouvelle puissance chiite que la loi de la majorité allait immanquablement créer puisque la majorité des Irakiens est chiite. Avec cette aventure, les Etats-Unis ont offert un Irak chiite à l’Iran limitrophe et chiite, totalement bouleversé, donc, l’équilibre régional entre les deux branches ennemies de l’Islam et déstabilisé le Proche-Orient comme jamais. Ce n’est pas une « contagion démocratique » qu’a suscitée Georges Bush mais une contagion chiite qui a fait de l’Iran la première puissance de la région alors même que ce pays travaille, lui, réellement, à se doter d’armes de destruction massive. L’Amérique ne pourra plus se sortir de ce guêpier sans négocier un nouvel ordre régional avec l’Iran. Le plus tôt serait le mieux mais ce ne sera pas bon marché.


lundi 24 mars 2008

Le 11 Septembre 2001, la guerre de Civilisation, la guerre contre la terreur...

Avec l’effondrement hautement symbolique des tours du commerce et la destruction partielle du Pentagone, ce sont deux grandes illusions qui sont parties en fumée mardi 11 septembre. Illusion d’un sanctuaire américain imperméable à des attaques militaires ou terroristes menaçant ses centres vitaux. Illusion, surtout, d’un nouvel équilibre mondial sous le contrôle de la super puissance américaine. Depuis la chute du mur de Berlin, beaucoup vivaient en effet dans le sentiment euphorique que le monde occidental avait triomphé de son dernier adversaire et que ses valeurs - la démocratie, l’économie de marché - l’avaient définitivement emporté. C’était oublier que nous vivons assis sur un volcan : celui de l’incroyable inégalité des richesses entre les pays du Nord et les pays du Sud, celui de la rancune et des séquelles issue de l’ère coloniale, celui de la tragédie du conflit israélo-palestinien et du sentiment légitime de révolte qui habite de nombreux arabes solidaires des palestiniens.
Sommes nous dès lors entrés dans la troisième guerre mondiale, comme on le lit un peu partout, entre le bloc occidental chrétien et le bloc arabe musulman ? Il me paraît aujourd’hui plus juste de parler d’un conflit sans merci entre la quasi totalité des Etats du monde et des réseaux terroristes islamistes d’autant plus radicaux qu’ils se sentent de plus en plus isolés au sein même du monde musulman, dont tous les Etats - à l’exception de l’Irak - ont condamné les attentats du 11 septembre. Faut-il rappeler aussi que le pays qui souffre le plus avec Israël de la barbarie du terrorisme islamiste est un pays à très forte majorité musulmane : l’Algérie, dont la population subit quotidiennement les attaques atroces du GIA. La grande question qui se pose maintenant, et qui pourrait modifier profondément l’équilibre actuel du monde, c’est la nature et l’ampleur de la riposte américaine. Une réponse militaire ciblée qui éliminerait les principaux responsables des attentats et qui s’accompagnerait d’un effort diplomatique intense vis à vis des pays arabes et notamment des palestiniens, éloignerait les risques de nouveaux attentats aussi meurtriers. Mais une réponse trop brutale et disproportionnée, qui s’accompagnerait de surcroît d’un abandon des palestiniens à une politique totalement répressive du gouvernement Sharon aurait un effet désastreux : il ressouderait les divers pays arabes contre les Etats-Unis et, alors seulement, on pourra parler du danger d’un conflit généralisé entre l’Occident et le monde musulman. C’est évidemment ce qu’espèrent les auteurs de ces attentats. Ne tombons pas donc aujourd’hui dans une troisième illusion : celle d’une riposte militaire susceptible d’éradiquer le mal sur la terre et de nous mettre à l’abri de toute nouvelle menace terroriste d’envergure. Lorsqu’il parle d’une grande croisade « des forces du bien contre les forces du mal », G. Bush utilise le même langage naïf et manichéen que celui de l’Ayatollah Khomeiny ou de Ben Laden. Puisque nous parlons d’un combat de la civilisation contre la barbarie, prouvons que nous sommes civilisés, c’est à dire capables de dépasser un sentiment de colère légitime devant une telle atrocité et un désir de vengeance aveugle pour analyser les causes profondes du problème, acceptant aussi de remettre en question un modèle de développement profondément injuste. Tant que nous ne nous attaquerons pas à la racine du mal, nous serons toujours menacés par des kamikazes qui n’ont rien à perdre, vouant à l’Occident - non sans raison - une haine mortelle, convaincus que leur geste sert Dieu et leur fera gagner le paradis des justes.
Le Monde, 13 Septembre 2001.