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vendredi 5 juillet 2013

Le catholicisme intransigeant, une tentation permanente, par Mgr Dagens

Un certain nombre de catholiques français, qu’il ne faut pas confondre avec l’Église catholique qui est en France, sont, sans le savoir, fidèles à une tradition qui vient de très loin, bien avant la Révolution française. Ils se laissent déterminer de l’extérieur, par ce que le général de Gaulle appelait les « circonstances » de la vie politique. Ils sont pris dans des rapports de force qui leur échappent, mais en fonction desquels ils rêvent d’affirmer leur identité, de façon militante, soit en se défendant contre ceux qui les contestent, soit en participant à des manœuvres offensives, espérant retrouver ainsi des positions dominantes dans notre société.
Cette posture militante, cette culture de combat n’est pas nouvelle. Elle correspond à cette longue tradition qu’Émile Poulat, René Rémond et bien d’autres historiens ont désignée comme celle du catholicisme intransigeant qui s’est développée tout au long du XIXe  siècle, pour résister à tous ceux qui semblaient hostiles à l’autorité de l’Église. Cette interminable guerre des deux France s’appuyait sur des idéologies consistantes, d’un côté celle qui inspirait le parti clérical, et de l’autre celle qui accompagnait la naissance et l’affirmation du projet laïque.
On peut toujours rêver de réveiller ces vieilles querelles, en invoquant d’un côté le programme de l’Action française de Charles Maurras et de l’autre les réalisations de Jules Ferry ou les idées de Ferdinand Buisson, sans parler de la rivalité entre les curés et les instituteurs. Mais c’est peine perdue. Parce que les idéologies qui soutenaient ces projets politiques sont mortes et que personne ne peut les ressusciter, à moins de faire le choix, du côté catholique, d’un enfermement dans des réseaux serrés qui se réclameraient d’une foi pure et dure et, du côté laïque, de la remise en valeur d’une morale fondée sur des valeurs abstraites.
(...)
Quant aux responsables de l’Église catholique en France, dont je suis solidaire, ils seraient mal inspirés s’ils cherchaient à prendre en marche le train des poussées politiques, en essayant de faire plaisir aux ultras et aux autres. Si cet opportunisme l’emportait, il faudrait en payer le prix dans quelques années. Je suis préoccupé, parce que j’ai parfois l’impression que la joie provoquée par l’élection du pape François est estompée par les crispations actuelles et que la référence à la simplicité et à la force de l’Évangile s’atténue !(...) Ce n’est pas de calculs politiques que nous avons besoin, c’est du courage d’être nous-mêmes, des disciples et des témoins de Celui qui est venu pour « chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19, 10) et aussi pour « réunir les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11,52).

Mgr Claude DAGENS, évêque d’Angoulême, de l’Académie française  

Une remarquable synthèse sur ce sujet  se trouve sur le site "Penser le genre catholique" qui met en perspective la lettre de Mrg Dagens,  avec:
un édito de Bruno Frappat dans La Croix:
"L’Église s’est beaucoup avancée sur ce dossier. Ses raisons ne sont pas secondes ni injustifiées. Mais en laissant les fidèles se faire approcher par les sirènes politiciennes des droites, et cheminer en traînant dans leur sillage les brigades de l’ultra-droite (quitte à se pincer le nez), elle a pris un risque. Elle a accompagné, sans se rendre compte ni évidemment le vouloir, un « retour du refoulé » de l’homophobie (celle-ci s’étale sans honte sur les forums de l’Internet). Elle a pris le risque d’être instrumentalisée par des officines plus proches de l’intégrisme que de la fidélité à Rome. Surtout, elle aura fourni mille et un arguments aux anticatholiques primaires qui, depuis des lustres, trouvent en elle l’incarnation de la réaction."
 et une interview de Jean-Louis Bourlanges:
"Il y a quand même un très grand précédent historique qui doit nous hanter : c'est celui de l'Affaire Dreyfus. Au moment de l'Affaire Dreyfus, la droite opportuniste, républicaine et modérée (...) était partie pour diriger le pays jusqu'en 1914. Et l'Affaire Dreyfus, qui est quand même un fait divers, a cassé complètement ce mécanisme. Une partie de la droite s'est mise dans une espèce de réaction pour l'Armée, pour l'Église, contre les juifs, sur le fond d'anti-modernisme du pape. Ils se constitués. Du coup, le parti au pouvoir opportuniste s'est rompu (...) et la gauche a dominé la vie politique française pendant 15 ans. Mais cette cassure sur l'Ordre moral c'est un vieux démon de la droite depuis 1830, depuis l'Affaire Dreyfus et qui ré-apparaît aujourd'hui sans qu'il soit possible d'en mesurer les conséquences..."

Voici pour finir des propos lus et entendus durant ces manifestations:
«Ce qui se passe aujourd’hui est aussi grave que ce qui a été fait pendant la Seconde Guerre mondiale. Il n’est pas pire d’obliger quelqu’un à porter une étoile jaune que de priver un enfant d’un papa et d’une maman»«même si on n’a rien contre les homosexuels». «Il est inconcevable que des personnes stériles de fait puissent se marier et demander des enfants» le mariage, c’est «l’union entre un homme et une femme en vue de procréer» il faut défendre «l’ordre naturel»

Pourquoi, en tant que catholique, il me semble impossible de participer à la manifestation dite « mariage pour tous »

Je publie cette lettre du blog "Baroque et Fatigué" à laquelle j'adhère pleinement.
L'essentialisme et le simplisme des cris de la rue catholique ont fait un mal fou à l'image de l'Eglise, son humanisme et sa diversité. Refusant le dialogue, celle-ci,  doit aujourd'hui accepter la légitimité de la République, et écouter les voix  de sa famille, comme Monseigneur Dagens et  d'autres personnalités qui se réveillent enfin. 

1. Parce que certains d’entre nous ont participé à la manifestation du 31 janvier 1999 contre le PACS, et que contrairement à ce que nombre d’évêques et de personnes autorisées prévoyaient à l’époque, les fondements de la société n’ont pas été ébranlés, les droits des enfants n’ont pas été bafoués. Chaque année, il y a un divorce pour deux mariages, contre une rupture de PACS pour six PACS conclus. Et un tiers des PACS rompus le sont parce que les pacsés… se marient.
2. Parce que l’homosexualité telle que nous la voyons autour de nous n’a rien à voir avec celle qui est condamnée dans l’Ancien Testament, ni avec celle que réprouve saint Paul. Il ne s’agit pas de pédérastie ou d’exploitation sexuelle des esclaves comme c’était souvent le cas de l’Antiquité ; il ne s’agit pas de la pure et simple satisfaction de besoins sexuels ou affectifs. Nous voyons autour de nous des couples homosexuels stables, fidèles, aimants, et qui ont une très réelle fécondité au sein de notre société. Cela doit nous amener à changer le regard que nous portons encore trop souvent sur les personnes homosexuelles – beaucoup d’entre nous l’ont déjà fait, et que personne ne se sente ici accusé d’homophobie – mais aussi à revoir un cadre législatif qui ne permet pas de prendre en compte leur situation de façon appropriée.
3. Parce qu’en dépit de ces changements, l’Église n’a pas modifié sensiblement le discours qu’elle tient sur l’homosexualité, qu’elle tient, dans les documents publiés par le Saint-Siège comme dans les déclarations de beaucoup de ses pasteurs, un discours trop souvent blessant, et qui traduit, aux yeux de beaucoup d’entre nous, une grande méconnaissance de l’homosexualité, et l’insuffisance de sa réflexion sur ce sujet. Il aurait sans doute été préférable que notre Église ne s’implique pas à ce point dans ce débat avant d’avoir réfléchi en profondeur à la validité de son enseignement ; nous sommes tous responsables de cet état de fait. Il y a une distinction à faire entre la Vérité que nous avons pour vocation d’annoncer au monde, et ce qui n’est peut-être qu’une mauvaise habitude de pensée, une tradition obsolète. Il est décevant que les médias catholiques ne donnent la parole qu’à des « experts » dont la compétence est plus que discutable, comme Philippe Ariño (dont le parcours personnel est tout à fait respectable, mais qui explique l’homosexualité masculine par un fantasme de viol, ce qui est pour le moins  réducteur) ou Tony Anatrella (qui, pour résumer, réduit l’homosexualité à un narcissisme et à une immaturité affective, ce qui traduit une profonde méconnaissance du sujet), et qu’en parallèle on s’intéresse si peu aux études de genre, caricaturées en une « théorie du genre » qui n’existe que pour ceux qui en ont peur.
4. Parce que le caractère « intrinsèquement désordonné » (c’est l’expression du Catéchisme de l’Église catholique) d’un acte sexuel entre deux hommes ou deux femmes, à ce qu’il me semble, n’a précisément rien à voir avec la Vérité, et tout avec des habitudes de pensée, des traditions auxquelles nous pourrions renoncer sans dommage. Je ne répèterai jamais assez cette citation de François Mauriac : « Le Christ, dans son enseignement, paraît ne s’être jamais inquiété de nos goûts singuliers. Il ne lui importe aucunement de connaître les bizarreries de nos inclinations. Son exigence, sa terrible exigence, et qui est la même pour tous, c’est que nous soyons purs, c’est que nous renoncions à notre convoitise quel qu’en soit l’objet La réprobation du monde à l’égard de l’homosexualité, et qui est d’ordre social, n’offre aucun caractère commun avec la condamnation que le Christ porte contre toutes les souillures, ni avec la bénédiction dont il recouvre les cœurs qui se sont gardés purs : Beati mundo cordes quoniam ipsi Deum videbunt. »
5. Parce que la loi sur le mariage pour tous me semble contribuer au bien commun. Elle permettra à des couples qui souhaitent donner un cadre juridique à leur union de le faire dans les mêmes conditions que les autres. Nous n’avons aucune raison de juger a priori leur attachement superficiel ou insincère. Nous n’avons aucune raison de refuser à deux personnes de même sexe formant un couple de se transmettre leur patrimoine dans les mêmes conditions que les autres, de tisser entre elles la même solidarité que celle qui peut unir les autres. Quand la situation se présente, nous n’avons aucune raison de leur refuser d’élever ensemble des enfants dans les mêmes conditions que les autres. Le fait d’élever un enfant, d’être son père ou sa mère, n’a jamais été, dans aucune société humaine, consubstantiellement lié au fait d’avoir participé à sa conception. On ne saurait parler à ce sujet de mensonge (outre que ce terme est profondément blessant) – ou alors les parents célibataires sont des menteurs, les parents divorcés sont des menteurs, les parents qui adoptent sont des menteurs, ce qui fait beaucoup de menteurs.
6. Parce que les arguments présentés par ceux qui parlent de la famille nucléaire (ou « un papa, une maman, un ou plusieurs enfants ») comme d’un modèle unique, exclusif et indépassable me semblent faibles. L’histoire des sociétés humaines montre que ce modèle n’est ni plus « universel », ni plus « naturel » qu’un autre. L’Église elle-même a toujours reconnu la diversité des états de vie : mariage, célibat, vie consacrée, sacerdoce, vie religieuse communautaire. À cet égard, les couples homosexuels ne me semblent pas représenter un bouleversement majeur ; il suffit d’en connaître quelques-uns pour saisir à quel point ce qu’ils vivent ressemble profondément à ce que vivent les couples hétérosexuels. Quant à vouloir préserver l’institution du mariage de tout changement : on oublie un peu vite qu’il n’y a pas si longtemps, se marier, c’était débuter une vie commune avec quelqu’un qu’on avait rarement choisi – vie commune marquée par la domination de l’un des deux membres du couple sur l’autre. (Je ne crois pas qu’il y ait eu, en ce temps, de grandes manifestations contre le mariage tel qu’il était). Pour autant qu’il soit possible d’en juger au for externe, de ce mariage et de celui de deux personnes homosexuelles aujourd’hui, lequel vous paraît le plus éloigné d’un hypothétique modèle d’union chrétienne ? Il me semble que la question mérite d’être posée.
7. Parce que la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA) sont des problèmes bien distincts de celui du mariage pour tous. Si l’Église ne considère pas la plupart des formes de procréation médicalement assistée comme moralement acceptables, c’est pour des raisons qui s’appliquent tout autant à un couple hétérosexuel qu’à un couple homosexuel. Il aurait pu être pertinent de mettre un million de personnes dans la rue lorsque la fécondation in vitro (et la production d’embryons surnuméraires qui y est hélas associée) a été autorisée : il est étrange de ne s’en préoccuper à ce point – même si je n’ignore pas toutes les actions entreprises par des catholiques pour combattre cette pratique – qu’à l’heure où les couples homosexuels pourraient y avoir accès. Quant à la gestation pour autrui, elle n’est à l’heure actuelle pas légale en France, que le couple intéressé soit homosexuel ou hétérosexuel. La plupart des couples qui recourent à ce procédé dans les pays qui l’autorisent sont hétérosexuels. Bref, s’il y a un risque de reconnaissance d’un « droit à l’enfant », c’est un problème global, c’est le problème de tous les couples, qu’ils soient homosexuels ou hétérosexuels, et stigmatiser les couples homosexuels comme nécessairement « égoïstes » dans leur désir d’enfant est injuste et mensonger.
8. Parce que je crois que les personnes homosexuelles sont, comme chacun d’entre nous, appelées à la sainteté, et qu’avoir la possibilité de se marier les aidera à être toujours plus aimantes, heureuses et fidèles, ce dont un catholique, à ce qu’il me semble, ne peut que se réjouir. Leur permettre de faire ce choix, ce n’est pas manquer de reconnaissance à nos parents et éducateurs ; cela n’a rien de contradictoire avec les choix que nous avons faits, si différents qu’ils puissent nous paraître. Pour toutes ces raisons, en tant que catholique, il me semble impossible de manifester le 13 janvier, et je me permets de vous faire une proposition alternative : prier pour que, si la loi est votée, les couples homosexuels qui choisiront de se marier civilement en tirent tout le bien possible.
4 janvier 2013

vendredi 26 avril 2013

Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu!

« Le Christ, dans son enseignement, paraît ne s’être jamais inquiété de nos goûts singuliers. Il ne lui importe aucunement de connaître les bizarreries de nos inclinations. Son exigence, sa terrible exigence, et qui est la même pour tous, c’est que nous soyons purs, c’est que nous renoncions à notre convoitise quel qu’en soit l’objet La réprobation du monde à l’égard de l’homosexualité, et qui est d’ordre social, n’offre aucun caractère commun avec la condamnation que le Christ porte contre toutes les souillures, ni avec la bénédiction dont il recouvre les cœurs qui se sont gardés purs : Beati mundo cordes quoniam ipsi Deum videbunt. »
(Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu! )

François Mauriac, « Les catholiques autour d’André Gide », Hommage à André Gide, NRF, 1951, p. 103-107

mercredi 24 avril 2013

Des revendications religieuses en Démocratie. Suite et fin du débat,sur le mariage pour Tous!

(...)Le fait que des croyances religieuses soient brandies par des minorités pour engager des croisades, montre amplement que la religion et ses adeptes ne respectent en rien les principes démocratiques, c’est-à-dire un système de pondération des passions qui permet aux souverains de chercher les meilleures voies pour résoudre pacifiquement les conflits qui les opposent à d’autres (...)
Malek Chebel - publié le 01/09/2012, Le Monde des Religions.

« Lorsqu’on parvient à la limite du monologue, aux confins de la solitude, on invente, à défaut d’autre interlocuteur, Dieu, prétexte suprême de dialogue. Tant que vous Le nommez, votre démence est bien déguisée, et tout vous est permis. » 
Cioran

lundi 22 avril 2013

La manifestation, les catholiques et les bonnets phrygiens!


"On lache rien!" entonnent les manifestants! Le slogan venant d'un tube d'HK et Samples Saltinbanks alter-gauchos, diffusé en boucle dans les cortèges mélanchoniens et repris sans gène aujourd'hui, de Versailles à Neuilly sur Seine! La musique est chaleureuse, entrainante, et fait vite oublier les paroles et le contexte politique d'origine!
Barjot invite à manifester aux cotés de Melanchon, le populiste d'extrème gauche, après avoir embrassé Maitre Collard, le populiste d'extrème droite hier. 
Jusque là, on n'est pas étonné des affinités politiques et populistes de ce mouvement réactionnaire et conservateur. Je pose la question aux manifestants guillerts:  sentez-vous poindre une confusion? Celle de marcher dans la rue, à droite, avec des symboles très ancrés à gauche? Celle d'une France républiquaine et démocrate appaisée mains dans la main avec des partis extrémistes et populistes?

"Nous devenons des pros de la manifestations, alors que nous n'avions jamais manifesté", entend on sur les ondes. La rue exutoire des rancoeurs (élections perdues, non représentativité proportionnelle parlementaire) devient le modèle  d'expression et d'action pour ces gens, aux visages si dociles en apparence. Cette rue criarde que  les gens de Droite, pourtant haïssait...
L'anti-parlementarisme est une forme de populisme notoire. Rejeter la légitimité de ceux qui nous représentent, les députés de notre assemblée  est inquiétant. A ce jeu l'UMP, qui à fait de ces manif un cataliseur politique et un marqueur idéologique adressé à l'électorat extrèmiste, mène le cortège, au propre comme au figuré. Ce montre aussi comme ce sujet dont on me jurait qu'il n'était pas politique est en fait hyper politisé, les organisateurs eux mêmes créant leur parti et iront proposer des listes aux cantonales! L'UMP n'est pas uniquement porté par ceux qui crient le plus fort. Ceux là, tentent d'exiter pour exister. Comme le disait Marine Le Pen, c'est bien elle qui donne le ton idéologique et les Buissons qui courent après, sans idées, ni projet, la bosse du coup de massue d'une défaite politique et idéologique derrière la tête.

Mais il y a plus étonnant, et des voix s'élèvent enfin. Même au coeur des intellectuels de droite comme l'historien, Jean Sévillia:
"On y voit apparaitre des symboles révolutionnaires. ce qui représentent la Terreur qui a tué tant de gens du clergé et de l'aristocratie:"[...] Le bonnet phrygien, devenu l’emblème du mouvement révolutionnaire en 1790, s’impose fin 1792, son usage culminant jusqu’à la réaction thermidorienne de 1794. C’est-à-dire que ce couvre-chef incarne peu ou prou la Terreur et même la Grande Terreur, qui est sans doute un des moments les plus tragiques de notre histoire.(...)
Quand je vois un bonnet phrygien, je pense à ces prêtres et à ces religieuses que Carrier, à Nantes, déshabillait et liait nus, l’un à l’autre, l’un face contre l’autre pour être précis, sexe contre sexe, avant de les noyer dans la Loire. Ce charmant adepte de l’Égalité appelait cela un « mariage républicain ». Parenthèse : détourner la symbolique du mariage n’est donc pas nouveau… 
"coeur sacré de Jésus" , symbole vendéen contre-révolutionnaire
Quand je vois un bonnet phrygien, je pense à ce curé vendéen à qui des soldats, sans doute partisans de la Fraternité, avaient tranché les deux mains avant de répandre dans l’auge à cochons le contenu du tabernacle de son église. Ce martyr a été retrouvé accroupi devant l’auge, les deux avant-bras collés contre terre afin de tenter d’arrêter l’hémorragie, et lapant dans l’auge, s’efforçant de disputer aux cochons les hosties consacrées. [...]"

"Sans bonnet phrygien, la manif est plus belle..." titre même un site catholique intégriste  visé par une enquète judiciaire  pour connaissances et avoir diffusé  des informations trop précises sur les déplacements des ministres , dans le cadre des actions quotidiennes militantes (cf, le journal du Dimanche de ce week-end).

Le comble de l'ironie et la confusion des symboles poussée au paroxysme est le  bonnet phrygien rose. Rose "gay friendly" attitude. S'attirer la sympathie des téléspectateurs. Camoufler le rouge sang du bonnet par une couleur guimauve,  enfantine, naïve. C'est camoufler le réel d'une violence de l'inégalité en droite et devoir et c'est camoufler l'inversion des symbôles.
Aussi, Barjot invite l'UOIF à manifester. Là aussi, il y a pour l'opinion des manifestants, une confusion incroyable. Marcher à coté de femmes en Niqab? Les inviter dans la rue? (alors que la veille on les interdisait de prier dans la rue et exigeait d'enlever leurs voiles pour être conformes  aux traditions françaises et de  notre laïcité... Belle intégration! Conforme finalement avec les opinions qui se ressemblent...

Avec les appels au sang de la "Rigide Fardeau"(regrettés après, mais est-ce  responsable et suffisant?), on se demande si les cathos utiliseront la guillotine comme symbole de leur combat en Mai prochain!
Le mélange des symboles vendéens et révolutionnaires est inquiétant. Pauvreté des slogans, arguments, une confusion des symboles qui révèle une perte de sens et donc des valeurs.

C'est une régression civilisationnelles que de voir des gens de valeurs catholiques utiliser des arguments et des symbôles païens révolutionnaires. Inviter l'extrème droite c'est inviter des valeurs du néo-paganisme occidental, dans toutes ses composantes contradictoires (régionalistes, nationalistes (avec ou sans l'Europe) sociales nationalistes, royalistes avec Maurras).
Le rassemblement de la "Nouvelle Droite" et de "l'Ancienne Droite", sur les braises de la Révolution, catarsis de la perte de sens et des valeurs de cette partie des français.

Documents:

Perversion homophobe de la démocratieEric Fassin(Sociologue, université Paris-VIII) Paru dans LeMonde du 24 Avril 2013.


(...)On assiste donc à l'inversion rhétorique de la démocratie pour expliquer, voireexcuser l'homophobie, qui sort avec virulence du placard républicain.
(...)Une deuxième explication renvoie à la droite. Sous prétexte de contenir le Front national, elle en reprend les thématiques xénophobes et islamophobes. En réalité, au lieu de toucher à l'empire des marchés, c'est l'interprétation qu'elle offre au peuple de sa colère. La lutte contre l'immigration subie fut ainsi la réponse donnée par Nicolas Sarkozy au rejet par référendum du traité constitutionnel européen en 2005. L'identité nationale n'est donc que l'autre face de la politique néolibérale. C'est d'ailleurs faute d'avoir rompu avec les options économiques de la droite que la gauche reconduit sa politiqued'immigration.
Quel rapport avec le mariage pour tous ? La racialisation de la nation qu'entraîne la course vers l'extrême droite a pour corollaire la biologisation de lafamille. C'est une même bataille pour la naturalisation de l'ordre social qui se joue dans les deux registres. Selon le code civil, la filiation ne définit-elle pas à la fois la parenté et la nationalité ? Le langage des origines s'y déploie simultanément ; et comme pour compenser ce lexique de la "souche" ou du "sang" français, de la "vérité" biologique ou de la "vraisemblance", jamais la droite n'a tant parlé de démocratie.
La troisième raison tient à l'ordre sexuel. Pourquoi l'Eglise catholique s'est-elle engagée dans cette croisade, déjà amorcée en 2011 contre la "théorie dugender(sic) ? L'enjeu, c'est la "démocratie sexuelle" – soit l'extension du domaine démocratique, avec ses revendications de liberté et d'égalité, aux questions de genre et de sexualité. L'ordre social est-il tout entier sujet à la délibération démocratique, ou bien peut-on encore y préserver un fondement qui échappe à l'histoire et à la politique ? Pour les Eglises, la question est d'importance : si la société ne se définit plus par une autorité transcendante, mais s'institue elle-même en proclamant son immanence, quel contrôle leur concédera-t-elle ?
Aussi la nature biologique devient-elle le refuge de la transcendance : contre le mariage pour tous, l'ancien grand rabbin Gilles Bernheim avait emprunté (sans guillemets) l'expression "écologie humaine" à Benoît XVI ; en retour, celui-ci l'a cité au moment de défendre les "forêts tropicales" du mariage hétérosexuel. Sans doute cette contre-attaque, qui confond Dieu avec la nature, est-elle paradoxale : si on la croit naturelle, pourquoi redouter l'effondrement de l'hétérosexualité dès lors qu'elle ne serait plus instituée par l'Etat ? Et qu'est-ce qu'une institution naturelle ?
La hiérarchie catholique aurait pu s'engager dans des combats moins partisans. Ainsi, la persécution des Roms est indifféremment menée par la droite et la gauche ; pourtant, nonobstant la charité chrétienne, il n'en est pas question dans les manifestations et prières de rue. Privilégier la lutte contre la démocratie sexuelle, c'était choisir l'alliance avec l'opposition. Or, en l'absence de discours alternatif à gauche, c'est contribuer à saper la démocratie elle-même : la dérive de l'Eglise légitime celle de la droite qui la cautionne en retour. "Agonie de la démocratie" ? Espérons que la farce de l'inversion ne se répétera pas en tragédie.


La radicalisation s'enracine-t-elle à droite? (Dossier paru dans LeMonde.fr)


Le "printemps français", une voie entre FN et UMP
(...)C'est la démocratie représentative fondée sur le contrat social. Dans la critique ci-dessus énoncée, la gauche est attaquée la première mais la droite modérée ne l'est presque pas moins, tant la pensée contre-révolutionnaire et organiciste d'inspiration catholique voit les deux familles politiques comme résultant de la même erreur doctrinale : le libéralisme. C'est pourquoi les groupuscules d'extrême droite, loin d'être les initiateurs et les penseurs du mouvement en cours, ne font que profiter d'un effet d'aubaine pour gagner des militants et de l'exposition médiatique.(...)Nombre d'acteurs de la radicalisation en cours ne pensent pas autrement. Ils se croient en guerre contre la subversion qu'incarne, selon eux, la gauche. Ils répondent avec le langage et, chez les plus exaltés, les velléités d'action propres à la doctrine de contre-subversion que l'ex-Cité catholique a laissée en héritage. Leur fascination pour la déstabilisation du gouvernement, voire de l'Etat montre qu'une certaine droite n'accepte toujours pas que la gauche, même démocratiquement élue, gouverne. Comme si, malgré l'existence d'une alternance depuis 1981, une frange de notre pays continuait à se voir comme seule détentrice de la légitimité nationale, et rejouait sans cesse le combat des "deux France".

 Un climat politique qui rappelle la fin du XIXe siècle, non les années 1930

D'où viennent ces militants qui, à coups de tweets et de SMS, se réunissent et se dispersent comme des volées de moineaux, quand ils ne cherchent pas à dresser leurs tentes devant l'Assemblée nationale ? Parmi eux, quelques nervis de la mouvance identitaire, sans doute, mais beaucoup plus sûrement les lointains descendants d'un catholicisme de combat né à la fin du XIXesiècle en réaction à l'anticléricalisme d'Etat.
DEUX FAMILLES DE PENSÉE
Cette tendance a donné naissance à deux familles de pensée dont on retrouve les héritiers parmi les durs de l'opposition au mariage pour tous. D'une part, le rameau du catholicisme social, d'abord fortement identifié au royalisme et finalement rallié à la forme républicaine du régime – par fidélité au mot d'ordre de Léon XIII, le pape du ralliement en 1892 : " Accepter la Constitution pour changer la législation." Sensibilité dont Christine Boutin pourrait aujourd'hui se revendiquer.
L'autre obédience prend son essor dans les années 1900 avec les royalistes de l'Action française, chantres du nationalisme intégral théorisé par Charles Maurras. Aisément endossé par la mouvance intégriste, cet héritage est représenté au sein du Printemps français par sa figure de proue, Béatrice Bourges.
Cette dernière a subi la forte influence d'Ichtus, émanation de l'association maurrassienne la Cité catholique. Son appel à une " résistance à la Gandhi éventuellement illégale" peut se décoder comme une allusion au célèbre distinguo, cher à Maurras, entre pays légal et pays réel.
Un feu de paille, le Printemps français ? Possible. En jouant la carte de la radicalité, en instrumentalisant la diabolisation médiatique dont elle est l'objet, cette galaxie catholique espère bien électriser et libérer de ses inhibitions une partie de la droite parlementaire.
Les passerelles existent, comme en témoignent les quelques députés UMP venus apporter leur soutien aux "campeurs" appréhendés le 14 avril devant l'Assemblée nationale. Avant de crier au retour des années 1930, ne faut-il pas d'abord y voir le signe d'une radicalisation politique comparable à l'exaspération antilaïque de la fin du XIXe siècle, lorsque la "République des Jules" luttait contre l'emprise du religieux sur le politique ?

mercredi 17 avril 2013

La Filiation Idéale et les Vertueux

"Un enfant n'a jamais les parents dont il rêve. Seuls les enfant sans parents ont des parents de rêve", Boris Cyrunlik

Il y a-t-il une filiation idéale? Qui la détermine?

Le droit "à l'enfant", le droit "aux parents idéaux", le droits des parents...
Ma connaissance du monde catholique classique et traditionnel, mes entretiens et débats m'amènent à poser ces questions et proposer cette réflexion prospective.
Quels sont les couples légitimes au droit à avoir des enfants? Qui évalue et comment évaluer cette légitimité?
 
1-Du "désir égoïste"
On entend  avec violence l'illégitimité éthique (en fait, morale) du "désir égoïste" de parentalité et filiation  des couples et parents homosexuels.
Le problème est-il ce "désir égoïste"? N'y a t il aucun désir égoïste dans les couples hétérosexuels? N'existe-t-il vraiment que chez les homosexuels?
Ce désir égoïste serait le  "problème intrasèque"  officiel, concernant la relation homosexuelle (car il serait une négation de l'altérité, est biologiquement stérile et ne correspondrait pas à notre culture historique) selon les catholiques.
Mais n'y a-t-il pas d'autres formes d'égoïsmes bannis dans l'Eglise? Celle-ci par exemple, considère le divorce comme un péché très grave d'égoïsme qui  excommunie de fait le couple catholique. Faudrait-il alors aussi revenir à l'interdiction du divorce dans la Société, qui permettrait une stabilité du foyer et donner sa chance, en amont, à l'enfant de ne pas être victime des égoïsmes parentaux? et donc revenir aux enfants illégitimes, les "bâtards"?...

Sur ce désir des parents, je réécris cette fin de lettre édifiante d'un homosexuel catholique engagé, Jérôme Musseau (Le Nouvel Obs),  adressé à l'évêque de Paris et les manifestants en Janvier dernier:"(...)Dimanche, Monseigneur, je prierai aussi pour les quelques milliers d’enfants et d'adolescents qui sont homosexuels et qui ne le savent pas encore, qui défileront dans les rues, emmenés par leurs parents, sûrs de les garder avec eux dans une forme familiale traditionnelle qui doit faire leur bonheur, en les faisant pour une après-midi les objets des désirs des adultes. Je prierai pour eux, en souhaitant qu’ils trouvent un chemin de libération et de bonheur, quelle que soit l’issue des débats en cours, quelle que soit leur famille."

Si l'on écoute bien, au fond des discours, les principes moraux sous-entendus des manifestants, il y aurait en fait  tant d'égoïsmes et de situations sentimentales, pathologiques, sociales, culturelles qui devraient  interdire une parentalité!
Finalement, le seul vrai couple tenable, l'idéal se vivrait dans un mariage catholique qui banni le divorce. Et si on laisser cette Eglise gouverner le pays, nous reviendrions à cette époque. Puisque le seul fait d'hétérosexualité ne suffira pas à ces manifestants catholiques comme gageure morale dans la filiation/famille idéale, comment prévenir et anticiper les dérives dans les couples?
 
2- Une solution, le permis de parentalité?
Quelle est donc la solution des manifestants? Une chasse aux sorcières morale?
Il n'est pas tout d'appeler au sang( Barjot, vendredi dernier) et d'imposer une théorie du couple idéal à la Société!

Demanderaient-ils de restreindre au seuls couples de bonnes moralités, moeurs, conditions sociales ou matérielles, le droit aux enfants?(en aparté, exit les célibataire pourtant qui ont déjà ce droit, sans que  F.Barjot, Boutin, Mrg23 n'aient manifesté).

On peut se rendre compte tout un chacun comme l'on est choqué parfois par l'irresponsabilité de parents, ou les doutes que l'on peut avoir sur de futurs parents...
Ce sont des questions sur les carences éducatives, affectives (handicapés, détenus, drogués, pauvreté). La DASS retire des enfants aux parents. Il y a des gles, des lois. La Chine dans sa politique de contrôle des naissances  accorde des droits et donne des pénalités (citadins/provinciaux) sur le nombre d'enfant par foyer. Sans compter les stérilisations chirurgicales subventionnées voir forcées ( sous couvert d'autres interventions,  comme en Afrique). 

Faudrait-il alors un permis de moralité pour accéder à la parentalité, justifiant des bonnes moeurs ou vertus afin de protéger, par avance l'enfant, risquant de vivre un calvaire , conséquences du désir égoïste des parents? Pour caricaturer volontairement, faudrait il castrer chimiquement  les gens "impurs"ou "indignes" si l'on ne peut les convertir ou contraindre (ou comme le dit Boutin, demander aux homosexuels de se marier dans une relation hétérosexuelle de façade, ce qui est abjecte de mensonge et de trahison, mais est-on étonné de ses propos...)?
Glissement vers une Société du "pré-crime" moral! Ira-t-on prévenir et déceler les perversions sexuelles, les incapacités matérielles, psycho, physico et culturelles avant un projet parental? Irons nous faire des analyses génétiques, tests psycho, enquètes de voisinage, verifier les diplômes,  fiches salariales et d'imposition comme pour l'éligibilité d'un locataire ou d'un emprunteur? 
On y arrivera un jour, et le pire est déjà là: certains "scientifiques" américains disent avoir découvert le gêne de l'homosexualité...Et comme pour ces mêmes, il s'agit d'une maladie dont la foi et la volonté peuvent guérir...

Peut-on interdire à l'Amour le désir d'enfant?
Quelles seraient les conséquences juridiques en cas d'infraction à leur loi?Une amende ou de la prison? La justice retirerait les enfants à leurs parents illégitimes?  
La loi est amorale, areligieuse, et protège le faible, sans distinction, par principe, en théorie (rien n'est parfait). Le discours du maire rappelle les responsabilités morales et juridiques  du couple quand il se marie. Cela suffit globalement. Et c'est la demande des couples homosexuels!

3-Police de la Vertu
Malheureusement ni la loi ni la religion n'arrêteront les perversions, d'où les limites de la peine de mort. Par contre, la chasse aux bonnes moeurs, elle, n'a jamais de limites. Demandez  à la police des "moeurs et de la vertu",  aux femmes saoudiennes...! Avec ironie, je dirai: Barjot à l'UOIF, c 'est "l'internationale obscurantiste"! Un jihad commun...?
"L'homme n'est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête" nous explique Blaise Pascal dans ses Pensées. A force de déchirer  ou noircir les pages des revues de modes importées, aux douanes, , on se demande qui est le plus obsédé? Le peuple ou les censeurs? 
"Redoutable est la tentation d'être bon"(Bertolt Brecht)!
Ou sont passés la charité, la Miséricorde et la Paix chez ces manifestants catholiques? la confiance en l'Homme, malgré ses défauts? Le monde est il si manichéen pour eux? Condamné d'avance, figé? Les leaders des manifs enseignent aux jeunes le "bisounours  gender", monde binaire du Bien et du Mal. Ils en font des moutons immatures à ne plus penser (récurrents dans les manifestations). Sans leur donner des outils pour comprendre, affronter les subtilités et complexités des vies intérieures, de la psyché humaine , des relations humaines. Et ils en font surtout des bêtes à bien  voter!

Qui est égoïste, qui est violent dans cette dramaturgie de Société à occuper ou détourner les esprits? Un idéal moral de Société ne s'impose pas. Au mieux, il se propose et surtout commence, comme la charité, par soi-même. Sinon il finit dans un bain de sang comme toutes les Révolutions.
Ce sang appelé par un certain leader.

lundi 25 mars 2013

Manifestation contre le "mariage pour tous" ou l'indignation sélective!

            Le 12 janvier 2013, jour de la grande manifestation qui rassembla entre 340 000 et plus  de 1 million de participants (plus on est à droite plus le chiffre gonfle), était aussi la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié. Mis aux oubliettes par l'urgence de certains catholiques français (du moins, ceux qui ont manifesté). Je trouve cela regrétable puisque cette journée symbolique pouvait montrer un signe d'ouverture et de solidarité envers les sans-droits, les minorités les exclus du monde. une des missions essentielles de l'Eglise dans le Monde,  dans laquelle elle ne manque pas par ailleurs au quotidien d'y oeuvrer avec une énergie et générosité admirable. Mais dans un monde où le symbole et surtout l'image priment, aspect où l'Eglise n'excelle pas et où, les fidèles  déplorent le déficit de notoriété positive, il y a eu encore une fois, une erreur de communication.  Les slogans et postures priment sur la complexité des sujets et la qualité des approches médiatiques. Tout est mélangé, brouillé. Nous voyons bien s'entre-meler des convictions religieuses profondes  et des intérêts très politiques. Ce qui est rarement compatible.

Ces centaines de milliers de gens, donc, ont usé, de leurs semelles et de leur temps  pour ce combat précisément qui est de s'opposer à la responsabilisation des parents et contre le droit à avoir les mêmes droits des enfants de couples homosexuels que de tous les autres enfants.
"Exit" la journée du Migrant!


Un autre oubli, ces manifestants ont jugé plus urgent leur combat  que de se soucier des souffrances  des homosexuels. Pas de charité ici.
Ils auraient pu y faire référence, s'y associer en marge ou conjointement de leur combat "civilisationnel". Histoire d'équilibrer les propos ou au moins de faire moins mauvaise figure médiatiquement (même si de façon anonyme, il y avaient des homosexuels dans la manifestation)Il y avait là un formidable champ de communication positive, une affirmation de la mission première de l'Eglise, une façon de prouver qu'il n y a aucune homophobie dans leur combat!
Ces manifestants  oublient que de petites associations catholiques de terrains, ont ce souci de l'autre, du fragile, du blessé, tel David & Jonathan qui souhaite aider les homosexuels dans un monde où le suicide fait des ravages notamment chez les jeunes. Brimades et discriminations engendrent un taux de suicide 4 à 13 fois plus élevé que la moyenne. C’est ce que démontrent plusieurs études épidémiologiques menées tant en France qu’en Amérique du Nord. Jusqu'à un homme sur 3 se suicide  pour cette raison
Mais de cela, Les manifestants ne s'en soucient guère...
Indignation sélective vous dis-je!

Allons plus loin.
Combien de chrétiens ont, sinon le sentiment de révolte, au moins le souci manifesté en groupe sur un sujet qui  est quasi tabou dans l'Eglise (de ses bergers à ses brebis), celui des abus sexuels sur mineurs et la pédophilie?
 Il est affligeant de se voir être soupçonné d'anticléricalisme quand on aborde le sujet chez certains catholiques pratiquants qui considèrent le sujet sur-médiatisé, sa gravité surestimée et instrumentalisée. Posons la questions aux victimes pour savoir ce qu'ils en pensent!
 Qui s'en soucient?
 Là, encore, il y a une erreur terrible de communication et d'action dans cette indignation sélective d'une partie l'Eglise de France. Les paroisses ayant massivement communiqué pour la manifestation contre le mariage "ouvert", n'ont jamais exprimé collectivement un sentiment de révolte, de débats, de remise en cause envers les abus sexuels commis en son sein. Aucune manifestation, rassemblement  de rue ou de prière.
Négligeant les victimes, c'est un fait, en protégeant les criminels (non dénonciation durant des années), elle porte atteinte de façon suicidaire à son image.
Rappelons, que dans leur sagesse, les papes ont tous bien précisés que l'Eglise était la première pécheresse. Rappelons qu'il y a eu des "coming out" des mises à l'écart  et des consignes strictes dans la hrarchie depuis Benoit 16 et des milliers de victimes qui ont gagné des procès ruineux pour l'Eglise américaine. 
 Remarque: Le croyant qui est dans position victimaire d'une Eglise "agressée par un monde anticlérical, sans valeurs, athée",  n'observe pas que c'est ce même monde qui reste d'une certaine manière, vigilant et attentif à l'autorité morale de l'Eglise, et des autres responsables religieux.  Respectueux en tant qu'autorité et de cette autorité.
Le jour où le monde n'y portera plus guère d'attention, ou tout au plus que comme un fait divers, c'est que cette symbolique aura disparu.Et là nous aurons changé d'ère!

N'oublions pas que l'Eglise  est bien plus riche et diverse que l'image qu'en donne ceux qui ont manifesté!
45% des catholiques pratiquants  sont favorables au mariage homosexuel selon une étude IFOP en 2012.!
 Le débat n'a presque pas eu lieu dans les paroisses à part des exceptions comme  à St Merri 75001, Paris ou avec  les pères Daniel Diguou ou Guy Gilbert, figure très populaire et depuis incendié dans les sites des blocs identitaires catholiques.

Le débat ne s'est pas ouvert en invitant  les gens concernés.
 La position des chrétiens homosexuels ou des sympathisants voir l'article dans LA CROIX ou le dossier ici , dans LA VIE la cause est peu écoutée, respectée, voir violemment rejetée (je me rappelle cet discussion familiale où l'on m'a demandé d'affirmer mon orientation sexuelle, en fonction de mes opinions). Ces gens sont si convaincus d'être le dernier rempart de la civilisation, de la vérité, et des valeurs éthiques ou morales que le dialogue est très difficile.
Erwann Binet, catholique, rapporteur du projet de la loi, répond dans La VIE:« Le mariage est une belle institution qui assume la sécurité du couple et de la famille. Je souhaite que les familles homosexuelles soient protégées au même titre que les autres. La société ne peut plus faire comme si elles n’existaient pas. »


 Ici, une vibrante lettre d'un homosexuel catholique engagé, Jérôme Musseau (Le Nouvel Obs),  adressé à l'évêque de Paris et les manifestants en Janvier dernier:

"(...)Dimanche, Monseigneur, je prierai aussi pour les quelques milliers d’enfants et d'adolescents qui sont homosexuels et qui ne le savent pas encore, qui défileront dans les rues, emmenés par leurs parents, sûrs de les garder avec eux dans une forme familiale traditionnelle qui doit faire leur bonheur, en les faisant pour une après-midi les objets des désirs des adultes. Je prierai pour eux, en souhaitant qu’ils trouvent un chemin de libération et de bonheur, quelle que soit l’issue des débats en cours, quelle que soit leur famille."

    Je rapelle que les sympathisants ou mariage ouvert aux couples homosexuels, n'imposent pas cette ouverture dans les lieux de culte  

           Cette indignation sélective coûtera cher à l'image de l'Eglise, et ce qu'elle est  dans ce que  certains considèrent comme baroud d'honneur moral et un défi au Pouvoir, où chaque camp compte ses divisions  en vue de prochaines élections.

Toute cette énergie et cette agressivité dépensée, comme pour le Pacs,  qui concerne quelques milliers de foyersLes 2-3 premiers mariages gay feront un buzz pas possible dans les médias et paroisses, et après les politiques trouveront un autre cheval de bataille d'actualité. Dans 10 ans on en parlera comme on parle du Pacs aujourd'hui. C'est un immense gachis. Nous, croyants, avons tellement mieux à montrer et à offrir au monde!

Sophia Aram - ou comment dialoguer avec les opposants au "mariage pour tous".


Sophia Aram par franceinter le 21 11 2012

"Ya pas d'ovaire dans le frigidaire!"
Un peu d'humour  avec les opinions  et slogans  réels des manifestants!

Quand on entend ce mardi 26 mars sur RMC  les propos menaçants de Christine Boutin, dans ce "Printemps francais"ou l'on preparait  un sit-in(voir l'article sur LeMonde.fr) :"« S'il y a une prochaine manifestation, j’y serai, et il y aura du monde, la mobilisation sera là, prévient la présidente du PCD. Et cette fois-ci, il n'y aura pas de poussettes, il n’y aura pas d’enfants. Ceux qui viendront seront peut-être moins nombreux, mais ce seront des gens beaucoup plus déterminés »....." Avant de conclure par un "ca va péter!" 

Il y a là une vraie question sur la pertinence, la tournure que prend ce combat et ses représentants. 
Exciter des foules aux convictions religieuses très ancrées, n'est pas très responsable.