Le 12 janvier 2013, jour de la grande manifestation qui rassembla entre 340 000 et plus de 1 million de participants (plus on est à droite plus le chiffre gonfle), était aussi la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié. Mis aux oubliettes par l'urgence de certains catholiques français (du moins, ceux qui ont manifesté). Je trouve cela regrétable puisque cette journée symbolique pouvait montrer un signe d'ouverture et de solidarité envers les sans-droits, les minorités les exclus du monde. une des missions essentielles de l'Eglise dans le Monde, dans laquelle elle ne manque pas par ailleurs au quotidien d'y oeuvrer avec une énergie et générosité admirable. Mais dans un monde où le symbole et surtout l'image priment, aspect où l'Eglise n'excelle pas et où, les fidèles déplorent le déficit de notoriété positive, il y a eu encore une fois, une erreur de communication. Les slogans et postures priment sur la complexité des sujets et la qualité des approches médiatiques. Tout est mélangé, brouillé. Nous voyons bien s'entre-meler des convictions religieuses profondes et des intérêts très politiques. Ce qui est rarement compatible.
Ces centaines de milliers de gens, donc, ont usé, de leurs semelles et de leur temps pour ce combat précisément qui est de s'opposer à la responsabilisation des parents et contre le droit à avoir les mêmes droits des enfants de couples homosexuels que de tous les autres enfants.
"Exit" la journée du Migrant!
"Exit" la journée du Migrant!
Un autre oubli, ces manifestants ont jugé plus urgent leur combat que de se soucier des souffrances des homosexuels. Pas de charité ici.
Ils auraient pu y faire référence, s'y associer en marge ou conjointement de leur combat "civilisationnel". Histoire d'équilibrer les propos ou au moins de faire moins mauvaise figure médiatiquement (même si de façon anonyme, il y avaient des homosexuels dans la manifestation). Il y avait là un formidable champ de communication
positive, une affirmation de la mission première de l'Eglise, une façon
de prouver qu'il n y a aucune homophobie dans leur combat!
Ces manifestants oublient que de petites associations catholiques de terrains, ont ce souci de l'autre, du fragile, du blessé, tel David & Jonathan qui souhaite aider les homosexuels dans un monde où le suicide fait des ravages notamment chez les jeunes. Brimades et discriminations engendrent un taux de suicide 4 à 13 fois plus élevé que la moyenne. C’est ce que démontrent plusieurs études épidémiologiques menées tant en France qu’en Amérique du Nord. Jusqu'à un homme sur 3 se suicide pour cette raison.
Mais de cela, Les manifestants ne s'en soucient guère...
Indignation sélective vous dis-je!
Allons plus loin.
Combien de chrétiens ont, sinon le sentiment de révolte, au moins le souci manifesté en groupe sur un sujet qui est quasi tabou dans l'Eglise (de ses bergers à ses brebis), celui des abus sexuels sur mineurs et la pédophilie?
Il est affligeant de se voir être soupçonné d'anticléricalisme quand on aborde le sujet chez certains catholiques pratiquants qui considèrent le sujet sur-médiatisé, sa gravité surestimée et instrumentalisée. Posons la questions aux victimes pour savoir ce qu'ils en pensent!
Qui s'en soucient?
Là, encore, il y a une erreur terrible de communication et d'action dans cette indignation sélective d'une partie l'Eglise de France. Les paroisses ayant massivement communiqué pour la manifestation contre le mariage "ouvert", n'ont jamais exprimé collectivement un sentiment de révolte, de débats, de remise en cause envers les abus sexuels commis en son sein. Aucune manifestation, rassemblement de rue ou de prière.
Négligeant les victimes, c'est un fait, en protégeant les criminels (non dénonciation durant des années), elle porte atteinte de façon suicidaire à son image.
Rappelons, que dans leur sagesse, les papes ont tous bien précisés que l'Eglise était la première pécheresse. Rappelons qu'il y a eu des "coming out" des mises à l'écart et des consignes strictes dans la hiérarchie depuis Benoit 16 et des milliers de victimes qui ont gagné des procès ruineux pour l'Eglise américaine.
Remarque: Le croyant qui est dans position victimaire d'une Eglise "agressée par un monde anticlérical, sans valeurs, athée", n'observe pas que c'est ce même monde qui reste d'une certaine manière, vigilant et attentif à l'autorité morale de l'Eglise, et des autres responsables religieux. Respectueux en tant qu'autorité et de cette autorité.
Le jour où le monde n'y portera plus guère d'attention, ou tout au plus que comme un fait divers, c'est que cette symbolique aura disparu.Et là nous aurons changé d'ère!
Rappelons, que dans leur sagesse, les papes ont tous bien précisés que l'Eglise était la première pécheresse. Rappelons qu'il y a eu des "coming out" des mises à l'écart et des consignes strictes dans la hiérarchie depuis Benoit 16 et des milliers de victimes qui ont gagné des procès ruineux pour l'Eglise américaine.
Remarque: Le croyant qui est dans position victimaire d'une Eglise "agressée par un monde anticlérical, sans valeurs, athée", n'observe pas que c'est ce même monde qui reste d'une certaine manière, vigilant et attentif à l'autorité morale de l'Eglise, et des autres responsables religieux. Respectueux en tant qu'autorité et de cette autorité.
Le jour où le monde n'y portera plus guère d'attention, ou tout au plus que comme un fait divers, c'est que cette symbolique aura disparu.Et là nous aurons changé d'ère!
N'oublions pas que l'Eglise est bien plus riche et diverse que l'image qu'en donne ceux qui ont manifesté!
45% des catholiques pratiquants sont favorables au mariage homosexuel selon une étude IFOP en 2012.!
Le débat n'a presque pas eu lieu dans les paroisses à part des exceptions comme à St Merri 75001, Paris ou avec les pères Daniel Diguou ou Guy Gilbert, figure très populaire et depuis incendié dans les sites des blocs identitaires catholiques.
Le débat ne s'est pas ouvert en invitant les gens concernés.
La position des chrétiens homosexuels ou des sympathisants voir l'article dans LA CROIX ou le dossier ici , dans LA VIE la cause est peu écoutée, respectée, voir violemment rejetée (je me rappelle cet discussion familiale où l'on m'a demandé d'affirmer mon orientation sexuelle, en fonction de mes opinions). Ces gens sont si convaincus d'être le dernier rempart de la civilisation, de la vérité, et des valeurs éthiques ou morales que le dialogue est très difficile.
Erwann Binet, catholique, rapporteur du projet de la loi, répond dans La VIE:« Le mariage est une belle institution qui assume la sécurité du couple et de la famille. Je souhaite que les familles homosexuelles soient protégées au même titre que les autres. La société ne peut plus faire comme si elles n’existaient pas. »
"(...)Dimanche, Monseigneur, je prierai aussi pour les quelques milliers
d’enfants et d'adolescents qui sont homosexuels et qui ne le savent pas
encore, qui défileront dans les rues, emmenés par leurs parents, sûrs de
les garder avec eux dans une forme familiale traditionnelle qui doit
faire leur bonheur, en les faisant pour une après-midi les objets des
désirs des adultes. Je prierai pour eux, en souhaitant qu’ils trouvent
un chemin de libération et de bonheur, quelle que soit l’issue des
débats en cours, quelle que soit leur famille."
Je rapelle que les sympathisants ou mariage ouvert aux couples homosexuels, n'imposent pas cette ouverture dans les lieux de culte!
Le débat n'a presque pas eu lieu dans les paroisses à part des exceptions comme à St Merri 75001, Paris ou avec les pères Daniel Diguou ou Guy Gilbert, figure très populaire et depuis incendié dans les sites des blocs identitaires catholiques.
Le débat ne s'est pas ouvert en invitant les gens concernés.
La position des chrétiens homosexuels ou des sympathisants voir l'article dans LA CROIX ou le dossier ici , dans LA VIE la cause est peu écoutée, respectée, voir violemment rejetée (je me rappelle cet discussion familiale où l'on m'a demandé d'affirmer mon orientation sexuelle, en fonction de mes opinions). Ces gens sont si convaincus d'être le dernier rempart de la civilisation, de la vérité, et des valeurs éthiques ou morales que le dialogue est très difficile.
Erwann Binet, catholique, rapporteur du projet de la loi, répond dans La VIE:« Le mariage est une belle institution qui assume la sécurité du couple et de la famille. Je souhaite que les familles homosexuelles soient protégées au même titre que les autres. La société ne peut plus faire comme si elles n’existaient pas. »
Ici, une vibrante lettre d'un homosexuel catholique engagé, Jérôme Musseau (Le Nouvel Obs), adressé à l'évêque de Paris et les manifestants en Janvier dernier:
Je rapelle que les sympathisants ou mariage ouvert aux couples homosexuels, n'imposent pas cette ouverture dans les lieux de culte!
Cette indignation sélective coûtera cher à l'image de l'Eglise, et ce qu'elle est dans ce que certains considèrent comme baroud d'honneur moral et un défi au Pouvoir, où chaque camp compte ses divisions en vue de prochaines élections.
Toute cette énergie et cette agressivité dépensée, comme pour le Pacs, qui concerne quelques milliers de foyers. Les 2-3 premiers mariages gay feront un buzz pas possible dans les médias et paroisses, et après les politiques trouveront un autre cheval de bataille d'actualité. Dans 10 ans on en parlera comme on parle du Pacs aujourd'hui. C'est un immense gachis. Nous, croyants, avons tellement mieux à montrer et à offrir au monde!